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Emmanuel Macron va rencontrer le patron de Sanofi après ses propos polémiques sur le vaccin Covid-19

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Publié le , mis à jour le 15/05/2020 À 07H26

L'Elysée réagit aux propos de Paul Hudson. Le 13 mai, le patron de Sanofi indiquait que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d'un éventuel vaccin contre le Covid-19. Pour le gouvernement français, un tel vaccin devrait devenir "un bien public mondial". Emmanuel Macron va rencontrer Paul Hudson pour discuter du sujet.

Emmanuel Macron va rencontrer le patron de Sanofi après ses propos polémiques sur le vaccin Covid-19
Emmanuel Macron s'est dit "ému" des propos tenus par le patron de Sanofi.
© Elysee

Le président français Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée le patron de Sanofi. Un jour après les déclarations polémiques de Paul Hudson, le gouvernement français a estimé jeudi 14 mai que l'égal accès de tous les pays à un éventuel vaccin contre le Covid-19 n'était pas négociable et qu'aucune nation ne devrait en avoir la primauté pour des raisons financières. De son côté, le laboratoire pharmaceutique français a apporté des corrections aux propos de son dirigeant.

Dans une interview publiée mercredi 13 mai par l'agence Bloomberg, Paul Hudson, directeur général du laboratoire français, a déclaré que les Etats-Unis seraient prioritaires dans la fourniture d'un éventuel vaccin. "Le gouvernement américain a le droit de prendre les plus grandes précommandes car il s'est investi dans la prise de risque" liée à la recherche et au développement de ce vaccin, a-t-il dit selon Bloomberg.

Le vaccin devrait être "extrait des lois du marché" selon l'Elysée

Ces propos "ont ému tous ceux qui travaillent [à lutter contre le Covid-19], dont le président", a réagi l'Elysée dans une déclaration citée par Paris Match. "Les efforts déployés ces derniers mois montrent qu'il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché", ajoute la présidence qui souligne l'importance de poursuivre "les efforts considérables, multiples, pour arriver à construire autour d'acteurs multilatéraux, une réponse collective et coordonnée" face à la pandémie.

Le président de la République va également rencontrer Paul Hudson mardi 19 mai pour discuter du sujet. "Il est important de continuer d'avancer avec Sanofi", indique l'Elysée.

"L'égal accès de tous au vaccin n'est pas négociable, a déclaré de son côté le Premier ministre Edouard Philippe. Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi, cette grande entreprise profondément française. Il m’a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d’un éventuel vaccin Sanofi."

"Il n'y aura aucune avance particulière d'aucun pays", corrige Sanofi

Interrogé dans la soirée sur France 2, Serge Weinberg a assuré que les propos de Paul Hudson avaient été déformés et que les Etats-Unis ne seraient prioritaires que pour un éventuel vaccin fabriqué dans les usines de Sanofi sur le territoire américain. "Je vais être extrêmement clair : il n'y aura aucune avance particulière d'aucun pays", a dit le président de Sanofi tandis que Paul Hudson avait mentionné une avance des Etats-Unis de quelques jours voire quelques semaines sur le reste du monde.

Serge Weinberg a assuré que la priorité accordée aux Etats-Unis concernerait uniquement "nos usines américaines, en aucun cas [...] nos usines françaises et européennes". "Nous mettons tout en oeuvre [...] pour que l'ensemble des pays, pas uniquement les Etats-Unis, [...] soient servis en même temps", a-t-il ajouté, en soulignant que les capacités de production de Sanofi étaient "beaucoup plus importantes en dehors des Etats-Unis qu'aux Etats-Unis".

Interrogé sur l'éventuelle gratuité d'un tel vaccin en tant que bien commun, Serge Weinberg a répondu qu'il s'agissait d'un sujet "compliqué" en raison des investissements nécessaires mais qu'un éventuel vaccin, dont il envisage la production à partir de fin 2020 ou début 2021, serait "extrêmement accessible".

Un "débat nécessaire", selon Paul Hudson

Réagissant auparavant à la polémique, Paul Hudson s'est déclaré jeudi 14 mai convaincu que des progrès seraient accomplis dans la recherche d'un vaccin en collaboration avec la France, l'Allemagne et l'Europe, qu'il a néanmoins appelées à renforcer leurs capacités. "Je fais campagne depuis des mois pour que l'Europe se prépare à affronter le Covid-19 [...] à renforcer ses capacités, à nous assurer que nous sommes prêts", a-t-il déclaré, se disant désolé que ses remarques aient soulevé une telle polémique mais jugeant le débat nécessaire.

"Ce que j'essaie de dire partout où je vais, c'est que les Etats-Unis ont la BARDA [l'Autorité américaine de recherche et de développement en biologie médicale avancée], un organisme prenant de l'avance sur ces choses et qui collabore en amont avec le secteur pour s'assurer que tout soit prêt et que les capacités nécessaires sont renforcées", a-t-il ajouté.

Sanofi travaille actuellement à deux programmes de développement d'un vaccin contre le Covid-19, dont l'un en partenariat avec le britannique GlaxoSmithKline (GSK) qui bénéficie du soutien financier de la BARDA, qui est rattachée au département américain de la Santé.

D'après un document consulté par Reuters, la Commission européenne réfléchit à mobiliser un fonds d'urgence de 2,4 milliards d'euros pour renforcer la capacité des laboratoires pharmaceutiques en Europe afin d'éviter que le bloc ne se retrouve démuni lorsqu'un vaccin contre le coronavirus aura été trouvé.

Avec Reuters (Rédaction de Paris)

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