EDF veut résoudre son conflit aux USA et vise les émergents

par Nina Sovich

Partager

PARIS (Reuters) - EDF paraît décidé à résoudre rapidement le conflit qui l'oppose à Constellation Energy Group et pourrait céder sa participation au capital du groupe américain, lui préférant l'attrait des pays émergents où une série de contrats sont pressentis dans le nucléaire.

Alors qu'EDF voit son rôle s'élargir pour devenir celui d'un chef de file du nucléaire français sur la scène internationale, son PDG Henri Proglio aurait tout intérêt à négocier avec Constellation pour résoudre rapidement leur différend, estiment des analystes.

EDF est en conflit avec son associé américain car ce dernier envisage d'exercer l'option d'un précédent accord l'autorisant à vendre à l'électricien français jusqu'à deux milliards de dollars d'actifs qui, de l'avis des analystes, valent beaucoup moins.

"Il y a tellement d'opportunités et le gouvernement français a demandé à EDF de mener 'l'équipe française'. Il ne serait pas surprenant qu'EDF se demande si l'investissement dans Constellation est vraiment une bonne utilisation des ressources", estime Tony Ward, analyste chez Ernst and Young.

Henri Proglio devrait choisir la voie de la négociation plutôt que de vendre ses parts dans Constellation et enregistrer une perte pour clore ce dossier qui a mis en lumière les difficultés d'une prise de participation minoritaire au capital d'un groupe de nucléaire.

Mais des analystes ajoutent que, quelle que soit la façon dont il réglera la question, EDF le fera probablement rapidement.

L'électricien français a annoncé fin juillet une provision de 1,1 milliard d'euros liée aux risques sur la rentabilité de Constellation Energy.

Dans un entretien au Baltimore Sun, Henri Proglio a déclaré que l'exercice par Constellation de son option constituerait un "point de rupture" qui "anéantirait la crédibilité de la direction" du groupe américain.

EDF SE TOURNE VERS LES ÉMERGENTS

EDF a investi près de 6,5 milliards de dollars aux Etats-Unis depuis 2007, ces investissements ayant été principalement décidés alors que Pierre Gadonneix était encore la tête du groupe, avant d'être remplacé par Henri Proglio fin 2009.

"L'élan qui poussait à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux Etats-Unis s'est essoufflé au cours de la dernière année. Le climat politique a changé. D'autres opportunités paraissent aujourd'hui plus intéressantes", explique Benjamin Leyre, analyste chez Exane BNP Paribas.

Quoiqu'EDF continue de regarder d'éventuels investissements aux Etats-Unis, le groupe a reporté son attention vers les pays émergents, particulièrement la Chine, Taiwan, la Jordanie et l'Inde, où la régulation est moins contraignante.

"Proglio veut se focaliser sur l'Europe et l'Asie et remporter des contrats dans les pays où il y a moins de litiges en justice et une régulation plus légère", explique un banquier basé à Paris.

Cet attrait pour les pays émergents rend la participation d'EDF dans Constellation moins prioritaire.

Benjamin Mallet pour le service français, avec Marie Mawad, édité par Dominique Rodriguez

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS