EIT Raw Materials, le MIT européen des matières premières

La sécurisation des approvisionnements en matières premières et l’usage raisonné des matériaux dans l’industrie automobile et aéronautique, la mobilité électrique, les énergies nouvelles et l’électronique éco-conçue sont au cœur des activités de l’EIT Raw Materials, un cluster européen d’accompagnement de l’innovation qui a posé l’une de ses antennes à Metz et ouvert cinq autres centres entre la Finlande à l’Italie.

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EIT Raw Materials, le MIT européen des matières premières
L'Ecole nationale d'ingénieurs de Metz (Enim) héberge l'EIT Raw Materials CLC Central.

Au cœur de la Vallée des matériaux, tout au fond d’un couloir de l’Enim (Ecole nationale d’ingénieurs de Metz) se cache la représentation française de l’un des clusters les plus prometteurs – et les plus méconnus – en termes d’upscaling de l’innovation matériaux et matières premières. L’EIT Raw Materials est l’une des filiales de l’écosystème KIC/EIT, une initiative européenne de soutien à l’innovation déclinée dans l’énergie (KIC InnoEnergy), la santé (EIT Health), la transition numérique (EIT Digital), le climat (Climate KIC) et, bientôt, l’alimentation (EIT Food). Les bureaux de Metz sont l’une des six filiales (ou centres de co-location) du siège berlinois EIT Raw Materials GmbH, dont l’actionnaire unique est l’association éponyme (EIT Raw Materials EV).

Cet instrument financé par la Commission européenne a vocation à rapprocher du marché la R&D appliquée. Pour cela, elle réunit des partenaires industriels, des instituts de recherche et des établissements de formation du secondaire autour de projets innovants. De la création de cursus spécialisés (masters) adaptés aux besoins des entreprises à la commercialisation de solutions innovantes, l’EIT Raw Materials finance tous les stades finaux de l’innovation.

De l’extraction au recyclage

Ses domaines d’intérêt sont au nombre de six : "l’exploration-production de matières minérales (automatisation, engins électriques, etc), la mine en milieux difficiles (sécurisation et extraction), l’efficacité de l’usage des ressources dans les process industriels et la métallurgie (avec un intérêt fort pour la fabrication additive), le recyclage des matières minérales et des alliages, la substitution des matières critiques (notamment dans les énergies renouvelables, la mobilité et l’électronique) et, enfin, le design et l’écoconception", énumère Didier Zimmermann, le directeur général de l’EIT Raw Materials de Metz.

Des formations d’excellence pour l’industrie

Côté formation, l’EIT Raw Materials espère flécher vers l’industrie les meilleurs étudiants en master et doctorants. Pour cela, il identifie les besoins des industries et finance les formations de haut niveau correspondant à ces besoins. "Cela peut passer par le montage de nouveaux masters et doctorats, ou par le revamping de formations existantes en y ajoutant des modules sur la chaîne de valeur, le business-plan, etc. Nous travaillons également avec des industriels pour répondre à leurs besoins en formation continue", explique Didier Zimmermann.

120 projets industriels soutenus

Une fois membres de l’ETI Raw Materials pour un ticket d’entrée compris entre 30 000 euros (avec un seuil de subvention à 300 000 euros) et 100 000 euros (pas de seuil de subvention sur les projets sélectionnés), les industriels partenaires peuvent bénéficier à la fois de l’accès à un réseau de partenaires pour lever les freins technologiques qu’ils rencontrent et au financement de projets structurés avec les membres de ce réseau. "Chaque projet devra être présenté en consortium entreprise - institut de recherche – école, explique Didier Zimmermann, qui précise : le prochain appel à projet sera clos les 31 mars 2017. Il vise des projets classés 5 à 9 sur l’échelle des TRL" (technology readyness level), une échelle d’évaluation du degré de maturité atteint par une technologie. C’est-à-dire des projets pré-validés en laboratoire ou pilote, prêts à être testés en environnement représentatif des conditions industrielles. "Ce sont souvent des projets qui ont bénéficié, en amont, de l’accompagnement d’autres instruments comme FP7 [7e programme-cadre de recherche de l’Union européenne, ndlr] ou Horizon 2020".

Que viennent chercher ici Eramet, Suez, Veolia, Arkema, ArcelorMittal et tant d'autres ? Certains d’entre eux ne souhaitent communiquer aucun détail sur leurs projets en cours. D’autres ont accepté de lever un coin de voile sur les innovations qu’ils préparent avec des partenaires comme le BRGM, le CEA, les instituts allemands Fraunhofer, l’INP Grenoble ou les Universités de Bordeaux et de Lorraine. C’est ici que le groupe minier et métallurgique français Eramet est venu chercher de l’aide pour développer deux projets à 2 millions d’euros : la tablettisation de poussières d’alliages à fins de valorisation et, avec Boliden qui a remplacé la SLN néocalédonienne comme fournisseur de mattes de nickel à l’usine de Sandouville, la valorisation de coproduits de la transformation du nickel. L’an prochain, le groupe présentera un nouveau projet lié à l’extraction du lithium. Un projet né sur un salar argentin, mais qui pourrait être décliné dans les centrales géothermiques européennes.

Les composites au cœur de la substitution

Les matériaux composites ne sont pas oubliés par l’EIT. En son sein, Arkema développe avec l’IRT M2P un pilote de production de structures de renfort de portières automobiles à base de composites, un élément important à la fois pour l’allègement des véhicules et pour la réduction des besoins en acier. Arkema est également très impliqué dans la fourniture de nouveaux matériaux pour les anodes et cathodes des batteries. La PME Nanomakers, enfin, doit démarrer l’an prochain un projet de substitution du graphite des batteries lithium-ion par un matériau composite à base de silicone, qui améliorerait les cycles de charge et l’autonomie.

Innovation très open

Avec Veolia, le partenariat prend une autre forme. Le géant français du recyclage et des services de base a travaillé avec l’EIT sur l’entrepreneuriat, et a partagé avec le cluster son expérience de détection de start-ups innovantes. L’EIT Raw Materials de Metz soutient aujourd’hui 7 start-ups sur des projets de sécurisation des approvisionnements en matières premières. Cinq se trouvent en France et deux en Allemagne.

"Après une première période où nous avons laissé la priorité aux industriels présents dans le consortium de départ, nous sommes très ouverts à l’entrée de nouveaux partenaires", glisse Didier Zimmermann. Cet appel du pied du directeur de l’EIT Raw Materials de Metz s’explique par la durée de mise en œuvre des projets. Lancé à l’origine pour 7 ans, cet instrument européen va faire le plein de projets d’une durée de 2 à 3 ans en 2017 et 2018, projets qui se termineront à la fin de cette première phase, en 2021. Ensuite… Tout dépendra des succès issus de cette belle aventure.

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