Efficacité énergétique : des solutions existent déjà pour lutter contre le changement climatique et stimuler la compétitivité !

Publié le

Alors que le réchauffement climatique est au coeur des débats, d'importants gisements d'économies d'énergies restent inexploités. En particulier dans le domaine de l'efficacité des moteurs électriques. Des normes ont été votées, mais elles tardent à entrer en application, selon Jacques Mulbert, Président d'ABB France.

Efficacité énergétique : des solutions existent déjà pour lutter contre le changement climatique et stimuler la compétitivité !

Après des années à lutter contre le réchauffement climatique, on pourrait croire que toutes les mesures les plus simples ont été prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour autant, au lendemain de l’Accord de Paris de la COP 21, des solutions somme toute élémentaires restent à exploiter.
 
Il n’est pas ici question de solutions à petite échelle. Nous parlons de solutions de grande envergure particulièrement efficaces. Imaginez : l’utilisation de moteurs électriques écoénergétiques sur toutes les pompes et ventilateurs associés à un variateur de vitesse permettrait d’économiser 3 338 TWh (3,3 millions GWh), soit l’équivalent de la quantité d’énergie électrique produite dans l’Union européenne en 2013*.
 
L’opportunité est énorme car les moteurs électriques comptent parmi les plus gros consommateurs d’énergie. Ils alimentent tous types d’équipements et représentent environ 40 % de toute l’électricité consommée à l’échelle mondiale. Dans l’Union européenne (UE), ils sont à l’origine d’environ 12 % des émissions de CO2, derrière les équipements de chauffage**.
 
Ces dernières années, l’UE, avec plusieurs autres pays, tels que les États-Unis et la Chine, a imposé de nouvelles règles prescrivant la suppression des anciens moteurs électriques énergivores. Ces règles MEPS (Minimum Energy Performance Standards) spécifient les niveaux d’efficacité minimum acceptables d’un produit. Elles tendent à devenir de plus en plus strictes. Dans l’UE par exemple, les règles imposant une classe d’efficacité énergétique supérieure pour les moteurs électriques sont entrées en vigueur en janvier 2015.
 
Ces normes permettront à terme la mise à niveau de la base installée des moteurs électriques. Mais au rythme actuel de leur mise en œuvre, elles n’aboutiront probablement pas aux économies d’énergie requises pour atteindre les objectifs environnementaux fixés, d’autant que la consommation d’énergie mondiale est appelée à augmenter de 30 % dans les 15 prochaines années.
 
Cela tient au fait que ces normes MPES spécifient l’efficacité des moteurs électriques, plutôt que l’efficacité des systèmes incluant un moteur électrique. Aussi efficace soit-il, si un moteur ne peut réguler sa vitesse en fonction de la charge, il fonctionnera toujours à plein régime. La législation est actuellement en train de changer pour tenir compte de cela — par exemple, les règles de l’UE, entrées en vigueur en janvier 2015, spécifient que certains moteurs (moins efficaces) doivent être capables d’ajuster leur vitesse. Mais seuls 10 % environ des moteurs électriques en service dans le monde sont actuellement équipés de variateurs de vitesse, alors que les économies d’énergie réalisables sont considérables — jusqu’à 50 % dans certains cas.
 
Autre défi de taille : établir des normes communes à l’échelle mondiale. Une récente étude diligentée par la Commission européenne*** a conclu que si les normes actuelles les plus strictes concernant l’efficacité énergétique des produits étaient harmonisées aujourd’hui, la consommation d’énergie mondiale finale serait inférieure de 9 % et la consommation d’énergie résultant spécialement des produits serait inférieure de 21 %. Cela permettrait d’économiser 8 950 TWh d’électricité, soit l’équivalent de la fermeture de 165 centrales électriques au charbon ou du retrait de 132 millions de véhicules de la route.
 
Parmi toutes les actions possibles pour limiter les émissions de carbone, aucune ne va au-delà de la simple promesse d’améliorer l’efficacité énergétique. Nombreuses sont les autres mesures qui peuvent être mises en place immédiatement, sans crainte d’affecter la croissance économique.
 
 Vu que les investissements dans les technologies écoénergétiques sont amortis en une année, voire deux, grâce à la réduction des coûts énergétiques, ils peuvent considérablement stimuler la compétitivité et, par le remplacement d’anciens équipements, générer une activité économique supplémentaire. Quoi de plus élémentaire comme solution !
 
* Ce calcul est fondé sur la base installée des entraînements à vitesse variable d’ABB, qui couvre environ 20 % du marché mondial et permettrait selon les estimations d’économiser quelque 445 TWh d’électricité par an.
 
** Source : Commission européenne
 
*** « Savings and benefits of global regulations for energy efficient products », Union européenne, septembre 2015
 
Jacques Mulbert, Président de ABB France

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte