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L'Usine Aéro

Emploi : ces secteurs qui renouvellent leurs troupes

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Nouvelle génération de métiers, de salariés, de marchés… Les métamorphoses de l’industrie l’obligent à renouveler ses compétences. Le point sur les secteurs qui embauchent.

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Safran annonce 1800 embauches en 2016, en majorité dans l'ingénierie - DR

"Les besoins en compétences numériques boostent les recrutements dans tous les secteurs. La concurrence entre grands groupes et entreprises du numérique est plus féroce que jamais."

Le ton est donné par Romain Doutre, un spécialiste du recrutement chargé de la division ingénieurs et supply chain au cabinet Robert Walters. Sous l’effet de la numérisation, des secteurs qui ne recrutaient presque plus depuis plusieurs années se réveillent et affichent soudainement un appétit pour du sang neuf.

C’est le cas de l’automobile. Pas celui des deux grands constructeurs français qui, après avoir beaucoup restructuré, embauchent peu – sinon des intérimaires. En revanche, "chez les équipementiers, beaucoup de métiers sont portés par l’innovation, poursuit Romain Doutre. Des recrutements sont nécessaires dans le domaine des objets connectés, de l’informatique embarquée, de l’amélioration du confort. Faire entrer l’électronique dans les voitures est ultra-tendance et cela va continuer".

Bern Terrel, du cabinet Arthur Hunt, relève la même tendance. "Chez les équipementiers, les recrutements d’ingénieurs en R & D sont portés par les technologies hybrides et les normes environnementales. Les entreprises travaillent pour les dix ans à venir", souligne-t-il.

En termes de volume, les équipementiers français bénéficient de leurs échanges croissants avec les constructeurs étrangers, les allemands en tête. C’est le cas de Valeo, par exemple, qui embauchera 400 personnes dont 300 cadres cette année ou de Michelin qui prévoit le recrutement de 500 CDI. Le tout en France.

Des métiers bousculés par la transformation digitale

Moins attendue, la cosmétique recrute aussi des profils numériques. L’Oréal recherche des développeurs pour de petits outils qui permettent de flasher la peau d’une cliente afin de l’analyser ou de visionner son visage maquillé. Le groupe recrute des électroniciens et des informaticiens. Le secteur médical est quant à lui porté par le développement des biotechs, qui recherchent des profils très techniques.

"Certaines entreprises ne font que de l’innovation, puis se font racheter leurs brevets", note Bern Terrel.

Même dynamisme pour les start-up proposant des "medical devices" (dispositifs médicaux). Le cabinet de recrutement Robert Walters a d’ailleurs créé une division santé, "qui n’a jamais aussi bien marché", signale Romain Doutre.

Même la SNCF, qui annonce 5 400 recrutements pour 2016, voit ses métiers bousculés par la transformation digitale. "Nous avons par exemple besoin de compétences numériques pour la maintenance des capteurs que nous allons installer sur le matériel roulant ", explique Françoise Tragin, la directrice du recrutement.

Face aux opérations de séduction des grands groupes de l’industrie en direction des développeurs et data scientists, le secteur du numérique doit se battre. "Nous observons une tension plus forte qu’avant autour de ces compétences, analyse Laurent Baudart, le délégué général du Syntec numérique. Nos adhérents et leurs clients se disputent les profils rares liés à la cybersécurité, aux big data, au cloud."

En 2014, les entreprises du logiciel et de l’informatique ont créé 12 000 emplois nets et la croissance devrait être encore plus forte en 2015. "Le cloud a pris du plomb dans l’aile, mais les objets connectés boostent les recrutements", précise Julien Weyrich, le directeur ingénieurs et techniciens de Page Personnel. Les data scientists sont encore trop peu nombreux pour produire un effet "volume", mais toujours aussi recherchés.

Quinten, une start-up de 32 salariés, en recrutera 16 début 2016. "Pour les attirer, nous leur rappelons que, chez nous, ils recevront une formation à tous les usages de la data science, travailleront sur des projets très variés et avec les décisionnaires des grands groupes", argumente Guillaume Bourdon, le directeur général.

La production n’a pas dit son dernier mot

SQLI, une entreprise du numérique de 1 500 salariés en France, dont la croissance 2015 sera à deux chiffres selon son directeur général, Didier Fauque, recrutera 600 personnes en 2016, dans un secteur au turn-over élevé. Entre 200 et 300 postes seront créés dans la mobilité, le commerce connecté, le marketing digital et les réseaux sociaux.

"Nous recrutons des jeunes diplômés, mais avons aussi besoin de cadres expérimentés et, fait nouveau, de spécialistes du marketing", explique Didier Fauque.

Face à ce raz-de-marée digital, la production n’a pas dit son dernier mot. D’une part, elle est secouée par le vent des mutations industrielles. Dans l’industrie pharmaceutique, sur les lignes de fabrication notamment, les habituels pharmaciens sont remplacés par des ingénieurs de production. "Face à la concurrence internationale, l’industrie pharmaceutique a besoin d’être beaucoup plus efficace en production, souligne Romain Doutre. Elle va chercher des responsables dans d’autres secteurs, habitués aux objectifs de rentabilité".

D’autre part, la production occupe beaucoup les entreprises aéronautiques, qui n’ont pas du tout délocalisé la fabrication des pièces à forte valeur ajoutée et peu l’assemblage final. Or les commandes n’ont jamais été aussi élevées. Le secteur recrute donc pour ses métiers de production, ce qui n’est pas toujours facile tant les ingénieurs le boudent. D’autant que certaines greffes ne prennent pas. "Les meilleurs ingénieurs de production viennent de l’automobile, où ils ont eu l’habitude de livrer le client tous les jours, analyse Romain Doutre. Dans l’aéronautique, où il faut deux ans pour faire des tests, ils s’ennuient." La filière embauche, même si l’explosion des recrutements de ces dernières années est terminée.

En 2016, les entreprises recruteront…
Surtout des métiers nouveaux pour elles (10 %)
surtout des métiers déjà présents chez elles (90 %)
Enquête Usine nouvelle auprès de 100 entreprises
Autre exemple de mutation porteuse : l’évolution des business models. Avec son ouverture de liaisons par autocar, son offre Ouigo et ses partenariats dans le covoiturage, la SNCF est obligée d’élargir ses recrutements aux métiers de la mobilité. "Nos collaborateurs devront de plus en plus être capables de travailler avec des start-up, par exemple", explique Françoise Tragin. Qui précise que les plus gros volumes de recrutement serviront, plus classiquement, à moderniser et à développer le réseau.

En dépit des 1 400 suppressions nettes de postes annoncées en décembre, la SNCF embauche à tout va des ingénieurs en génie civil, en mécanique et en électronique, des électriciens et des chaudronniers.

Les fabricants de machines spéciales, moins visibles car petits et disséminés sur tout le territoire, recrutent "vraiment beaucoup", raconte Julien Weyrich. Ces PME et PMI ont du mal à attirer les profils spécialisés capables de produire des machines à la demande. "Elles recherchent des ingénieurs en bureau d’études, des techniciens de maintenance ou spécialisés en automatismes", poursuit le recruteur.

Une population vieillissante à remplacer

Une partie des recrutements de l’industrie s’explique par le remplacement des départs à la retraite. En 2015, les entreprises industrielles étaient 32 % à citer le remplacement des départs comme motif de recrutement, contre 22 % pour l’ensemble des secteurs. Des bataillons entiers de salariés doivent donc être remplacés, dans la métallurgie, mais aussi dans l’agroalimentaire. Un secteur qui, selon les statistiques de Pôle emploi, est le plus gros recruteur de l’industrie, mais propose surtout des emplois saisonniers. "Le luxe, parce que la pyramide des âges est vieillissante, représente un gisement de recrutements, estime Bern Terrel, directeur associé chez Arthur Hunt. Le marché est porteur et la production, avec certains métiers manuels, a tendance à revenir en France."

En revanche, certains secteurs, notamment celui des énergies renouvelables, ont déçu les recruteurs. Le photovoltaïque s’est écroulé et l’éolien reste marginal en volumes. "Le marché était plus dynamique il y a trois ans", estime Julien Weyrich. "C’est survendu", juge un autre recruteur, qui parie sur la chimie comme secteur d’avenir. "Après une décennie difficile, elle est depuis deux ou trois ans repartie dans une bonne dynamique et recrute beaucoup d’ingénieurs ! ", remarque-t-il. Un pari risqué. Pour Anita Bonnet, la responsable des études à Pôle emploi, l’industrie est un "secteur chaotique", avec des recrutements qui montent ou qui baissent. Mais où tout est dès lors possible. 

Cécile Maillard

« Aéro, bureaux d’études et luxe sont porteurs »


Bern Terrel,

directeur associé chez Arthur Hunt, chargé du département industrie et ingénieurs

Vers quels secteurs les cadres de l’industrie doivent-ils se tourner pour trouver un emploi ou en changer ?

Cadres et ingénieurs de l’industrie, expérimentés ou jeunes diplômés, n’ont pas trop de souci à se faire ! L’économie affiche un déficit d’ingénieurs. Ils le savent et la mobilité externe a repris. Les ingénieurs, prudents depuis la crise de 2008, osent à nouveau bouger et la plupart des recrutements que l’on nous confie font suite à une démission. Certains secteurs sont plus porteurs : l’aéronautique, les bureaux d’études, l’automobile, le luxe et les équipements électriques et électroniques.

Quelles sont les fonctions les plus demandées ?

Très clairement, les plus demandées sont les fonctions de R & D – études ou liées à l’innovation, un terrain sur lequel l’industrie se bat et qui est très peu délocalisé. Viennent ensuite le commercial et le marketing, des fonctions portées par la conquête de nouveaux marchés, en particulier à l’international. Les entreprises élargissent leur zone d’export et les PME exportent davantage. Enfin, il y a bien sûr le numérique, avec toute une panoplie de métiers.

Ces recrutements sont-ils difficiles ?

Certains postes restent disponibles quatre ou cinq mois en raison de leur localisation éloignée des grands centres urbains. Or les jeunes cherchent à rester dans les métropoles et certains cadres expérimentés hésitent à faire déménager toute leur famille. Les cadres préfèrent parfois renoncer à de belles opportunités de carrière. ??

 

Engagez-vous dans la défense !


Les contrats décrochés par Dassault Aviation pour livrer plus de 80 Rafale à l’Égypte, au Qatar et à l’Inde dopent les recrutements de dizaines d’entreprises de la défense et de l’aéronautique. Thales, qui emploie 33 000 personnes en France, prévoit 1 600 embauches en 2016, dont une part compensera les départs à la retraite. « 40 % de ces recrutements se feront en R & D pour travailler sur les logiciels liés aux systèmes embarqués, le matériel électronique, l’ingénierie système », explique Vincent Mattei, le responsable de l’emploi chez Thales. Viennent ensuite les besoins en production avec des ingénieurs pour l’industrialisation et la supply chain, des techniciens en électronique et des ouvriers spécialisés. Comme Thales, le fabricant de missiles MBDA voit son activité dopée à la fois par le Rafale et par l’export. En effet, le groupe équipe aussi le Typhoon. « Depuis plus de deux ans, nous bénéficions d’une hausse de commandes de pays comme la Grande-Bretagne, et avons des perspectives intéressantes de développement à l’export l’an prochain », indique Olivier Martin, le secrétaire général de MBDA (4 500 salariés en France). L’entreprise prévoit 470 recrutements en 2016, deux tiers de cadres et d’ingénieurs et un tiers d’ouvriers, notamment pour son site de Bourges (Cher). ??

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