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Quotidien des Usines

EMC Conception au secours du "Clemenceau"

Publié le

Une jeune PME lorraine prétend désamianter et découper l'ex-porte-avions à un coût et en un temps records, avec des technologies dérivées de la sidérurgie.

Mercredi 10 janvier 2007, 16 heures. Depuis hier en milieu d'après-midi, l'appel à candidatures du ministère de la Défense, lancé le 20 novembre 2006 pour démanteler le « Clemenceau » est clos. L'ultime escale se précise pour l'ancien porte- avions. Devenu la coque Q 790, il est amarré à Brest (Finistère) depuis son aller-retour, de décembre 2005 à mai 2006, entre la France et le port indien d'Alang, où il devait être démantelé...

Les ténors de l'environnement ont répondu présents. « La protection de l'environnement et des travailleurs est prioritaire, explique le capitaine de frégate Charles-Henry Orcel, de la direction centrale du service de soutien de la Flotte. Mais le contrat mettra en balance le coût de la dépollution et de la valorisation des ferrailles. Plus un industriel saura les valoriser, moins la facture sera élevée. »

Sans doute une chance pour EMC Conception, candidat de dernière minute. Cette PME lorraine (12 salariés, 3 millions d'euros de chiffre d'affaires), située à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), spécialisée dans les machines spéciales (oxycoupage) pour la sidérurgie, propose de vitrifier sur place l'amiante que renferme l'ex-bâtiment de guerre à l'aide d'une technologie unique, mécanisée, mobile et radiocommandée. Il ne serait plus nécessaire de mobiliser une importante main-d'oeuvre pour récupérer manuellement l'amiante, la conditionner puis la transporter vers un site d'inertage et de stockage. « Il suffirait d'une cinquantaine de personnes pendant dix mois pour désamianter et découper la coque Q 790, contre deux ans et 100 personnes avec les techniques manuelles actuelles », affirme Philippe Rovel, le P-DG.

une technologie mobile

 

Monté sur une pelle hydraulique radiocommandée et équipé d'un système de récupération des fumées et des poussières, un brûleur qui atteint les 1 500 °C vitrifierait l'amiante sur quelques millimètres. Grâce à une tête interchangeable, le brûleur serait remplacé par des chalumeaux dérivés des unités d'oxycoupage qui découpent des aciers de plus de 1,5 mètre d'épaisseur dans les parcs à ferrailles. Une dizaine de « vitrificateurs-découpeurs » mobiles seraient nécessaires pour les 26 700 tonnes d'acier du « Clemenceau ».

Aux extrémités du navire en cale sèche, quatre grues transborderaient alors les plaques d'acier vers deux unités d'oxycoupage au sol pour les découper en lots plus petits afin de les acheminer dans des fours électriques d'aciéries pour les refondre ! « Rien ne s'y oppose », affirme Philippe Rovel. A condition d'implanter le centre de déconstruction à Dunkerque (Pas-de-Calais) ou à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) plutôt qu'à Brest. Ce centre d'un coût d'investissement chiffré à 150 millions d'euros, se trouverait à un jet de boulons de sa source de recyclage et de financement : les hauts-fourneaux d'Arcelor.

développer en france une filière de déconstruction

 

« Nous n'avons pas la capacité financière de mener seul ce chantier, explique Philippe Rovel. Nous concourons pour nous faire connaître de tous les acteurs. » Et leur fournir ou leur vendre la technologie.

En attendant, Oseo Anvar va verser plus de 400 000 euros cette année à EMC Conception pour financer l'étude de faisabilité de l'outil de vitrification et le développement d'un prototype d'ici à septembre. L'organisme public a compris que la PME a entre les mains une technologie clé pour développer en France une filière de « déconstruction propre » de navires en fin de vie, susceptible d'être une alternative aux sites à bas coûts chinois, pakistanais, indiens ou turcs. Sacré enjeu. Chaque année, 600 navires de commerce sont mis au rebut dans le monde. Ce chiffre doublera en 2008 avec l'interdiction des pétroliers à simple coque. Dans un premier temps, le marché des bâtiments de guerre semble le plus prometteur. Ou sur terre, celui du transport ferroviaire. La SNCF vient de lancer un appel d'offres de 22 millions d'euros pour le désamiantage et la déconstruction de 4 500 locomotives et wagons de voyageurs. Une filière industrielle voit le jour.

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