Electrotechnique : Les micro-electroniciens de rousset se mobilisent

Absence de recherche, manque de soutien politique : le pôle local de micro-électronique est handicapé. Les industriels locaux doivent se serrer les coudes pour assurer son développement.

Partager

-A Rousset, commune proche d'Aix-en-Provence, la pérennité de l'usine de semi-conducteurs de SGS-Thomson n'est pas acquise. De cette incertitude est né le Cremsi (Centre régional d'études de micro-électronique sur silicium), une association que préside Pierre Merenda, le directeur technique de l'usine SGS. Elle rassemble les industriels du pôle micro-électronique de la région, mais aussi plusieurs laboratoires universitaires et des grandes écoles.

Nous pouvons influer sur les arbitrages des grands groupes pour le choix d'un site, assure Pierre Merenda, en démontrant notre capacité à développer par nous-mêmes notre compétitivité technologique. La tâche du Cremsi est, à tout le moins, hardie. Il s'agit de combler l'absence de filière de recherche et le manque de soutien politique: les deux handicaps qui pénalisent la région de Rousset face aux pôles de Grenoble et de Toulouse. Ici, pas de laboratoires du Cnet ou du Leti comme à Grenoble. Et pas de priorité accordée à la filière micro-électronique dans les projets de développement local. Pour mettre sur pied l'association, la direction de l'usine SGS-Thomson, épaulée par la commune de Rousset, a donc dû solliciter l'aide des collectivités territoriales.

Résultat: le Cremsi, dont la création juridique remonte à septembre, entre aujourd'hui dans sa phase opérationnelle, avec un budget d'une dizaine de millions de francs, dont la moitié doit être prise en charge par les collectivités territoriales.

Améliorer les procédés de fabrication

Une première liste de huit programmes de recherche-développement vient d'être présentée. Elle s'articule autour de l'amélioration des procédés de fabrication et l'achat d'équipements collectifs. Mais elle pourrait déboucher par la suite sur un programme bien plus ambitieux: le développement d'une unité de fabrication de plaquettes de silicium en technologie 8pouces. Les membres du Cremsi et d'autres industriels (à trouver) participeraient au capital, en échange de volumes réservés. Bien entendu, un tel dessein ne va pas sans débat.

Pour la direction locale de SGS-Thomson, il s'agit de sauvegarder l'attractivité du site face à la nouvelle usine construite par le groupe italo-français à Crolles, près de Grenoble. Malgré un plan d'investissement de plus de 100millions de francs, dont une bonne partie dans un programme de production submicronique, l'usine de Rousset ne sera guère plus compétitive après l'an 2000. Or la direction générale du groupe, qui envisage d'ici là de construire une autre usine en France, aurait à trancher entre Crolles et Grenoble pour l'accueillir.

Mis à part Gemplus (cartes à puce) et Dupont Photomask (masques pour les semi-conducteurs), les industriels du Cremsi entretiennent des échanges limités avec leur grand voisin. La plupart réalisent moins de 5% de leur activité sur le site et souvent plus de 50% de leurs ventes à l'étranger. Soutenir l'usine SGS-Thomson n'est pas vraiment leur priorité.

On ne peut qu'adhérer unanimement à l'idée de travailler ensemble et attirer autour de nous de nouveaux groupes industriels. Mais l'association privilégie trop les thèmes d'intégration. Au détriment de niches valorisables grâce aux spécificités des PMI du site, juge Laurent Roux, le patron d'IBS, spécialiste européen de l'implantation ionique à façon. Difficile de ne pas tenir compte de tels intérêts. Les prochaines actions du Cremsi pourraient aller dans ce sens.



NE PAS NÉGLIGER LA DIVERSIFICATION

Comment développer son activité dans la micro-électronique sans rogner ses investissements dans la diversification? Pour les dirigeants d'IBS et de Vegatec, il faudrait aussi aider les PMI dans ce sens afin de protéger le pôle régional contre un retournement du marché. Les deux sous-traitants ont ouvert la voie: IBS, spécialiste de l'implantation ionique et du dépôt en couches minces, a trouvé des marchés dans le traitement de surface de pièces mécaniques et biomédicales (prothèses). De même, Vegatec (machines et équipements spéciaux) développe ses activités auprès des chimistes, des laboratoires de recherche et des hôpitaux.



les forces en présence

Fournisseurs de la micro-électronique :

MICROPOLISH (filiale du groupe britannique Laporte): retraitement du silicium (leader européen), 45salariés, 30 millions de francs de ventes en 1993, dont 40% à l'exportation.

TEST INNOVATION: testeurs automatiques de semi-conducteurs et machines spéciales, 25salariés, 20millions de francs de chiffre d'affaires en 1993.

IBS (Ion Beam Services): traitement de surface par faisceaux d'ions, 14 salariés, 8millions de francs de chiffre d'affaires en 1993.

VEGATEC : machi-nes et équipements spéciaux, 10 salariés, 3,6millions de francs de chiffre d'affaires en 1993.

SAPI EQUIPEMENT : équipements

spéciaux en matière plastique, 40salariés.

FLUID'AIR :

équipements spéciaux en matière plastique, 30salariés, 15millions chiffre d'affaires en 1993.

Les sociétés industrielles du silicium :

SGS-THOMSON :

composants semi-conducteurs (microprocesseurs, microcontrôleurs, puces pour cartes à puce), 700 salariés.

oES2 (European Silicium Structures): circuits intégrés spécifiques (Asics),

200 salariés.

DUPONT PHOTOMASKS: circuits imprimés et masques pour la micro-électronique, 95salariés.

GEMPLUS: cartes à puce et matériels associés, 600 salariés au total à Gemenos et La Ciotat.

USINE NOUVELLE - N°2448 -

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS