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Emballé 3.0, les étudiants réinventent le packaging

Laurent Rousselle ,

Publié le , mis à jour le 15/02/2017 À 19H20

Entretien Le Conseil National de l’Emballage a organisé pour la 7 e année consécutive, Emballé 3.0. Destiné aux étudiants issus d’écoles et d’universités, ce concours invite les futurs professionnels à concevoir un packaging innovant avant de le présenter à un jury composé de spécialistes et de consommateurs. Michel Fontaine, président du CNE, est revenu sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle édition dont la remise des prix a eu lieu le 9 février avec trois lauréats.

Emballé 3.0, les étudiants réinventent le packaging
Michel Fontaine, président du conseil national de l'emballage.
© Guittet Pascal

L'Usine Nouvelle - Qu’attendez-vous des participants au concours Emballé 3.0 ?

Michel Fontaine - Nous nous adressons aux étudiants, de la première année d’IUT à bac +5. Le jury attend des projets innovants, disruptifs. Emballé 3.0 est l’un des rares concours à donner autant de liberté. La faisabilité n’est  pas une obligation. Nous nous intéressons au cheminement des idées. D’où viennent-elles et pourquoi ? Nous demandons aux candidats de remettre en cause l’existant. Cette année, ils doivent choisir entre deux thèmes - l’information consommateur ou la praticité d’usage - et présenter un projet décliné sous l’angle commercial, comportemental ou encore technologique. Il n’y a d’ailleurs pas de cloison entre ces 3 points qui transpirent entre eux. Imaginer l’impossible est donc tout à fait admis, tant que le mix développement durable et innovation est pris en compte.

Pourquoi avoir créé ce concours?

L’emballage a beau être partout, les métiers qui s’y rapportent restent relativement discrets, pour ne pas dire méconnus. Le secteur a pourtant de bonnes occasions de faire parler de lui, il est celui qui innove le plus en France. La moyenne des brevets déposés par l’ensemble de ses acteurs est supérieure à celle de tous les autres. Ce concours a donc été créé pour donner de la visibilité et valoriser ces métiers. C’est aussi l’occasion de mettre en relation deux mondes qui se rencontrent bien souvent sur le tard : celui des universitaires et celui des industriels. Les deux doivent pouvoir comprendre leurs besoins réciproques pour préparer l’avenir.

Quel rôle joue le Conseil national de l'emballage auprès de ces jeunes ? 

Nous intervenons en tant que facilitateur. Nous ouvrons notre carnet d’adresses aux plus méritants pour les aider à débuter leur carrière professionnelle du bon pied. Nous les mettons en relation avec l’entreprise de leur choix en vue d’effectuer un stage. Certains sont déjà passés par des entreprises comme Eco Emballages, Nestlé Water ou chez Diadéis pour faire du design. Nous portons aussi certains projets au niveau institutionnel, comme dans les ministères. Cela a été le cas l’an dernier avec le projet One Pill, qui reposait sur un concept de délivrance de médicament à l’unité par le biais d’un conditionnement connecté. Cela a été aussi le cas pour « c’était bien bon » : un doggy bag, pratique et discret, permettant de récupérer les restes d'un repas au restaurant pour les cuisiner ensuite chez soi. Nous aiguillons ces projets car nous considérons que ces concepts pourraient amener à des évolutions réglementaires ou conduire à l'adoption de nouveaux réflexes de consommation. Notre rôle s’arrête là. Notre statut d’association ne nous autorise pas à nous intéresser à la dimension commerciale qui pourrait résulter de ces projets.

Et les lauréats sont…

Le jury du concours Emballé 3.0 a révélé jeudi 9 février le palmarès de sa 7e édition. Trois dossiers parmi les 56 en lice ont été récompensés pour leur audace créative et leur respect de l’éco-conception. Les étudiants de l’IUT de Reims (Pauline Lerch, Pierre André, Méril Goujon, Nina Milesi), ont été retenus pour « Medi CO », un emballage pharmaceutique connecté dont la notice est accessible par le biais du smartphone. Outre l’aspect digital, c’est aussi le bénéfice environnemental lié à l’économie du papier qui a été apprécié. En effet, les quatre étudiants ont profité de la digitalisation du document pour réduire le volume et le poids de l’emballage. Les trois étudiantes de l’école FS Pack (Cognac) se sont quant à elles distinguées avec « Au grain près », une salière ergonomique qui contrôle la quantité de sel versée grâce à un système de pression. Enfin, Mathilde Maquaire et Marie Martine, toutes deux étudiantes à l’école d’art MJM Rennes, ont été saluées pour Ecume. Destiné particulièrement aux jeunes peintres, le projet se résume à deux dispositifs de distribution de billes de peinture. Les jurés ont apprécié la praticité du contenant aussi facile à transporter qu’à utiliser. La distribution au « juste besoin », - évitant ainsi le gaspillage -, a également été remarquée.

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