PME-ETI

Emmanuel Macron, l’homme qui chuchotait à l’oreille des ETI

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Invité à s’exprimer à l’occasion du forum annuel des entreprises de taille intermédiaire (ETI), le ministre de l’Economie a salué la vision de long terme de ces entreprises. Il a affirmé son  rôle de partenaire à leur côté. Rien de concret en revanche sur la création d’un statut de l’investisseur de long terme réclamé par l’Asmep-ETI.

Emmanuel Macron, l’homme qui chuchotait à l’oreille des ETI © AFP

Après le flamboyant Arnaud Montebourg, le style du nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron s’affiche comme très différent. Reçu le 24 septembre au forum annuel d’Asmep-ETI, l’association des entreprises de taille intermédiaires, le ministre se révèle comme un homme calme, partisan d’une évolution douce de l’environnement des entreprises, presque humble, même si la fermeté des convictions est au rendez-vous. A la tribune, ce soir là ce n’est pas le tonitruant "J’aime l’entreprise"  de Manuel Valls lors de l’université d’été du Medef que les dirigeants d’entreprise réunis ont entendu.

Emmanuel Macron lui ne pousse pas la voix, il chuchote presque, enveloppe un public, souvent du double de son âge, d’un courant de séduction empathique. Le message de fond est toutefois le même que celui de son Premier ministre. Il a ainsi promis la stabilité de l’environnement fiscal et règlementaire, la baisse des dépenses publiques et l’accompagnement qui est selon lui "la forme moderne du volontarisme politique".  Il affirme qu’il faut arrêter de vivre dans l’idée "d’une grande réforme qui sauvera tout"  mais alléger tout ce qui est possible.

"J'ai besoin de vous"

Plus qu’un programme, le ministre était aussi venu promouvoir une relation de qualité avec ces ETI qui vantent leur vision de long terme. "J’ai besoin de vous",  a-t-il déclaré aux membres de l’association créée par Yvon Gattaz et présidée aujourd’hui par Elizabeth Ducottet, la patronne de Thuasne et Philippe D’Ornano, celui de Sisley. Avant tout, selon lui, pour redonner de la confiance à la France : "Nous sommes dans un pays compliqué. Je veux faire bouger les choses mais nous ne ferons rien si les dirigeants économiques considèrent que le pays est foutu."  Il a ainsi témoigné n’avoir jamais vu des patrons allemands parler de leur pays comme certains patrons français parle du leur.

Pour favoriser la confiance, Emmanuel Macron a incité les dirigeants à communiquer ce qu’ils allaient faire du CICE : "Trop de Français pensent que cela va servir à augmenter les dividendes ou les salaires des collaborateurs en place". Il a rappelé le rôle important des ETI comme "cheville ouvrière des filières sur les territoires" et en les qualifiant de "PME qui avaient réussies". Bref, ses auditeurs étaient formidables. Ils sont repartis avec la promesse que le ministre examinerait avec attention leur projet de statut de l’investisseur de long terme. Pas plus. Le ministre n’aime pas "faire des promesse en l’air".  

Anne-Sophie Bellaiche

 

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