Emmanuel Macron prêt à recapitaliser EDF si nécessaire

En visite à la centrale nucléaire de Civaux, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a pris des engagements vis-à-vis d'EDF. Il a affirmé que le gouvernement est prêt à aider financièrement l'électricien pour mener à bien l’ensemble de ses investissements.

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Emmanuel Macron prêt à recapitaliser EDF si nécessaire

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, pourtant le plus populaire du gouvernement Valls, a été reçu sous les huées de la CGT à son arrivée à la centrale de Civaux (Vienne), où il s’est rendu dans le cadre de la Semaine de l’industrie.

La semaine dernière, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le patron de Bercy avait jugé qu’EDF devait faire des efforts pour redresser la situation financière. En particulier, il dénonçait le "le compromis social sur EDF (qui) a été fait au dépend de tout le monde pour l’intérêt unique des salariés, ce n’est plus durable". Une déclaration inacceptable pour les représentants du syndicat.

Ce coup de pression mis sur le ministre de l’Economie appuie le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, présent sur les lieux pour l’accueillir. Demain, le vendredi 18 mars, les deux hommes se retrouveront en tête-à-tête pour parler de l’avenir du groupe. Ce dernier fait face à une masse importante d’investissements à un moment où ses comptes sont dégradés. Déjà le ministre a présenté un gage de bonne volonté, il a assuré : "S'il y a besoin de recapitaliser (EDF), nous le ferons".

La question de RTE

Il a ajouté : "S'il y a besoin de renoncer encore aux dividendes, nous le ferons". En 2015, l’Etat a accepté le versement de son dividende en titres, laissant ainsi 1,8 milliard d’euros dans les caisses du groupe. Le ministre ajoute : "D'ici le début du mois de mai, nous prendrons les décisions, à la fois en clarifiant cette stratégie industrielle et en explicitant toutes les mesures nécessaires pour y faire face".

Plusieurs attentes du côté d’EDF. D’une part, il s’agit d’engager un vaste programme de cessions d’actifs. Il pourrait concerner jusqu’à 50 % de RTE, le réseau de transport électrique, une opération qui rapporterait plusieurs milliards d’euros à EDF. Mais cela demandera un fort appui du gouvernement, car une telle décision devrait être actée par la représentation nationale.

François Brottes, le patron de RTE, rappelle que "RTE est une entreprise nationale unique dont l’exploitation présente un caractère de service public national et d’un monopole de fait, pour laquelle la Constitution fait obligation d’un contrôle public."

Soutien à Hinkley Point

D’autre part, EDF pourrait avoir besoin d’une garantie d’Etat pour lancer son projet de construction de deux EPR à Hinkley Point en Angleterre. Ce projet de 24 milliards d’euros, dont 16 milliards à la charge d’EDF, peine à attirer des investisseurs. Le trésor britannique n’est prêt à venir en soutien du projet qu’après le démarrage de l’EPR Flamanville (Manche), dont le chantier est censé s’achever en 2018. A plusieurs reprises, Emmanuel Macron a rappelé son attachement au programme Hinkley Point qui est "le grand projet nucléaire du monde occidental".

Enfin, Jean-Bernard Lévy continue à réclamer une hausse des tarifs réglementés de l’électricité, hausse limitée par les gouvernements successifs depuis de nombreuses années. Interrogée sur TF1, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, jugeait qu’EDF ne doit pas " faire peser le redressement de l'entreprise sur les factures que payent les Français". Elle précisait alors ne pas envisager une hausse supérieure à 0,5%.

Dans un communiqué, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) rappelait "qu’elle a depuis le 8 décembre 2015 la compétence pour fixer le montant de l’évolution des tarifs réglementés de vente d’électricité d’EDF. Elle rendra publique sa proposition à la fin du mois de mai 2016. Elle ne dispose pas encore des éléments lui permettant d’en déterminer le montant.

Le lendemain de la visite d'Emmanuel Macron, le ministre des Finances Michel Sapin a indiqué que la recapitalisation de l'électricien se ferait non pas par l'endettement mais par la cession d'autres participations de l'Etat dans d'autres entreprises. "Il n'est pas question d'augmenter l'endettement de la France pour pouvoir venir en appui à telle ou telle entreprise", a-t-il expliqué au micro de Radio classique.

Ludovic Dupin

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