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L'Usine de l'Energie

Emmanuel Macron au secours d’Areva en Finlande

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Alors que le gouvernement français essaie de sauver le soldat Areva, le ministre de l’Economie veut aider le français à sortir du bourbier de l’EPR finlandais pour lequel des milliards d’euros ont été provisionnés.


Crédits Pascal Guittet

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a annoncé, mercredi 20 janvier, que les gouvernements français et finlandais donnent un mois à Areva et TVO (l’électricien finlandais) pour régler leurs contentieux autour du chantier de l’EPR en construction à Olkiluoto.

"J'ai eu l'occasion en début de semaine de parler avec Olli Rehn (Ndlr : ministre de l'Economie finlandais). Nous nous sommes donné un mois pour laisser les entreprises et les actionnaires trouver les conditions d'un accord ou d'une voie de sortie", a affirmé Emmanuel Macron lors de ses vœux aux acteurs économiques.

Fin 2015, le ministre de l’Economie avait annoncé qu’il se rendrait en Finlande pour aider Areva à sortir de l’ornière qu'est le chantier du réacteur EPR en construction sur la presqu’île d’Olkiluoto. Finalement, il ne s’est pas rendu à Helsinki mais s’est quand même emparé du sujet. Il faut dire que le ministre, en pleine opération de recapitalisation d’Areva, doit prendre en compte ce chantier qui constitue une véritable épée de Damoclès pour la société nucléaire.

Deux sociétés devant le tribunal

Débutée en 2005, la construction du premier EPR au monde aurait dû être terminée en 2009 pour un coût de 3 milliards d’euros. Mais la date de fin de chantier est désormais prévue fin 2018. Face à ce retard, Areva a dû provisionner 4,6 milliards d’euros.

En parallèle, Areva et son client TVO se sont portés devant le tribunal d'arbitrage de la Chambre international de commerce, chacun faisant porter à l’autre les causes des retards. Areva réclame 3,5 milliards d’euros à TVO, ce dernier attend 2,3 milliards d’euros du consortium Areva-Siemens.

Un contrat mal négocié

Beaucoup dans la filière nucléaire jugent que la construction de la tête de série de l’EPR hors de France était une mauvaise idée, d’autant plus que ce contrat a été mal négocié. Jean Syrota, l’ex-patron de Cogema (ndlr : dont la fusion avec Framatome a donné naissance à Areva en 2001) interrogé par l’Usine Nouvelle en mai dernier, décrypte : "Ce contrat comportait au moins deux clauses constituant une bombe à retardement. D’une part, le délai de réalisation était exagérément bref. Il était plus court pour cette première réalisation que le temps de construction des réacteurs commandés en série, dans le passé, en France".

L’ancien dirigeant ajoute : "D’autre part, les pénalités de retard n’étaient ni limitées dans le temps, ni plafonnées. En gros, elles portent sur la différence entre ce que payaient les Finlandais pour leur électricité au moment de la commande et ce qu’ils paieraient avec l’EPR. Du coup, l’énorme retard constaté est supportable par le client finlandais. Mais pour Areva, il en résulte des milliards de pertes."

Ludovic Dupin

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