Elior avertit encore sur ses résultats, le titre chute

par Benoit Van Overstraeten

PARIS (Reuters) - Elior a lancé mercredi son troisième avertissement sur résultats en sept mois à la suite de chiffres semestriels préliminaires jugés inférieurs aux attentes par le groupe de restauration collective, dont le titre plongeait de plus de 13,5% après plus d'une heure d'échanges à la Bourse de Paris.

A 10h19, il cède ainsi 13,32% à 13,4 euros, l'action subissant ainsi sa plus lourde perte depuis le plongeon de 18,17% du 17 novembre, jour de l'annonce du premier "profit warning" de la série en cours.

Ce jour-là, Elior avait à la fois revu à la baisse ses objectifs pour l'exercice 2016-2017, évoquant notamment les coûts de démarrage de nouveaux contrats et l'impact de l'ouragan Irma, et annoncé la nomination de Philippe Guillemot au poste de directeur général.

Une vingtaine de jours plus tard, le 6 décembre, le groupe avait renoncé à ses perspectives 2020, dont notamment une marge brute de 9% à 10%, disant alors que Philippe Guillemot annoncerait de nouveaux objectifs à moyen terme avant l'été. La présentation du plan stratégique du nouveau directeur général est prévue le 26 juin.

Le titre, qui accuse la plus forte baisse de l'indice Stoxx 600, pèse sur les actions de ses concurrents Sodexo (-1,96%) et Compass (-1,796%).

Avec la chute de ce mercredi, le recul du titre Elior depuis le début de l'année est de plus de 21,5% après une baisse de 20,7% en 2017.

Il y a une semaine, Compass, numéro un mondial du secteur, avait fait état de chiffres semestriels inférieurs aux attentes tandis que Sodexo, le numéro deux, a averti sur ses résultats fin mars.

RÉSULTATS DÉFINITIFS DU 1ER SEMESTRE ATTENDUS LE 29/05

"La performance du deuxième trimestre a été décevante. La rentabilité des opérations en restauration collective en France est affectée par un environnement concurrentiel difficile combiné à une période d'instabilité managériale", déclare Philippe Guillemot, cité dans un communiqué.

Elior avait annoncé en juillet dernier le départ de son PDG, Philippe Salle, et la dissociation des fonctions de président et de directeur général.

Philippe Guillemot évoque également un "niveau élevé de démarrage de nouveaux contrats" pour expliquer les contre-performances du groupe, de "mauvaises conditions climatiques en France, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis" ainsi que "les grèves de transport en France", qui ont "pesé sur le chiffre d'affaires et sur la rentabilité de nos opérations".

Tout en reconnaissant que certains de ces facteurs sont "externes", Jamie Roll, analyste chez Morgan Stanley, estime qu'ils suggèrent une "concurrence accrue" et un "environnement plus difficile" pour la restauration collective.

Pour l'ensemble de l'exercice 2017-2018, Elior n'attend plus qu'une croissance organique "proche de 3%", une marge brute retraitée comprise entre 7,5% et 7,8% - contre 8,3% sur 2016-2017 - et un résultat net par action ajusté en baisse par rapport à l'exercice 2016-2017.

Jusqu'ici, le groupe avait dit tabler sur une croissance organique d'au moins 3%, sur une stabilité du taux de marge d'Ebitda retraité à périmètre et taux de change constants et sur une "légère progression" de son résultat net par action ajusté.

Sur les six premiers mois de l'exercice 2017-2018, clos le 30 septembre, Elior fait état d'une croissance de 3,9%, dont une croissance organique de 2,9%, et d'un excédent brut d'exploitation (Ebitda) retraité de 231 millions d'euros, ce qui représente une marge de 6,9%.

Le groupe annoncera ses résultats semestriels complet le 29 mai.

(Avec la contribution de Laetitia Volga et de Marc Angrand, édité par Cyril Altmeyer)

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