Electronica 2006 : Les puces s'emparent de l'automobile

L'électronique embarquée devient omniprésente sous le capot des voitures comme dans l'habitacle. Pour préparer l'avenir, de véritables concept cars électroniques voient le jour.

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Electronica 2006 : Les puces s'emparent de l'automobile
Premier rendez-vous après la crise qui vient de secouer les semiconducteurs, Electronica, le salon biennal consacré aux composants et sous-ensembles de l'industrie électronique qui s'est tenu du 14 au 17 novembre dernier à Munich, a été marqué du sceau de l'automobile. Pour les fabricants de circuits intégrés, le secteur a le vent en poupe. Et tout particulièrement en Europe, où il arrive en seconde position des applications de l'électronique, derrière l'audiovidéo. Prises dans leur ensemble, les usines européennes produisent 36% des équipements électroniques embarqués à bord des véhicules dans le monde.

D'après une étude du cabinet français Décision, présentée lors du salon, la progression du chiffre d'affaires du secteur en Europe devrait être non seulement forte, mais aussi continue avec un rythme de 6% par an jusqu'en 2010. Autant de raisons qui poussent les électroniciens à sortir de leur pré carré. Ils proposent désormais des systèmes - intégrant leurs puces - qui remplissent une fonction complète : du réglage des phares jusqu'au contrôle du moteur, en passant par la vidéo embarquée. Mieux. Pour démontrer leur nouveau savoir-faire, ils n'hésitent à exposer de véritables concept cars électroniques, à l'instar des constructeurs automobiles.
Celui de Delphi, qui arbore la double casquette d'équipementier et de fabricant de composants électroniques, porte le nom d'Eve. Ce spécialiste de la connectique a opté pour un véhicule fonctionnel basé presque entièrement sur le « X-by-wire », c'est-à-dire dans lequel les commandes électromécaniques sont remplacées par leurs homologues électriques et électroniques. La transmission des données se fait par courant porteur sur le câble d'alimentation du véhicule. De cette manière, l'intégration de nouvelles fonctions ou le remplacement de celles existantes se fait par simple connexion.

La video embarquéee en tête

Freescale (ex Motorola Semi-conductors),numéro 1 mondial des puces pour l'automobile, a préféré le format buggy pour son concept car électronique. Parmi les fonctions proposées, «le contrôle de la climatisation se fait directement sur le réseau de commande centralisé, à partir d'un bloc comprenant un microcontrôleur et les fonctions analogiques associées », souligne Günter Löttrich, ingénieur chez Freescale. Pour réaliser ces blocs fonctionnels, les fabricants de puces ont deux approches possibles. La première consiste à proposer une base commune et rête à l'emploi, sous forme d'unep carte électronique, où seul le logiciel diffère d'une application à l'autre. C'est le concept de plate-forme, déjàéprouvé dans la téléphonie mobile.

Texas Instruments décline ainsi son offre Davinci, annoncée l'an dernier et initialement déployée dans la vidéo pour le grand public. «Les applications automobiles représentent une extension naturelle de notre offre», explique Jean-François Fau, vice-président pour l'Europe. Si la vidéo embarquée arrive naturellement en tête de liste, Texas Instruments ne compte pas s'arrêter en aussi bon chemin. Sa plate-forme permet d'assurer la régulation automatique de vitesse, l'assistance au parking ou encore la détection de piétons. La seconde approche consiste à collaborer avec un client privilégié - équipementier ou constructeur - afin de concevoir un système électronique, puis de le transformer en produit intégré. «Nous avons développé avec Blaupunkt le contrôleur graphique qui sert à la commande de leur contrôleur de navigation TravelPilot », explique Axel Zimmermann, directeur du développement d'Altera.

Jean-Pierre Vernay


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