Effondrement sur un site de déchets nucléaires aux Etats-Unis

Un incident a eu lieu sur le site de stockage de déchets nucléaires Hanford, aussi appelé la poubelle nucléaire des Etats-Unis. Si aucune contamination n’a été déclarée jusqu’à présent, le site a connu de nombreux incidents depuis sa création, remettant sur le devant de la scène les problèmes liés au stockage des déchets nucléaires.

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Effondrement sur un site de déchets nucléaires aux Etats-Unis

En plein cœur du site de stockage de déchets nucléaires Hanford, au sud de l’Etat de Washington, un effondrement du sol a mis à jour ce mardi 9 mai des réservoirs de déchets de haut niveau. Le Département de l’énergie des Etats-Unis (DOE), propriétaire du site, indique que le trou de 6 mètres sur 6 a été découvert au cours d’une mission de surveillance de routine. Il se situe au-dessus du croisement de deux tunnels, fermés au milieu des années 90. L’un, de 110 mètres de long, contient 8 wagons remplit de déchets, le deuxième, plus grand, en cache 28.

« La structure de ces tunnels reçoivent une grosse pression depuis 67 ans. La matière radioactive est extrêmement corrosive. On ne sait pas grand-chose des tunnels car seuls des robots y vont » explique Kate Brown, professeure d’histoire à l’université de Maryland et auteure de « Plutopia : American Plutonium Disasters » en 2013, primé par la société américaine d’histoire environnementale. Mais la zone sur laquelle a eu lieu l’incident, nommée PUREX, correspond à un ancien centre d’extraction de plutonium et d’uranium. Il produisait plus de 2/3 du plutonium des USA entre 1940 et 1960. « Le plutonium est très toxique, c’est le pire de tous les isotopes » poursuit Kate Brown.

Critiqué pour l'absence de traitement des déchets

Au cours de la journée, les employés présents sur le site ont été évacués ou confinés. Le Département américain de l’énergie (DOE) atteste jusqu’à présent qu’aucune trace de contamination n’a été détectée. Cependant le site de Hanford, qui contient environ 255 millions de litres de déchets radioactifs et chimiques stockés dans 177 réservoirs souterrains, a déjà connu de nombreuses fuites et est largement critiqué pour l’absence de traitement des déchets.

Etalé sur 94.3 km2, environ la superficie de Paris, ce site a été ouvert en 1943 pour produire, entre autres, le plutonium et l’uranium nécessaires aux bombes atomiques utilisées durant la seconde guerre mondiale au Japon. Des déchets ont été enfouis dans des tunnels bien avant la fermeture du dernier réacteur en 1987. Suite à une douzaine de fuites recensées dans les années 60, 28 nouveaux réservoirs ont été installés. Mais les fuites ont continué.

Depuis la décision du Département de l’énergie de nettoyer le site en 1991, plusieurs plans de traitements se sont succédés, en vain. « En 2015, après des décennies d’efforts, l’usine de traitement des déchets est encore en phase de planification. Les déchets de haut niveau restent dans les réservoirs dont certains continuent de fuir » note Kate Brown dans un article du Time. Et ce, malgré les spots publicitaires expliquant la décontamination du site. En 2013, le Gouverneur de l’Etat de Washington indique la présence d’une fuite importante provenant d’un des réservoirs à double coque (le AY-102). Ce dernier insiste sur l’urgence et l’obligation de la part du département de l’énergie de remédier au problème.

Un nettoyage à plus de 100 millions de dollars

Un document de travail pour la récupération, le traitement et l’élimination des déchets de Hanford, publié en 2013 fait état de plusieurs problèmes techniques. Les fuites sont liées à la portion liquide des déchets. Une partie de ces liquides ont été pompés et envoyés vers de nouveaux réservoirs. Mais l’immobilisation n’a ensuite jamais été réalisée. Pas plus que le traitement des déchets transuraniens, c’est-à-dire des radionucléides issus de la fission de l’uranium, tel que le plutonium, le neptunium ou encore le curium. Ceci n’aurait pu être réalisé à cause « de problèmes techniques non-résolus à ce jour » selon le document du Département de l’énergie. Les réservoirs de déchets de Hanford y sont considérés comme « les réservoirs de déchets radioactifs les plus complexes et hétérogènes des Etats-Unis ». L’usine de traitement n’a ainsi pas encore été construite. Pour l’instant le nettoyage du site devrait coûter plus de 100 millions de dollars (92 millions d’euros) d’ici à 2060.

Plus d’infos sur www.hanford.gov et www.energy.gov. Vous pouvez également suivre ces événements sur le facebook du site Hanford.

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