Electricité : production, consommation et exportations en baisse

La filiale de transport d’électricité d’EDF, RTE, a présenté le bilan électrique français 2009... une année mitigé.

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Electricité : production, consommation et exportations en baisse

2009, c’était l’année de la crise et nous aurions pu nous attendre à voir un net recul de la consommation électrique dans le pays. Globalement, il s’est limité à 1,6%, soit 486 TWH, contre 495TWh en 2008. C’est bien sûr la consommation industrielle qui a connu la baisse la plus importante à -8,7% par rapport à 2008 et -12,6% par rapport à 2007. Cet indicateur fort de la morosité du secteur industriel est toutefois légèrement atténué dans les trois derniers mois de l’année, où la consommation a retrouvé le niveau 2008 (mais reste en deçà de 2007). En revanche, la consommation des secteurs domestiques, tertiaires et des services publics a cru de 2%. Au final, ce recul de 1,6% est relativement modéré au regard de nos voisins belges (-6%), Allemands (-5%), grecs (-4,7%) ou encore Espagnols (-4,6%). En 2010, la consommation devrait progresser de 1,5 à 2,5% par rapport en 2009, hors événement économique imprévisible.

Malgré cette consommation moyenne inférieure, l’année 2009 a établi sans surprise le « record » (si tant est que l’on puisse parler de record) de pic de consommation à 92 400MW (le 7 janvier 2009)… et encore, cette valeur aurait pu atteindre 93 400MW sans la crise. Le 12 janvier 2010, un nouveau record était attendu à 93 000MW, mais une valeur de « seulement » 91 600 MW a finalement été atteinte. Selon RTE, ces chiffres ne relatent pas uniquement des températures exceptionnellement inférieures aux normales saisonnières (-7 à 8°C) mais aussi des nouveaux usages de la population ; par exemple, la multiplication de nos appareils nomades sur batteries (téléphones, baladeurs audio et vidéos, portable, livre électroniques…) qui sont tous mis en recharge aux mêmes heures le soir. Les pointes de consommation devraient atteindre 104 000MW en 2015 et 108 000MW en 2020. Aujourd’hui, la sensibilité à la température de la consommation électrique s’établit à 2100MW par °C et atteindra 2500 MW en 2025 – comprendre : pour un degré en moins en hiver, la consommation croît de 2100 MW en moyenne. Cette valeur doit être aussi ajustée par « l’impression de froid » des consommateurs, liée aux conditions climatiques, dont l’effet, non-négligeable, est pris en compte pour les prévisions de consommations.

40% de plus pour l’éolien

Tout comme la consommation, la production a aussi baissé en 2009, : elle s’est établie à 518,8 TWh, soit -5,5% par rapport à 2008. En forte baisse, la production nucléaire a reculé de 6,8% à 380 TWh. C’est la plus faible production depuis 1999. Cette chute est liée à la faible disponibilité des réacteurs. L’énergie hydraulique a également reculé de 9,2% à 61,8 TWh, la cause étant les maigres précipitations. Les combustibles fossiles ont naturellement compensé cette baisse, en connaissant une croissance de 3,1% à 54,8 TWh.

L’éolien a cru de 39,9% à 7,8 TWh. Cette énergie représente aujourd’hui environ une part non négligeable de la production nationale : 1,5%. L’adaptation des réseaux à l’intermittence de cette source de production est donc d’autant plus d’actualité. En ce sens, RTE s’est équipé du nouvel outil de prévision IPES (Insertion de la production éolienne et photovoltaïque dans le système électrique). Enfin, les autres sources renouvelables, en particulier la biomasse, ont cru de 7,5% à 4,4 TWh.

Les échanges aux frontières connaissent un net recul. La France conserve un solde positif d’échange avec 24,6 TWh exportés. Ce nombre diminue toutefois de 47% par rapport à 2008 et de 66% par rapport à l’année record 2002. Avec cette valeur, la France demeure toutefois le premier exportateur européen devant l’Allemagne (22 TWh en 2008, valeur non connue mais en baisse en 2009). Parmi les surprises de l’année, la France devient importatrice nette depuis la Belgique et l’Allemagne.

Par ailleurs, en 2009, la France a importé de l’électricité à un moment de la journée pendant 169 jours, contre seulement 43 jours en 2008. Elle a été importatrice nette pendant 57 jours, contre seulement 20 jours en 2007 (année 2008 non significative sur ce point). RTE précise que cette forte importation pour le pays ne reflète pas un manque de moyen de production d’EDF, de GDF-Suez ou d’autres énergéticiens du territoire. En revanche, elle souligne que la France a acheté de l’énergie moins chère, malgré le transport, à l’étranger.

En 2009, RTE a investi 1,03 milliard d’euros, soit une hausse de 23% par rapport à 2008. Elle a franchi le cap symbolique du milliard d’euro. En 2010, l’actionnaire de RTE l’a autorisé à investir jusqu’à 1,116 milliard d’euros. Cette somme sera, entre autre, consacrée aux raccordements de l’EPR Flamanville, à la mise en place de la nouvelle interconnexion France-Espagne. Elle participera également à l’objectif de faire passer la capacité d’interconnexion aux frontières de 10 à15 GW d’ici 2020. Enfin, elle assurera la modernisation du réseau en PACA et Bretagne. Ces deux régions, véritables péninsules électriques, sont un problème récurrent de RTE. Le faible nombre de moyens de production locaux induit des risques de sous-tensions. Au mois de décembre, le réseau a connu deux situations à risque, avec une coupure du courant affectant 2 millions de personnes en PACA pour l’un d’eux.

Ludovic Dupin









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