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Quotidien des Usines

Electromenager : Les mauvaises surprises de Candy avec Hoover europe

Publié le

Juillet 1995, Candy achète Hoover Europe. Fin 1996, Peppino Fumagalli, le P-DG, reste convaincu des opportunités de l'opération même si la rénovation de l'outil industriel est plus ample que prévue.

Merthyr Tydfil, à une vingtaine de kilomètres de Cardiff. Une douzaine de drapeaux coiffent l'un des angles d'un bâtiment en briques. Fouettés par le vent gallois, ils surplombent six larges lettres blanches: " Hoover ", qui se détachent de la façade orangée. Dédiée à la production de lave-linge, sèche-linge, machines lavantes-séchantes, lave-vaisselle, l'usine compte 1 000 salariés. Premier employeur des 58 000 habitants de Merthyr Tydfil, dont 10 % connaissent le chômage, le site, qui est le siège de Hoover Europe Appliances (HEA), fait la fierté de la ville. Mais peut-être un peu moins celle de Peppino Fumagalli, le P-DG du groupe italien Candy. Le nouveau propriétaire dresse en effet un bilan plus mitigé. " HEA, qui réalise 2 milliards de francs de chiffre d'affaires, aura encore des pertes en 1996, liées à la gestion précédente. " Un constat de Peppino Fumagalli qui sonne comme un désaveu des rares choix de Maytag pour les deux sites britanniques de HEA : le gallois et celui, écossais, de production d'aspirateurs à Combudsland. Et qui souligne l'échec en Europe, du numéro 2 américain de l'électroménager, entrepris en 1989 avec l'acquisition de HEA et stoppée six ans plus tard. " Nous avons le projet de faire de Merthyr Tydfil une usine avec des méthodes de production différentes et modernes afin d'augmenter la productivité et la qualité ", indique Peppino Fumagalli. L'italien a déjà investi 10 millions de francs dans ce but en 1996. Car depuis 1948, Merthyr Tydfil a peu bougé. Avant 1990, les lave-linge Hoover étaient fabriqués selon un schéma de production vieux de vingt ans. Depuis, les feuilles de tôles pré-vernies ont supplanté la fabrication maison des cuves extérieures et le polypropylène a remplacé l'émail pour les cuves internes, réduisant le nombre d'éléments de 570 à 374. Mais le site gallois échappe à trop de canons en vigueur dans le reste de l'Europe de l'électroménager. La production est intégrée alors que, sur le continent, elle est largement externalisée. Trente presses à injecter fabriquent ainsi 90 % des pièces en plastique utilisées dans l'usine. Les moteurs et la totalité du câblage électrique sont aussi fabriqués sur place. Autant d'opérations confiées à la sous-traitance par Candy.

Produire à la demande

Résultat? Les 1 000 salariés gallois produisent 10 000 machines par semaine. Alors qu'à Brugherio, l'usine modèle du groupe dans le lavage, 400 Italiens en fabriquent 8000 dans le même laps de temps. " Merthyr Tydfil doit être réorganisée pour que tous les accessoires arrivent en même temps sur les lignes de montage et pour produire la quantité de machines vendues ". Plus réservé sur l'usine d'aspirateurs, un métier nouveau pour Candy, Peppino Fumagalli n'affiche pas pour autant une satisfaction totale. En 1993, Maytag ferme le site de Dijon pour transférer la production en Ecosse (1 000 salariés). 618 emplois sont supprimés en Côte-d'Or. " Les Américains ont été attirés par les subventions mais ils ont perdu le savoir-faire des opérateurs de Dijon ", lâche le P-DG. Les effets sont immédiats. " Le dernier grand produit lancé par Hoover dans l'aspirateur, la gamme Alpina, a près de cinq ans. Alors que les gammes se renouvellent tous les dix-huit mois ". Trop candide, le P-DG de Candy? Pas sûr. Déjà, Peppino Fumagalli a soufflé HEA à Bosch-Siemens, qui négociait depuis deux ans. Mais avec désormais 9 % du marché de l'électroménager européen pour un chiffre d'affaires de 7 milliards de francs, Candy a surtout acheté des parts de marché. Dans le lavage en Grande-Bretagne, future tête de pont de l'italien pour l'Europe du nord, où Hoover détient 30 % du marché des machines lavantes-séchantes et 13,9 % dans les lave-linge. Mais aussi la place de numéro 1 européen dans l'entretien des sols. Pour le reste, le pragmatisme italien a pris le dessus. Candy a rapatrié la production de 150 000 machines à laver, sèche-linge et réfrigérateurs achetés tous les ans par Hoover en Pologne. Et même si le P-DG critique le modèle britannique qui " produit " des salariés peu fidèles, il entend profiter des charges salariales à 11 % et des subventions, qui s'élèvent à près de 30 % des investissements. Depuis juin, tous les sèche-linge du groupe Candy sont produits au Pays de Galles. Et bientôt, ce sera le cas de tous les moteurs de sèche-linge.



Hoover France s'efface dans l'hexagone

Après la délocalisation de la production d'aspirateurs en Ecosse en 1993, Hoover France, devenue uniquement filiale commerciale après cette date, s'efface un peu plus dans l'Hexagone depuis septembre. Sur les 50 salariés attachés à la logistique, le service après-vente et la formation, 40 ont été licenciés à l'automne. Et 10 ont rejoint Lunéry dans le Cher pour intégrer le GIAS (groupement informatique assistance et service), le GIE d'assistance technique (logistique, informatique et service après-vente), créé en 1991 pour les trois marques de Candy en France : Candy, Rosières, Iberna, qui réalisent près de 1 milliard de francs de chiffre d'affaires.

USINE NOUVELLE N°2574
 

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