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Éducation : Une nouvelle licence tout-terrain

Publié le

Le ministère de l'Education nationale a habilité une première vague de licences professionnelles dans les universités. Le Medef a participé aux choix, mais reste vigilant.

Les entreprises citées

Elles sont près de 200 à être aujourd'hui agréées et à récolter, à la hâte, les inscriptions des étudiants de tout poil pour la rentrée 2000. 4 000 places sont offertes. Seul impératif : être bac + 2. Les licences professionnelles, troisième année à part entière, brassent très large. Tous les Deug, BTS, DUT, de sensibilité littéraire, scientifique ou technique, peuvent prétendre à ce nouveau diplôme national lancé par les ministres en charge de l'Education, Jack Lang et Jean-Luc Mélenchon. La chose n'est pas commune. C'est bien la première fois que l'Université tout entière ne rechigne pas à travailler main dans la main avec les entreprises. La preuve ? Elle a présenté 530 projets. L'idée, certes, n'est pas neuve. Car il s'agit bien de professionnaliser les cursus ; d'offrir de vraies qualifications à ces cohortes d'étudiants engouffrés dans le premier cycle universitaire : 914 000 en 1999, avec un très fort taux d'échecs. Seulement, dans les amphis, il n'était pas d'usage de former directement pour un emploi. Hormis dans les IUT, créés il y a trente ans.


Un cursus ouvert à la formation continue

Voulue par Claude Allègre, dans le cadre d'une harmonisation européenne des diplômes, la licence professionnelle à bac + 3, homologuée au niveau II (et non plus à niveau III, comme pour le bac + 2), est censée répondre aux besoins d'" emplois intermédiaires ", entre techniciens supérieurs et ingénieurs. Notamment dans les PMI. Tout en palliant le déficit croissant de compétences transversales, désormais indispensables. Sans nier cette évolution, le Medef s'est pourtant fait longtemps tirer l'oreille. Hostile à la poursuite systématique des études, en aucun cas il ne voulait de diplôme à caractère académique. " Nous avons accepté une expérimentation sous deux conditions : que le diplôme soit le plus pragmatique possible, en phase avec les professions, et donc conçu sans strict cadre horaire ; que les entreprises soient impliquées par des stages de plusieurs semaines ", explique l'organisation patronale. Plus une troisième condition : l'ouverture de cette " licence new look " aux salariés par le biais de la formation continue. En exploitant, le cas échéant, la validation des acquis de l'expérience. Le patronat a été entendu. Membre de la commission nationale d'expertise, tout comme les syndicats de salariés, il a passé au crible les dossiers, en binôme avec les universitaires. Au final, le cadrage horaire reste souple (de deux cent soixante heures à sept cents heures), et les stages durent de douze à seize semaines. Quant au projet tutoré, conformément au décret de création, il représente au moins un quart du volume de formation (hors stage). Autre objet de satisfaction : le nombre élevé de licences dans les métiers de l'informatique et des réseaux (26 au total), où la pénurie guette. " Dans un objectif d'insertion, il fallait retenir les métiers porteurs avec des débouchés. Dans ce domaine, comme dans celui du multimédia, certains experts se sont montrés conciliants. Considérant que le projet pouvait s'améliorer ensuite ", commente Maurice Pinkus, représentant de l'UIMM à la commission nationale. Toutefois, il n'hésite pas à souligner la faiblesse de certains dossiers, peu convaincants en termes de formation continue. Au Medef, on craint un peu que ce diplôme " stérilise " les sorties à bac + 2, qui gardent tout leur intérêt. " L'idéal, c'est de considérer cette licence comme une tubulure. Un " deux ans plus quelque chose ", et non pas un " deux ans plus un ". " Je rêve d'une troisième année en différé, après une expérience en entreprise ", développe un responsable de l'organisation patronale. Côté salariés, on laisse résolument sa chance au nouveau diplôme, car, même s'il occulte l'aspect alterné de la formation - beaucoup prévoient un stage à la fin -, il peut répondre au mal d'orientation des adolescents, et récupérer ceux qui sont en difficulté. " Mais attention aux dérives ! prévient la CFDT. On a vu passer pas mal de dossiers de circonstances, émanant d'instituts privés attirés par le financement. Ou des appellations trop larges, voire une année destinée aux seuls BTS ou DUT. " Les IUT réclament, eux, un fléchage financier clair. Un comité de suivi sera constitué en septembre, l'expérimentation durant trois ans. Avec d'autres projets à la clé. Mais la chose est convenue : si une licence ne trouve pas son public ou ses débouchés, elle sera supprimée. Marie-Madeleine Sève






 

 

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