Emballage : Pure industries régénère les matières plastiques

Le plasturgiste choisit la Saône-et-Loire pour industrialiser son brevet permettant la production d'emballages en plastique avec 40 à 70% de matière régénérée.

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Pure Industries vient de s'établir à Saint-Eusèbe, sur le territoire de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau. Dans un bâtiment de 6000mètres carrés, Olivier Lefort, P-DG, exploite depuis le début de l'année le brevet qu'il a mis au point afin d'augmenter la quantité de matières recyclées dans la production d'emballages plastiques.Après quatre années de recherche, le procédé permet d'employer entre 40 et 70% de plastique régénéré dans la fabrication de corps creux. "Nous avons pour l'instant trois ans d'avance sur la concurrence, qui ne dépasse pas un taux de recyclage de 20%", annonce Eric Lombrage, directeur général. Les avantages sont multiples. Cette technique abaisse le prix de revient d'environ 20%, procure une meilleure résistance à la compression et à la chute, réduit l'utilisation de colorants jusqu'à 70% et rend le produit fini plus imperméable aux ultraviolets. Avant d'industrialiser le process, le plasturgiste a effectué un rapprochement avec des constructeurs de matériels spécialisés, comme l'allemand Bekum pour le soufflage et le suisse Nestal pour l'injection. L'acquisition des équipements productifs se déroule, depuis septembre 1994, par étapes. En 1996, deux nouvelles lignes de production, à savoir des machines d'extrusion-soufflage et leur environnement informatique, viendront rejoindre celle déjà installée. De plus, Pure Industries investira dans une chaîne de régénération et dans une presse à injecter. Montant de la facture: pas moins de 37millions de francs. L'année suivante, l'industriel espère acheter deux autres machines d'extrusion-soufflage et une nouvelle presse à injecter. Mais il entend aussi maîtriser ses approvisionnements de plastiques usagés avec l'appui de CGEA Onyx (groupe Compagnie générale des eaux), présent au capital social. C'est pourquoi l'installation d'une unité de tri sélectif, en tant qu'activité complémentaire, est prévue. Elle portera l'investissement en matériel à plus de 85millions de francs. L'unité devrait alors "tourner" avec un effectif de 80personnes et réaliser à terme un chiffre d'affaires de l'ordre de 100millions de francs, dont 30% à l'exportation. Pour asseoir son développement, le fabricant mise en premier lieu le marché des bidons de 5litres. "Nous allons au départ travailler sur des produits de grande consommation et évoluer ensuite vers des marchés plus nouveaux", souligne Eric Lombrage. Les premières niches convoitées seront celles des produits lessiviels et d'entretien. D'où la nécessité de compter parmi ses partenaires un poids lourd comme l'américain Reckitt&Colman, troisième lessivier mondial. L'entreprise s'attaquera ensuite aux lignes d'emballages pour les lubrifiants d'automobile, le phytosanitaire, la cosmétiqueet enfin l'agro-alimentaire. Le décret de l'ancien ministre de l'Environnement, Brice Lalonde, donnera à l'entreprise un coup de pouce non négligeable. Ce texte portant sur les éco-emballages prévoit d'imposer progressivement en dix ans l'utilisation de plus en plus importante de matière recyclée. De quoi rassurer Olivier Lefort, qui ne regrette pas d'avoir opté pour la Bourgogne... après un temps d'hésitation entre Albi (Tarn) et Forbach (Moselle).



Un investissement de 100 millions de francs

Investissement : 100 millions de francs, dont les trois quarts restent encore à réaliser sur 1996 et 1997.

Implantation : Zone industrielle de Monay, à Saint-Eusèbe, dans un ancien bâtiment de 6000mètres carrés financé par reprise d'un crédit-bail immobilier.

Emplois prévus : 80personnes en trois ans, dont 14cadres, 3administratifs et 63personnes à la production.

Aides : 6millions de francs de prime d'aménagement du territoire, 1,1million du Feder (CEE/objectif2), 350000francs d'EdF. Prêts sans garantie et à taux préférentiel accordés par Sofirem (Charbonnages de France) pour 1,8 million de francs et Sodie (Usinor Sacilor) pour 650000francs, prêt de 1million accordé par le Conseil régional de Bourgogne.

Principaux actionnaires : Sofirem, Reckitt&Colman, CGEA Onyx (groupe Compagnie générale des eaux), 20% chacun; Olivier Lefort, 14,4%; Fauché, 10%.

Chiffres d'affaires prévisionnels : 11,3millions de francs en 1995, 55,7millions de francs en 1996, 100millions en 1997.

Coût de la matière première : 1kilo de plastique vierge se négocie autour de 6francs. Celui du plastique recyclé entre 3,50 et 4francs.

USINE NOUVELLE N°2487

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