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Eiffel, entrepreneur plus qu'ingénieur

Marine Protais

Publié le

Dans son livre « Gustave Eiffel, le triomphe de l'ingénieur », Frédéric Seitz décrypte les origines du mythe Eiffel. On y découvre que ses talents d'entrepreneur surpassaient ses aptitudes d'ingénieur.

Eiffel, entrepreneur plus qu'ingénieur © Armand Collin

Gustave Eiffel n'a pas eu l'idée de la tour Eiffel. Mais il a trouvé les financements et sollicité tous ses réseaux pour la construire. Le livre de Frédéric Seitz « Gustave Eiffel, le triomphe de l'ingénieur » revisite le mythe Eiffel et tente de comprendre comment cet ingénieur méconnu est parvenu à construire un véritable empire industriel.

"Gustave Eiffel avait des capacités entrepreneuriales remarquables, il savait trouver les talents et les faire travailler", s'enthousiasme Frédéric Seitz. Ce sont en fait Maurice Koechlin et Emile Nouguier, deux ingénieurs de son bureau d'études, qui ont conçu la tour Eiffel. Au départ, Gustave Eiffel ne croyait pas au projet mais il laisse ses deux ingénieurs l'élaborer et achète leurs brevets ensuite. Il trouve les financements nécessaires et sait convaincre les acteurs politiques pour la faire construire. "C'était un chef d'entreprise qui savait très bien s'entourer", résume Frédéric Seitz. Les vingt premières années, Eiffel devient l'exploitant commercial de la tour.

Le livre retrace l'enfance et la jeunesse de Gustave Eiffel. "Il intègre Centrale mais ne brille pas, il le dit lui-même", précise Frédéric Seitz. Le jeune ingénieur s'oriente vers la construction métallique par défaut. Il obtient un diplôme de chimie dans l'espoir de reprendre l'usine de son oncle. Ca ne sera pas le cas. Il décide alors de se tourner vers la construction où il commence comme conducteur de travaux. Le métal connaît un essor considérable au XIXème siècle. "C'est une période de révolution industrielle, il y a un énorme besoin de construire vite et à moindre coût, notamment des chemins de fer. Le métal présente ces avantages", rappelle Frédéric Seitz.

L'usine Eiffel

La construction s'industrialise. Les pièces en métal sont fabriquées en usine puis montées sur le chantier. De fait, Gustave Eiffel devient un industriel. "Les pièces de la structure en métal de la statue de la liberté ont été mises en boîtes dans les atelier Eiffel à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)", illustre Frédéric Seitz. L'ingénieur est aussi reconnu pour son organisation rationnelle sur le site de construction. On ne compte qu'un seul mort durant tout l'assemblage de la tour Eiffel, un exploit pour l'époque.

L'entreprise Eiffel exporte et se diversifie. Frédéric Seitz ose la comparaison avec Bouygues. "Je connais peu d'entrepreneurs de BTP, à part Eiffel et un autre grand groupe, qui se sont diversifiés", constate l'auteur. A 60 ans, Eiffel s'investit dans trois secteurs: la TSF, la météorologie et l'aéronautique. "C'est un homme qui avait besoin de défis", assure Frédéric Seitz. Il a notamment construit un modèle d'avion dont la technologie est réutilisée dans l'aéronautique contemporaine.

L'auteur de son propre mythe

Frédéric Seitz décrit un homme qui n'a pas peur d'écraser les autres pour servir ses intérêts. Lorsqu'Eiffel crée la société Gustave Eiffel and Cie, le contrat qu'il signe avec son associé et actionnaire majoritaire Théophile Seyrig, lui donne les pleins pouvoirs. Seyrig est écarté de la direction. Dans l'affaire du canal de Panama, le scandale du siècle, il est accusé de corruption. "Il n'y a pas de bons hommes d'affaires qui ne se salissent pas les mains", plaisante Frédéric Seitz.

"On attribue à Eiffel des structures qu'il n'a jamais conçues", s'amuse encore l’auteur. Très soucieux de son image, Eiffel a construit un mythe de son vivant qui perdure. Son nom a été associé à une marque du constructeur Eiffage, et son visage imprimé sur des billets de banque. Ses inventions d'ingénieur restent d'actualité: les ponts en arc par exemple. Tout comme ses méthodes entrepreneuriales qui inspirent les managers d'aujourd'hui.

Marine Protais

Gustave Eiffel - Le triomphe de l'ingénieur, Frédéric Seitz et Vincent Duclert, Armand Collin, 304 p., 25,00 euros

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