Electrolux a fait machine arrière

En comité central d’entreprise (CCE), l’industriel a confirmé jeudi les mesures annoncées le 11 mars par le ministre du Redressement productif. Le groupe suédois ne quittera Revin que lorsqu’un repreneur aura été trouvé pour son site ardennais. Preuve est faite qu’après l’annonce abrupte de la fermeture, faite en octobre 2012, la mobilisation a payé…

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Electrolux a fait machine arrière
Site Electrolux de Revin

Essorés mais globalement satisfaits ! Les 419 salariés de l’usine Electrolux de Revin (ex-Arthur Martin) dans les Ardennes ne se sont pas battus pour rien au cours de ces six derniers mois. Ils sont parvenus à faire revenir le groupe d’électroménager suédois sur sa décision de fermer le site ardennais à l’horizon de 2014. Il voulait délocaliser la production de machines à laver le linge à Olawa en Pologne. Avec le soutien permanent des élus locaux et champardennais de tous bords politiques et avec le renfort des pouvoirs publics, bien utile dans la dernière ligne droite, ils ont fait la preuve qu’une mobilisation sans faille, doublée d’une démarche proactive destinée à faire émerger un projet alternatif, pouvait remettre en cause un funeste projet. Les conséquences auraient pu être gravissimes dans une localité de 7 200 habitants et dans un département déjà durement frappé par la désindustrialisation.

"Noir sur blanc"

"Nous allons pouvoir annoncer ce lundi deux bonnes nouvelles aux collègues quand reprendra le travail dans l’usine, se réjouit Lysian Fagis, porte-parole de l’intersyndicale CFDT-CGT-CGC-FE. La première c’est que la direction du groupe Electrolux s’est engagée à ne pas quitter le site de Revin tant qu’une solution de reprise viable n’aura pas été trouvée. C’est-à-dire un repreneur sérieux, pas un de ces "presse citron" n’ayant que faire de la pérennité de notre usine et de nos emplois. Nous allons donc poursuivre la fabrication de la "Top loader" (lave-linge s’ouvrant par le dessus), notre spécialité. La seconde, c’est qu’une étude est lancée pour mettre en place, en parallèle, une production de hottes aspirantes à Revin, et ce, à brève échéance, mais aussi des chauffe-eau au gaz premium, à plus long terme. Cela va figurer noir sur blanc dans le compte-rendu du CCE tenu jeudi à Senlis. C’est acté. Je crois que le groupe comme les salariés sortent la tête haute de ces dernières négociations. Il y a eu des concessions, certes, mais il n’y a pas de perdant."

Comme elle l’avait annoncé, l’intersyndicale a néanmoins profité de la tenue de ce CCE pour lancer un droit d’alerte. "Cela nous ouvre la possibilité d’obtenir que les experts nommés dans ce dossier nous informent au fur et à mesure des travaux. Comme ça, il n’y aura pas de risque de loup !", déclare Lysian Fagis, soucieux de rassurer certains collègues encore méfiants.

Le projet niVer sur les rails

Dès le 11 mars, à l’issue d’une table ronde à laquelle participait la direction Europe d’Electolux, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, avait revélé les engagements pris par le groupe suédois "afin de permettre la continuité d’une activité industrielle sur le site de Revin" et rappelé les deux axes de travail retenus, avec, de front, une solution externe - la recherche d’un repreneur industriel - et une autre interne, autour du projet niVer (Revin à l’envers), lequel a fait suite au projet Ardennes initié dans un premier temps par la direction et les salariés de l’usine de Revin.

Des 5 ou 6 pistes imaginées et inscrites dans le projet niVer, deux ont finalement été retenues par la direction d’Electrolux. Elles doivent aboutir à la fabrication de produits haut de gamme, à savoir les hottes aspirantes et les chauffe-eau à gaz. Les personnels devront se former pour sortir ces nouveaux produits. Le porte-parole de l’intersyndicale estime qu’un programme de formation est nécessaire, mais il rappelle "l’adaptabilité" depuis toujours du site de Revin. A l’origine, il s’agissait d’une fonderie, devenue par la suite un fabricant de poêles, avant de basculer dans l’électroménager. "Il n’y aura donc pas de problème !" Une prochaine réunion est fixée pour dans deux mois à Bercy, afin de ne pas laisser retomber le soufflé.

Philippe Schilde

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