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L'Usine Matières premières

Emmanuel Macron appelle la filière bois à se réorganiser

Franck Stassi , ,

Publié le

Déficitaire sur le front du commerce extérieur, la filière bois se déchire sur les causes de l’essor des exportations de grumes vers la Chine. Emmanuel Macron en appelle au volontarisme de la filière pour construire des bâtiments avec du bois local.

Emmanuel Macron appelle la filière bois à se réorganiser © DR

Le dernier interlocuteur à entrer dans le débat sur l’avenir de la filière bois n’est qu’autre que le président de la République, Emmanuel Macron. "La France a une des plus grandes forêts d’Europe mais importe du bois pour construire, c’est donc qu’il y a un problème ! On doit réorganiser la filière, elle créera beaucoup plus d’emplois", a-t-il déclaré mercredi 18 avril, en visite dans les Vosges. "Le bois est une filière que nous devons développer en France, a-t-il poursuivi. Il faut donc mettre en place une politique volontariste, sur laquelle nous allons travailler avec la filière. Cela suppose qu'on reboise massivement, qu'on investisse davantage", a lancé le chef de l’Etat dans les locaux de la scierie Germain-Mougenot à Saulxures-sur-Moselotte (Vosges), qui a investi 15 millions d’euros pour doubler sa production.

Jusqu’alors, les investissements annoncés par le gouvernement ne concernaient pas le reboisement des forêts mais des aides à la filière aval : 100 millions d'euros de fonds de prêt aux scieries ont été promis, dans la foulée du Salon de l’agriculture, en février dernier, dans le cadre d’un plan d‘investissement public à l’agriculture de 5 milliards d’euros amené à être piloté par Bpifrance.

En 2016, la France comptait 1494 scieries, contre 15 000 en 1980. Sur les 37,9 millions de tonnes (Mt) de bois commercialisés, 19,3 Mt relèvent du bois d’œuvre, les grumes destinées au sciage, déroulage, tranchage (5,4 Mt de feuillus et 13,9 Mt de conifères). La filière compte, selon Emmanuel Macron, 450 000 emplois, contre plus d’un million en Allemagne, où la surface forestière est plus petite. La filière est déficitaire – en 2017, de 6,3 milliards d’euros. Les importations ont représenté 16 milliards d’euros (+4,1% par rapport à 2016), tandis que les exportations se sont élevées à 9,3 milliards d’euros (+ 2,8%). Le solde commercial des bois ronds, matière première de la filière, est quant à lui positif (187 millions d’euros, en hausse de 22 % sur un an), principalement en direction de la Belgique (26%) et de la Chine (17%).

Des acteurs divisés

Or, ce dernier point crispe les acteurs de la filière. Début février, la Fédération nationale du bois a relancé les hostilités. D’après le sondage qu’elle a effectué, 98% des Français estiment préférable d’encourager la transformation du bois dans le pays. Les exportations de grumes de chêne auraient été multipliées par dix entre 2007 et 2017, à 500 000 mètres cubes. "Les Chinois vont à l’assaut de tous les pays qui ont du chêne. La plupart des pays, sauf la France, ont mis en place des mesures de protection. On ne peut pas accepter dans notre pays que nos usines manquent de bois alors que ses forêts ont fait l’objet de subventions", tonne le président de la FNB, Nicolas Douzain.

"On ne peut pas passer sous silence l’export de bois de mauvaise qualité en Chine. De plus, les chênes de qualité inférieure et notamment les petits diamètres, n’intéressent pas ou peu les transformateurs français. De plus, si les scieurs acceptent de mettre le prix, ils disposeront toujours de la matière dont ils ont besoin", rétorque Laurent Maréchaux, dont le Syndicat de la filière bois regroupe depuis 2016 des adhérents dissidents de la FNB.

"Nous souhaitons encourager les acteurs de la filière à contractualiser pour sécuriser les approvisionnements en chêne et accroître la compétitivité des unités de première transformation à travers l'innovation et à travers l'investissement", a pour sa part indiqué le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, début mars. Une réunion de concertation entre les acteurs a également été organisée par le ministère.

Déficit de notoriété

Si la filière parvient à sauver les meubles, encore devra-t-elle renforcer sa notoriété sur ce marché, estime Thibaud Le Moign, responsable du développement export chez French Timber, l’organisation professionnelle chargée de prospecter à l’étranger. "Nous cherchons à ouvrir de nouveaux marchés au grand export. On souffre d’un vrai déficit de notoriété, notamment par rapport à l’Allemagne : par exemple, en Chine, on ne sait pas que l’on produit du bois en France ! En Inde, où l’on a démarré il y a cinq ans, les gens s’étonnent que l’on a de la forêt", observe-t-il. La durabilité des forêts françaises et la capacité à fournir des approvisionnements réguliers, critère essentiel pour les fabricants de meubles, sont autant d’arguments à mettre en avant.

 

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