Electronique : Pénurie de semi-conducteurs prévisible jusqu'en 1996

La croissance du marché mondial des puces atteindra 30 à 40% cette année. La production ne peut suivre.

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Jamais la demande en semi-conducteurs n'a été aussi forte. Et le spectre d'une pénurie se confirme. Au vu des bons résultats des fabricants de puces durant le premier trimestre, les analystes revoient en effet leurs prévisions à la hausse. En 1995, les 15% de croissance du marché mondial, annoncés à la fin de l'année dernière, seront pulvérisés. Le cabinet Dataquest pronostique désormais une progression avoisinant les 30%. WSTS (World Semiconductor Trade Statistics) prévoit même une augmentation de 40%, compte tenu d'un effet dollar estimé à 9%. En Europe, la progression de la consommation de semi-conducteurs devrait atteindre 35% (en dollars). Comme l'année précédente, le marché sera tiré par l'industrie du micro-ordinateur, qui est devenue une locomotive durable pour les semi-conducteurs. Les nouvelles générations de micro-ordinateurs à base de processeurs Pentium et PowerPC consomment beaucoup plus de circuits intégrés que les modèles antérieurs. L'explosion du téléphone mobile, partout dans le monde, accroît les besoins. Et l'électronique pour l'automobile est en train de devenir un marché de masse pour les puces. Dans ce contexte, la production a du mal à suivre la demande. Malgré les investissements consentis par les fabricants de semi-conducteurs (ils ont augmenté de 55% en 1994), les unités de production tournent à 100% de leur capacité. Et l'offre ne devrait rejoindre la demande qu'en 1996. En attendant, la gestion des approvisionnements devient plus serrée. Les distributeurs ressentent les premiers effets de ce décalage entre l'offre et la demande. Depuis mars, le phénomène d'allocation (livraison de quantités limitées de composants aux clients) se généralise à l'ensemble des composants actifs, alors qu'il touchait seulement quelques types de composants il y a encore quelques mois.

En mars, un "book to bill" en hausse

Les produits les plus touchés sont les microprocesseurs et mémoires statiques et dynamiques pour les PC, ainsi que les circuits numériques pour les terminaux de téléphonie mobile GSM. En mars, le SPDEI (Syndicat professionnel des distributeurs en électronique industrielle) affichait un "book to bill" (rapport des prises de commandes sur les facturations) en hausse, à 1,13. Conséquence directe, les délais de livraison s'allongent considérablement. "De six à huit semaines au deuxième semestre 1994, nous sommes passés à seize semaines aujourd'hui", précise Bernard Nomblot, directeur commercial de Tekelec Airtronic. Parallèlement, la baisse des prix, traditionnelle dans ce secteur, se ralentit sensiblement. En mai, on a même constaté une hausse. Un phénomène que les spécialistes estiment durable. Tout au moins jusqu'à la fin de l'année, où l'augmentation des capacités de production des usines des fabricants de puces devrait permettre de satisfaire à nouveau la demande. Jean-Pierre Jolivet

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USINE NOUVELLE N°2509

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