Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Elles perpétuent le savoir-faire français

, , ,

Publié le

Les grands équipementiers télécoms français ont tous disparu ou été rachetés. Mais nombre de start-up ont pris le relais. Coup de projecteur sur six d’entre elles.

Elles perpétuent le savoir-faire français
Pionnier des réseaux cellulaires à bas débit pour l’internet des objets, Sigfox est implanté dans 36 pays. Comme ici, sur la Station Princesse Élisabeth en Antarctique.

Les entreprises citées

Naguère florissants et puissants, les grands équipements français des télécoms ont peu à peu périclité à la faveur de la dérégulation du secteur, de la globalisation du marché et de la montée des concurrents chinois. Thomson, Sagem, TRT, Alcatel… Tous ont disparu ou ont été rachetés. Ce qui reste d’Alcatel-Lucent a fini dans l’escarcelle du finlandais Nokia. Sa présence se réduit en France à trois sites : Paris-Saclay, avec 3 700 personnes, Lannion, avec 800 personnes, et Calais, avec 900 personnes. Mais le savoir-faire historique français dans ce domaine reste intact. C’est la raison pour laquelle Nokia, qui racheté Alcatel-Lucent au début de 2016, a fait du site de Paris-Saclay son centre mondial de R & D de la prochaine génération de réseaux mobiles 5G. De même, le chinois Huawei développe sa présence en France, avec notamment quatre centres de R & D employant au total 150 chercheurs. De nombreuses pépites se développent sur ce terrain fertile. Leur éclosion est favorisée par l’émergence de l’internet des objets. C’est en France que les deux grands standards Sigfox et LoRa ont vu le jour. Coup de projecteur sur six pépites prometteuses.

Sigfox crée des réseaux cellulaires à bas débit
 

  • Création Septembre 2009
  • 400 personnes
  • Chiffre d’affaires estimé à 30 millions d’euros en 2016

C’est la star mondiale de l’internet des objets. Sigfox a ouvert la voie à des réseaux cellulaires de transmission de données à faible débit, basse consommation et bas coût. Cette génération est plus adaptée que les réseaux mobiles traditionnels pour la plupart des objets connectés, qui ont besoin de transmettre de faibles quantités de données sous la forme de messages de quelques octets. La pépite toulousaine se distingue par un modèle intégré cumulant les rôles d’opérateur de réseau et d’équipementier. Elle développe sa propre technologie de réseau, ses équipements et même le design de référence des modules de connectivité destinés aux objets connectés de ses clients. Petit à petit, Sigfox construit autour de sa technologie propriétaire un écosystème mondial, des concepteurs de puces aux opérateurs de réseaux, en passant par les fournisseurs de modules de connectivité et les sous-traitants. S’il opère en France son propre réseau, il s’appuie à l’international sur des opérateurs partenaires auxquels il fournit sa technologie et ses équipements. Présente dans 36 pays, l’entreprise a levé environ 300?millions d’euros depuis sa création.

Ekinops se rêve en petit Alcatel
 

  • Création Janvier?2003
  • 440 personnes, dont 200 en France
  • Chiffre d’affaires 76,3?millions d’euros en 2016

Construire un équipementier télécoms majeur en France, sorte de petit Alcatel. Telle est l’ambition de Didier Brédy, le PDG d’Ekinops. À l’origine, cette PME se spécialise dans les transmissions optiques pour opérateurs télécoms. Un marché très concurrentiel où elle affronte les groupes mondiaux Huawei, ZTE, Ericsson, Nokia, Cisco, Ciena, Infinera et Adva. « Nous nous distinguons de la concurrence par notre technologie T-Chip à architecture programmable, qui réduit le nombre de composants, offrant des gains en performances, en encombrement et en consommation de courant, avec, cerise sur gâteau, l’avantage de la flexibilité, affirme Didier Brédy. C’est ainsi que nous parvenons à nous frayer une place sur un marché dominé par des géants. » Avec l’acquisition en octobre?2017 de OneAccess, la star française de la commutation ethernet et du routage IP, Ekinops étend ses prérogatives aux couches 2 et 3 des réseaux télécoms, alors qu’elle se limitait auparavant à la couche 1. « De plus en plus souvent, les opérateurs télécoms comme les entreprises réclament des solutions d’équipement couvrant les trois premières couches des réseaux, explique le PDG. Auparavant, nous étions sur un marché adressable de 2 à 3?milliards de dollars. Avec OneAccess, notre marché adressable passe entre 5 et 7?milliards de dollars. » Si la PME cible d’abord les opérateurs télécoms de rang 2 et 3 (moins de 10?milliards de dollars de chiffre d’affaires), elle a réussi, depuis son introduction en Bourse en 2013, à entrer chez deux opérateurs de rang 1, dont Orange. Un succès qui lui donne de la crédibilité et conforte Didier Brédy dans ses projets de croissance. « La virtualisation des télécoms devient un enjeu important, précise-t-il. Avec OneAccess, nous disposons d’une belle opportunité de nous faire une place au soleil. »

Actility gère l’internet des objets
 

  • Création Mai 2010
  • 180 personnes, dont 141 en France
  • Chiffre d’affaires 5,7 millions d’euros en 2016

Spécialisé au départ dans les solutions de transition énergétique, Actility a saisi la vague de l’internet des objets pour se diversifier dans les télécoms. « Nous opérons dans le même marché que Sigfox, avec une approche complémentaire, explique Olivier Hersent, le cofondateur et directeur technique de la start-up. Nous vendons les pelles et les pioches de l’internet des objets. Nous ne réalisons toutefois pas de matériels. Nous nous appuyons sur ceux de Kerlink, Cisco, Multi-Tech et Foxconn. Nous y installons nos logiciels de contrôle, de gestion et nos services associés comme la géolocalisation des objets volés et le stockage sécurisé des données des capteurs. Nos solutions vont des stations de base à 1 500?euros jusqu’au petit boîtier couvrant juste un immeuble pour 70 à 80?euros. » Cette activité en croissance de 100 % par an représente déjà les deux tiers du chiffre d’affaires de l’entreprise. « Nous sommes présents dans 20 réseaux d’internet des objets, confie Olivier Hersent, avec des contrats signés en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Taïwan, en Chine à travers une coentreprise avec Foxconn, à Singapour, en Russie, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis. En France, nous travaillons avec Orange et Bouygues Telecom. Nous installons 100 à 200 antennes par semaine.» Avec sa levée de fonds de 75?millions de dollars au début 2017, Actility veut accélérer son développement à l’international, où il réalise 75 % de son chiffre d’affaires. L’objectif est d’atteindre un effectif de 400 à 500 personnes et un chiffre d’affaires de 60?millions d’euros en 2020.

BoostEdge accélère le trafic sur réseaux
 

  • Création Avril 2014
  • 12 personnes
  • Chiffre d’affaires 2 millions d’euros en 2017

BoostEdge s’est donné pour mission d’accélérer le trafic des sites web, des grandes applications et des réseaux mobiles. Résultat de recherche de plus de quarante années-homme, sa technologie divise par trois le flux de données en transit, accélérant d’autant l’accès aux sites web et aux applications. « Pour les sites d’e-commerce, cela signifie plus de visites et de chiffre d’affaires puisque le temps de latence est réduit de deux tiers, affirme Serge Cuesta, le PDG et cofondateur de la société. Cela représente aussi d’importantes économies sur les télécoms. » Sur ce créneau, BoostEdge affronte de grands concurrents mondiaux, comme le coréen Ara Networks, l’allemand Cachemara et l’américain PeerApp. « Notre solution s’appuie sur des algorithmes de compression de données et d’optimisation des flux plus performants, revendique Serge Cuesta. En outre, notre dernière version tourne aussi sur les clouds d’Amazon et de Google. Nous la mettons à la portée de clients qui ont des besoins ponctuels ou qui souhaitent passer à un modèle financier de coûts d’exploitation. » BoostEdge revendique 150 clients dans le monde, dont Société générale, Sodexo, Air liquide, Atos et Mitsubishi. Depuis février, l’entreprise est déclinée pour les réseaux mobiles. « Cette version vise à optimiser la bande passante et à éviter les goulets d’étranglement dus à l’explosion de l’internet mobile, évitant les investissements d’extension des capacités des réseaux, explique Serge Cuesta. Elle est déployée par une dizaine d’opérateurs, dont IDom Technologies, dans les DOM-TOM. » La société, qui tire la moitié de ses revenus de l’international, espère toucher 30 opérateurs télécoms et atteindre un chiffre d’affaires de 8?millions d’euros en 2020.

Kerlink conquiert l’internet des objets en Inde
 

  • Création Juillet 2004
  • 110 personnes, dont 104 en France
  • Chiffre d’affaires 14,1 millions d’euros en 2016 

C’est un grand succès pour Kerlink. La PME bretonne a emporté au début de l’année auprès de Tata le contrat de fourniture d’équipements en Inde de ce que son PDG et fondateur, William Gouesbet, considère comme le plus grand réseau d’internet des objets dans le monde. La première tranche en 2018 prévoit le déploiement de 10 000 antennes au standard LoRa. « Nous avons des projets partout dans le monde avec des degrés de maturité divers, confie le patron de l’entreprise. Fondé par des anciens de Wavecom [une société de modules cellulaires rachetée par le canadien Sierra Wireless, ndlr], Kerlink se présente comme un équipementier de réseaux d’internet des objets avec principalement deux standards : M-Bus pour les réseaux d’eau et de gaz, et LoRa pour les autres applications. Sa plate-forme comprend non seulement des antennes, mais aussi des logiciels de gestion des réseaux à destination d’opérateurs de réseaux publics et d’opérateurs privés (GRDF, SNCF, Transdev…). Kerlink aide également les industriels à rendre leurs produits connectés avec des designs de référence qu’elle commercialise sous forme de redevances. Il sous-traite la fabrication de ses équipements en France (et chez ­Flextronics en Inde pour le marché indien). Depuis 2013, la PME jouit d’une croissance moyenne de plus de 50 %. Son chiffre d’affaires devrait passer de 3,6?millions d’euros en 2013 à 25?millions d’euros en 2017, dont 25 % à l’international. Pour se développer, la société, qui dispose de filiales à Singapour et à Chicago, aux États-Unis, s’est introduite en Bourse en mai?2016, avec l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 70?millions d’euros en 2020, dont plus de 50 % à l’international.

Sagemcom roule pour le standard LoRa
 

  • Création 2007
  • 4 000 personnes, dont 800 en France
  • Chiffre d’affaires 1,7?milliard d’euros en 2017

Sagem a déserté les télécoms avant de fusionner, en 2005, avec la Snecma pour former le groupe Safran. Sagemcom, qui en est issu, revient en 2015 dans le secteur à la faveur de l’irruption de l’internet des objets, avec un engagement pour la standardisation du réseau LoRaWan. « Nous sommes membre fondateur de l’Alliance LoRa, qui regroupe aujourd’hui plus de 500 entreprises », affirme Didier Guillot, le responsable de l’activité internet des objets de Sagemcom. L’entreprise se présente comme un équipementier global des réseaux d’internet des objets au standard LoRaWan, des modules de connectivité jusqu’aux logiciels de gestion, en passant par les antennes, les passerelles et les serveurs de cœur de réseau. Sur ce marché, elle affronte des groupes mondiaux comme Cisco, ZTE et Multi-Tech, mais aussi de petits français comme Kerlink, Actility et Webdyn. « Nous appliquons le même modèle de développement que dans notre activité de compteurs communicants, explique Didier Guillot. Nous avons commencé par les antennes et le cœur de réseau pour nous étendre maintenant aux objets connectés. Un marché naissant que nous testons avec un dispositif combinant plusieurs capteurs – accéléromètre, ­thermomètre, magnétomètre… –, qui ont la particularité d’être programmables pour s’adapter aux exigences de ­différentes applications. » Sagemcom revendique une présence dans 40 réseaux d’internet des objets au standard LoRaWan, dont, en France, Objenious de Bouygues Telecom. 
 

Et aussi…

Webdyn (Ile-de-France) propose des concentrateurs et passerelles pour la remontée d’information des objets connectés par LoRa, mais aussi des compteurs d’électricité connectés par courants porteurs en ligne.

6Wind (Ile-de-France) développe des logiciels de traitement des paquets embarqués dans les routeurs de grands équipementiers d’internet comme Cisco, Ericsson, Nokia et Huawei. Cisco figure parmi ses investisseurs.

Enyx (Paris) développe une carte de réseaux à très faible latence fondée sur un circuit logique programmable. Sa technologie pourrait se révéler utile pour le développement des futurs réseaux mobiles 5G.

Advisor SLA (Ile-de-France) offre une plate-forme big data pour le diagnostic, l’analyse et le monitoring des infrastructures de réseaux. Ses logiciels sont fournis en tant que services cloud.

Microwave Vision Group (Paris) se spécialise dans l’imagerie des ondes radio pour le test d’équipements sans fil. Sa technologie est utilisée notamment pour le test des équipements des réseaux mobiles 5G en cours de développement.

Anevia (Ile-de-France) édite des logiciels d’optimisation des flux vidéo sur réseaux télécoms pour leur diffusion sur tout type d’écran, quel que soit le format d’encodage utilisé.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle