Electrique: Toyota signe un accord avec le chinois Singaluto

par Norihiko Shirouzu
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Electrique: Toyota signe un accord avec le chinois Singaluto
Toyota Motor a signé un accord avec la start-up chinoise Singulato pour bénéficier notamment de droits préférentiels permettant d'acheter des "crédits verts" dans le cadre de la mise en place en Chine de quotas pour les véhicules entièrement électriques et hybrides rechargeables. /Photo prise le 5 mars 2019/REUTERS/Pierre Albouy

PÉKIN (Reuters) - Toyota Motor a signé un accord avec la start-up chinoise Singulato pour bénéficier notamment de droits préférentiels permettant d'acheter des "crédits verts" dans le cadre de la mise en place en Chine de quotas pour les véhicules entièrement électriques et hybrides rechargeables.

Avec cette opération, le groupe japonais va proposer à Singulato ses technologies de véhicules électriques, son premier accord du genre avec une entreprise chinoise spécialisée dans le secteur, afin d'accélérer le développement d'un mini-véhicule électrique.

L'accord permettra également à Toyota de mieux comprendre le fonctionnement des start-up chinoises et leurs stratégies sur un marché en pleine mutation, a déclaré Shen Haiyin, le directeur général de Singulato. Deux sources proches du constructeur automobile japonais ont abondé dans le même dans le sens.

"Avec l'électrique, les véhicules autonomes et le services de mobilité qui bouleversent le secteur, les pratiques anciennes doivent être revues", a déclaré l'une des sources proches de Toyota.

"Nous produisons des voitures depuis un siècle, mais cela ne doit pas nous empêcher de rester humbles face aux nouveaux entrants".

Toyota va octroyer une licence à Singulato pour utiliser son eQ, une mini voiture équipée d'une batterie électrique. L'accord devrait être annoncé mardi au salon de l'automobile de Shanghai, où Singulato dévoilera un concept-car basé sur l'eQ.

Singulato va adapter le design de la voiture aux préférences chinoises afin de proposer un modèle plus abordable d'ici 2021 et équipé d'une plus grande autonomie.

"Cet accord nous permet d'économiser du temps et de l'argent pour développer une voiture fiable et nous concentrer sur ce sur quoi nous excellons", a déclaré Shen Haiyin à Reuters.

Les conditions financières ne devraient pas être divulguées. Une source proche de Singulato a déclaré que la start-up avait accepté de débourser "plusieurs dizaines de millions de dollars" pour l'eQ.

Toyota a déclaré sans plus de précisions prendre diverses mesures pour accélérer ses activités en Chine, un marché stratégique.

PARTAGE DE TECHNOLOGIES

Fondée en 2014, la start-up chinoise est soutenue par Intel et le groupe de négoce japonaise Itochu. Elle fait partie de la cinquantaine de jeunes pousses chinoises spécialisées dans les véhicules électriques qui tentent de tirer leur épingle du jeu dans un marché hautement concurrentiel.

Singulato prévoit de commercialiser cette année sa première voiture électrique équipée d'une batterie développée en interne, baptisée iS6. Ce modèle sera notamment en concurrence avec ceux de Nio et WM Motor.

La version eQ de Singulato, baptisée iC3, sera connectée et proposera des fonctions de conduite autonome et un système d'infodivertissement.

Toyota a vendu 100 eQ en 2012 avant de mettre fin à ce modèle en raison à l'époque des contraintes liées aux véhicules électriques comme leur prix, leur autonomie réduite et la durée du temps de recharge.

Singulato pense cependant que les progrès technologiques, notamment dans les batteries, ont depuis changé la donne.

Shen Haiyin estime que l'iC3 sera en mesure d'effectuer un trajet de 250 à 300 km avec une seule recharge. La voiture sera proposée au tarif d'environ 100.000 yuans (13.180 euros) et la start-up chinoise compte en écouler 200.000 unités sur cinq ans.

Selon les deux sources proches de Toyota, l'accord s'inscrit dans le cadre d'une accélération du partage de technologies avec la Chine, un pays dans lequel le constructeur japonais veut se renforcer.

Soucieuse de lutter contre la pollution et stimuler son propre secteur automobile, la Chine a fixé des quotas stricts pour les voitures dites à énergie nouvelle (NEV) qui doivent représenter au moins un cinquième des ventes dans le pays d'ici 2025, ce qui met sous pression les constructeurs automobiles sur le plus grand marché du monde.

Un constructeur n'ayant pas atteint son quota à la possibilité d'acquérir des crédits NEV (voitures dites à énergie nouvelle) auprès d'un autre disposant de crédits excédentaires ou de payer des pénalités.

Toyota avait déclaré auparavant qu'il serait en mesure d'atteindre ses quotas sans devoir acheter de crédits auprès d'un autre. Le groupe japonais a également accepté de produire et de commercialiser une voiture pour GAC Motor, son partenaire dans une coentreprise, ce qui lui permettra de générer des crédits verts.

Fiat Chrysler a choisi ce mois-ci de s'allier à Tesla afin que ses voitures soient comptabilisées avec celles du constructeur américain de véhicules électriques, ce qui permettra au groupe italo-américain de ramener le chiffre moyen des émissions de dioxyde de carbone de ses voitures à un niveau autorisé.

(Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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