ELLE VEUT VENDRE SINGAPOUR AUX PMELa "patronne" du nouveau Centre français des affaires dans l'ex-colonie britannique sillonne l'Hexagone pour attirer les entreprises en Asie.

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ELLE VEUT VENDRE SINGAPOUR AUX PME

La "patronne" du nouveau Centre français des affaires dans l'ex-colonie britannique sillonne l'Hexagone pour attirer les entreprises en Asie.



Elle aurait pu se cantonner dans le rôle de l'épouse sans souci du cadre supérieur expatrié. Avec pour seule préoccupation l'éducation de ses quatre enfants. Mais Marie-Claude Mol avait soif d'action. Et quand en 1992 le directeur de la chambre de commerce française à Singapour quitte son poste, la femme du directeur juridique de Thomson Multimédia pour l'Asie saisit l'occasion. Une opportunité de passer aux travaux de terrain pour l'ancienne jeune (34ans) universitaire rompue aux questions théoriques: un DEA "monnaie-finance-banque" après l'IEP de Paris, un ouvrage aux PUF, "Monnaie et prix dans la théorie du déséquilibre", un poste d'assistante en économie monétaire à Paris-II et un autre de maître de conférences en économie et statistiques à Sciences Po. Plongée au coeur de "la" zone dynamique de la planète, la directrice de l'établissement consulaire va constater la faible présence française: entre 1,5 et 2,5% de part de marché. Et, surtout, un grave déséquilibre: à côté de quelques poids lourds comme Thomson, le deuxième employeur étranger de l'île, Aérospatiale ou L'Air liquide, quelques "très petits", et pratiquement pas de PME-PMI. Il y a pourtant un marché à portée de main à Singapour, celui des toniques "dragons". Comment attirer les PME ? Comment leur faire comprendre que les pays d'Asie se développent désormais par des échanges intra-Asie? Précurseurs, les Allemands avaient construit en 1993 un centre des affaires. Cela servit d'aiguillon. L'Assemblée des chambres de commerce et d'industrie françaises prend la décision le 21juin 1994, investit 8millions de francs, et, début janvier, ouvre le Centre français des affaires à Singapour. Avec Marie-Pierre Mol à sa tête. Un cumul de fonctions qui a été souhaité, souligne Annie Arsaut-Mazières, directrice des relations internationales de l'ACFCI, pour éviter "les perversions de la concurrence franco-française". Et pour faire profiter les nouveaux venus (qui louent des bureaux dans un immeuble de 2500mètres carrés bien connu des Singapouriens, car c'est là que vécut le créateur du Baume du tigre) de l'expérience des quatre cents sociétés françaises présentes. "Notre but, explique Marie-Pierre Mol, n'est pas de garder ces entreprises "ad vitam aeternam", mais de servir de centre d'insertion pour leur permettre de voler ensuite de leurs propres ailes." En moins de six mois, onze entreprises ont loué des bureaux au 89, Neil Road, dont plusieurs PME, comme Exbanor, une micro-entreprise de Lisieux (10salariés) qui a envoyé un jeune commercial pour développer ses ventes de film industriel étirable, jugeant le marché européen "verrouillé". Marie-Pierre Mol espère bien persuader d'autres petites entreprises de tenter l'expérience asiatique. "Il n'y a pas de fatalité. Elles peuvent réussir en Asie." Telle est la conviction de cette passionnée de randonnées en montagne, qui porte son message dans la France profonde: après Caen, Le Havre, Beauvais, Melun et Lille, ce sera demain Clermont-Ferrand et la Haute-Savoie. Le marché à conquérir semble, il est vrai, sans limites. Ou presque. Les autorités de Singapour, obsédées de propreté, ont interdit la commercialisation du chewing-gum! Jean-Louis Lemarchand

USINE NOUVELLE N°2507

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