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L'Usine Santé

Elizabeth Ducottet (Thuasne) : "La fertilisation entre french tech et french fab est en marche"

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La PDG de Thuasne croit à l’avenir d’une industrie française innovante et régénérée par le mouvement des start-up… À condition que l’environnement fiscal et réglementaire de la France évolue.

Elizabeth Ducottet (Thuasne) : La fertilisation entre french tech et french fab est en marche

Sommaire du dossier

«Pendant trente ans, on a entretenu dans notre pays une désaffection vis-à-vis de l’industrie. Les politiques, les économistes ont propagé le mythe d’une France des services. C’est d’autant plus incompréhensible pour moi qu’au-delà de son importance pour l’économie d’une nation, l’industrie est une activité extrêmement satisfaisante et valorisante pour les individus.

Le plaisir du rapport aux machines, à la matière est connu par ceux qui y sont confrontés. Cela ancre dans le réel. L’industrie, ce sont des idées que l’on met en œuvre, que l’on teste et qui donnent un résultat : un bénéfice ou pas, mais dans tous les cas du concret. Dans notre monde de plus en plus virtuel, de nouvelles attentes naissent, qui vont peut-être renverser la tendance pour rendre attractif ce secteur. Mais cette satisfaction est mal identifiée par les élites nationales et l’opinion en général qui, souvent, en sont restées à l’image d’une activité sale et pénible qui prévalait au XIXe?siècle. Une forme de pénibilité existe encore, mais les entreprises s’y sont attelées et, avec l’automatisation, elle devrait devenir marginale. La réalité majeure, c’est que beaucoup d’industriels ont accompagné avec enthousiasme toutes les évolutions technologiques et continuent de le faire. Chez Thuasne, en l’occurrence, celle du textile technique est passionnante. Il faut voir comme nos jeunes ingénieurs sont galvanisés par leur travail !

Mais il y a eu cet abandon des politiques et des erreurs de gestion de la part de certains dirigeants de courte vue qui ont fermé des sites sans se rendre compte des pertes de savoir-faire irréversibles que cela entraînait. Certaines entreprises plus résilientes, plus engagées sur le long terme, comme les entreprises de taille intermédiaire familiales, ont résisté. Elles sont dans la région Auvergne-Rhône-Alpes que je connais bien, comme Poujoulat, SEB, Boiron, Stef… L’économiste Christian Stoffaës parle de la résistance de ces “entreprises de la montagne” que l’on retrouve aussi en Bavière, en Suisse ou dans le nord de l’Italie. Les succès de ces entreprises françaises très performantes dans la mondialisation ont peu d’écho au niveau national. Ces dernières années, j’ai croisé deux ministres qui s’intéressaient vraiment profondément à l’industrie, François Loos et Arnaud Montebourg. Ce qui donne de l’espoir aujourd’hui, c’est la liaison qui est en train de s’opérer entre ces entreprises industrielles performantes et les start-up. La fertilisation croisée entre la french tech et la french fab est en marche. Je ne connais pas une ETI qui ne soit pas en lien avec des start-up, et c’est ensemble que nous sommes allés au Consumer electronics show de Las Vegas.

Une start-up, c’est une hypothèse, une idée formulée, qui doit se confronter au marché et parfois à l’industrialisation. Si des start-up ont fait un excellent boulot de conception et de design en France, elles sont parfois allées acheter en Chine, mais ce n’est pas obligatoire, et nous pouvons les aider sur la fabrication comme dans l’accès au marché. Pour se battre à armes égales avec nos concurrents européens et gagner des points dans la mondialisation, il y a vraiment urgence d’une prise de conscience du politique pour faire converger les niveaux de fiscalité et de charges français vers ce qui existe en Europe.

Il faut un vrai choc, pas des mesurettes partielles. Thuasne a autant de sites en France que dans d’autres pays européens. Les sites français sont ceux qui sont le plus pénalisés par l’environnement réglementaire. Il ne faut pas intervenir de manière artificielle pour sauver des sites au dernier moment, comme l’État l’a fait en commandant des TGV à Alstom. Il faut réfléchir en amont pour créer un cadre qui donne envie d’investir ! 3 000 entreprises font l’export de l’économie française, dont 2 000 ETI. Il ne faut pas qu’elles aient des boulets au pied. Il est encore temps de se redresser, mais on n’a pas beaucoup de temps pour le faire. Alors, les entreprises se développeront. Nos collaborateurs ont pris à bras-le-corps la transformation numérique de l’économie, sans attendre. L’État ne peut pas en permanence dire qu’il faut s’adapter et ne rien changer pour lui-même. » ?? propos recueillis par anne-sophie bellaiche

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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