ELECTRO-TECHNIQUEAEG CONTINUE DE MAIGRIRQue reste-t-il du grand électricien allemand? Presque rien. Sous l'impulsion de son actionnaire, AEG a abandonné une grande partie de ses activités traditionnelles et veut désormais s'orienter vers le ferroviaire ou la micro-électronique.

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ELECTRO-TECHNIQUE

AEG CONTINUE DE MAIGRIR

Que reste-t-il du grand électricien allemand? Presque rien. Sous l'impulsion de son actionnaire, AEG a abandonné une grande partie de ses activités traditionnelles et veut désormais s'orienter vers le ferroviaire ou la micro-électronique.



AEG n'en a décidément pas fini avec sa restructuration. En 1994, le groupe allemand devrait une nouvelle fois afficher des pertes. "A hauteur d'au moins 800millions de deutsche Mark (2,7milliards de francs)", soutient le périodique "Der Spiegel". "Seulement de 300millions de deutsche Mark (soit 1milliard de francs)", rétorque la direction de la société. Après avoir enregistré un déficit de 1,2milliard de deutsche Mark l'an dernier, l'annonce, en tout cas, a jeté un froid. A la Bourse de Francfort, les actions du groupe électrique frôlent le cours plancher. Tous s'interrogent sur le bien-fondé de la stratégie imposée par Daimler-Benz - actionnaire à hauteur de près de 80% -, qui, depuis 1986, veut repositionner AEG sur les technologies de pointe.En réalité, rien de ce qui avait fait la célébrité de l'Allgemeine Elektrizität Gesellschaft n'est plus. Olympia, la marque de machines à écrire, fondée en 1922? Vendue il y a deux ans. L'électroménager, créé en 1892 et qui réalisait l'an dernier 2milliards de deutsche Mark de chiffre d'affaires? Cédé cette année à Electrolux. Les luminaires? Repris il y a quelques mois par Philips. Avant, les compteurs ont été achetés par Schlumberger, l'activité câble par Alcatel, l'outillage électrique par Atlas Copco et les télécommunications mobiles par Matra. De l'ancien AEG il ne reste plus aujourd'hui que les activités matériels électriques et les techniques d'automatisation, qui représentaient respectivement un chiffre d'affaire de 3 et 2,8milliards de deutsche Mark en 1993. Et encore. Georg Stöckl, président du directoire de la nouvelle AEG Daimler-Benz Industrie, n'a pas caché que, si le groupe était créé aujourd'hui, il ne s'engagerait pas dans les équipements électriques. Les techniques d'automatisation, elles, ont déjà fait ou sont sur le point de faire l'objet d'alliances. Le 14octobre dernier, AEG et Schneider ont ainsi fusionné leurs activités techniques de commandes et de réglages automatisés. Leurs premiers produits communs - le Modicon TSX Quantum, développé et produit par Modicon aux Etats-Unis, et le Modicon YSX Nano, développé et produit par Télémécanique à Sophia-Antipolis - seront présentés au mois d'avril prochain à la foire de Hanovre.

Dans la nouvelle société AEG semble perdant

Les anciens produits des deux sociétés (Modicon, Télémécanique série7, April série 1000 et SquareD Sy/Max) vont disparaître des catalogues. Mais, dans la nouvelle société, baptisée AEG Schneider Automation, AEG semble être perdant. Bien que le groupe allemand soit de taille plus importante, il ne détient que 50% du capital. Il a obtenu la direction générale et le développement, tandis que Schneider a pris le marketing, la distribution, les finances et la gestion des ressources humaines. De même, dans ses discussions avec Cegelec en vue d'un accord dans les dispositifs de commande orientée, AEG ne détiendrait que 49% du capital. Mais, pour le groupe allemand, l'avenir n'est plus dans ces activités. Il est plutôt dans le ferroviaire, où il a réalisé 1,5milliard de deutsche Mark (5,1milliards de francs) de chiffre d'affaires en 1993. Ou dans la microélectronique et la sous-traitance automobile, par l'intermédiaire de Temic et de MTU Friedrichshafen, directement héritées de Daimler-Benz. Si Temic, l'ancien joint-venture AEG-Dasa, filiale aéronautique de Daimler-Benz, connaît encore des pertes, AEG affirme qu'elle devrait les réduire de moitié en 1994. Grâce notamment à un contrat passé avec la société canadienne Magna, pour la production de coussins de sécurité gonflables. Au-delà, cependant, en dehors des commandes de Daimler-Benz, le futur est fait d'hypothèses. Certains parlent d'une alliance avec Mannesmann dans les systèmes de réglage de moteurs, d'autres d'installation en Chine pour la production de microprocesseurs. Le sort de MTU Friedrichshafen, la branche moteurs Diesel du constructeur de propulseurs, est tout aussi problématique. Sa présence au sein du groupe AEG n'a guère de cohérence avec la nouvelle stratégie définie par le groupe allemand. Mais elle a au moins un avantage. Elle est rentable.

USINE NOUVELLE N°2484

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