Economie

Emploi et retraites au menu de la conférence sociale

Cécile Maillard , , , ,

Publié le , mis à jour le 20/06/2013 À 12H02

Vidéo La conférence sociale qui s’ouvre ce jeudi 20 juin met l’emploi au centre de ses tables rondes thématiques et donne le coup d’envoi de la concertation sur la réforme des retraites. Le discous d'ouverture du président de la République est à suivre en direct vidéo en bas de cet article.

Emploi et retraites au menu de la conférence sociale © D.R. - Présidence de la République

Bis repetita… Le grand raout social de l’an dernier au Conseil économique, social et environnemental avait beaucoup plu aux partenaires sociaux et au gouvernement, alors ils remettent ça. Jeudi 20 juin et vendredi 21 juin, ministres et représentants des syndicats et organisations patronales représentatifs se retrouveront au palais d’Iéna dans une "grande conférence sociale pour l’emploi" appelée à se répéter chaque année.

Comme l’an dernier, le président de la République ouvrira l’événement le matin du premier jour, en rencontrant l’ensemble des représentants patronaux et syndicaux, et le premier ministre la clôturera l’après-midi du deuxième. Objectif : écrire la feuille de route des sujets sociaux de l’année, fixer des calendriers, des méthodes, des thèmes prioritaires. Et surtout : tester les attentes et points non négociables de chaque organisation, sur six thèmes abordés dans autant de tables rondes. Tous s’attendent à des discussions plus tendues que l’an dernier, envolée du chômage oblige.

Le patronat mobilisé sur la baisse des charges

Le gouvernement dit avoir mis la question de l’emploi au cœur de toutes les discussions. Il pourrait annoncer un dispositif destiné à diminuer le nombre d’emplois non pourvus. Sans doute en agissant sur la formation des chômeurs, avec une approche au plus près des territoires. Côté emploi, le patronat attend surtout des gestes forts sur le coût du travail et la compétitivité des entreprises. "Impossible de parler d’une mobilisation pour l’emploi si on ne permet pas aux entreprises de rétablir leurs marges, en transférant rapidement certaines cotisations assises sur les salaires vers d’autres sources de financement", prévient l’un des représentants. Dans la ligne de mire du Medef, qui s’est battu pour que le financement de la protection sociale soit abordé lors de cette conférence : les 5,4 points de cotisations patronales pour la politique familiale, qu’il aimerait voir supprimés.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, souhaite que la conférence "sonne la mobilisation générale contre le chômage", qui tarde à venir selon lui. Il en appelle à la responsabilité patronale pour développer les contrats de génération, et au gouvernement pour, en plus des réformes structurelles, "faire face à l’urgence sociale" en élargissant les emplois aidés, en formant les chômeurs et salariés les moins qualifiés, et en donnant un cap clair vers les emplois de demain, verts notamment. Une table ronde consacrée aux métiers de demain, basée sur un récent travail de réflexion mené par les organisations patronales et les syndicats réformistes, doit identifier les filières appelées à se développer. Celle sur la formation lancera le programme d’une négociation sur le modèle de l’accord national de janvier sur la sécurisation de l’emploi : round de négociations devant aboutir avant la fin de l’année, puis loi traduisant le consensus trouvé par les partenaires sociaux.

La CGT remontée contre la réforme des retraites

Le deuxième grand thème de la conférence sociale est évidemment celui des retraites, auxquelles une table ronde est consacrée. Gouvernement, patronat et syndicats réformistes craignent que cette question occulte toutes les autres, et il y a effectivement de bonnes chances que cela arrive ! Elle sera abordée vendredi matin, par un exposé de Yannick Moreau sur son récent rapport sur la réforme des retraites. Ce rapport fait suite à celui du Conseil d’orientation des retraites, sorti en janvier. "C’est un lancement de la concertation", estime un responsable patronal. Il devrait ressortir de cette table ronde un calendrier de rendez-vous bilatéraux avec le premier ministre et les ministres concernés, pour un projet de loi en septembre. La CGT a déjà prévenu qu’elle allait mobiliser à la rentrée contre la réforme qui se prépare. Aucun doute qu’elle fera entendre fortement sa voix sur ce sujet au palais d’Iéna.

Dans le patchwork des autres sujets abordés : la santé et la pénibilité au travail, le dialogue social et les représentativités syndicale et patronale, l’action publique et l’Europe sociale (une nouveauté par rapport à l’année dernière).

Le changement de tête à la direction de trois organisations syndicales sur cinq (CGT, CFE-CGC et CFDT) et la fin de règne de Laurence Parisot, qui participe à la table ronde sur les retraites à deux semaines de son départ, viendront sans doute interférer dans le jeu des acteurs. Tous voudront laisser leur marque.

Cécile Maillard

Six tables rondes thématiques

  • Mobiliser pour l’emploi et la formation professionnelle
  • Améliorer les conditions de travail, prévenir les risques et protéger la santé des salariés
  • Développer les filières et anticiper les emplois de demain
  • Assurer l’avenir des retraites et de notre protection sociale
  • Moderniser l’action publique pour conforter notre modèle de service public
  • Relancer l’Europe sociale

 

Retrouvez ci-dessous l'intégralité du discours du président de la République en ouverture de la Grande Conférence sociale pour l’emploi, au Conseil économique social et environnemental

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte