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Égypte, les travaux du pharaon

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Égypte, les travaux du pharaon © Mayanais - Flickr - C.C.

Les entreprises citées

Valeurs démocratiques ne riment pas toujours avec valeurs en Bourse, comme le montre l’évolution du marché boursier cairote. En Égypte, depuis le débarquement de l’ex-président Morsi il y a onze mois, l’EGX 30, l’indice vedette, a bondi de 65%. La place du Caire est même redevenue la deuxième d’Afrique après Johannesbourg. À quelques jours de la présidentielle des 26 et 27 mai, dont le seul suspense semble être, hormis les possibles violences, la participation et l’ampleur de la majorité promise à Abdel Fattah al-Sissi, la corbeille vote donc pour ce maréchal de 59 ans, à la retraite, qui a troqué le kaki pour le costume. Celui qui fait l’objet d’un culte de la personnalité pesant, a, s’il est élu, bien des défis devant lui.

À commencer par la sécurité et le retour à la concorde, sur fond de lutte terrible entre l’État et les Frères musulmans. Parmi les grands travaux du pharaon, un autre sera aussi épineux : redresser l’économie, gage de stabilité sociale. Et il y a du travail. Titubante depuis la chute de Moubarak en 2011, l’Égypte a vu sa croissance chuter et ses dettes grimper. Le déficit public dépasse 11% du PIB. Les taux d’intérêt à dix ans pointent à 15%. Si le canal de Suez assure encore de belles recettes, les touristes ont fui. L’industrie et le commerce patinent. Les réserves de changes peuvent couvrir à peine deux mois d’importations. Et avec l’arrivée des grosses chaleurs, la crise énergétique ressurgit : l’industrie affronte d’incessantes coupures de courant. Abdel Fattah al-Sissi se donne deux ans pour redresser ce pays à qui le FMI prédit 2,3% de croissance cette année et 4,1% en 2015. Il pourra compter sur quelques-unes des grandes fortunes du pays prêtes à composer avec lui, comme le libéral Naguib Sawiris, le patron d’Orsacom (un copte qui a les barbus en horreur).

À cela s’ajoutent les dons ou prêts promis par les pays du Golfe (hormis le Qatar, ami des Frères musulmans) pour maintenir leur allié à flot. Au total : 12 milliards de dollars ! Les entreprises étrangères ne sont pas en reste. Les investissements étrangers qui s’étaient effondrés (en 2012, le Maroc en a reçu plus que l’Égypte), repartent. Beaucoup parient sur le rebond du géant du monde arabe et ses 90 millions d’habitants. Information incongrue quand on évoque le chaudron égyptien, le 26 novembre, Ikea ouvrait son premier magasin au Caire ! Enfin, il y a l’armée. Présente dans tous les rouages de l’économie, l’étendue de son pouvoir financier reste inconnue, mais va bien au-delà des 2% du PIB avancés par l’aspirant président, qui peut compter sur son soutien car elle est certaine de garder ses privilèges. Fort à propos, elle a conclu, début mars, avec l’émirati Arabtec un projet d’investissement de 40 milliards de dollars pour 1 million de logements sociaux. En Égypte, le kaki c’est du béton.

Pierre-Olivier Rouaud

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