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EDF va décaler de plusieurs décennies le démantèlement des plus anciens réacteurs nucléaires, selon l'ASN

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EDF souhaite revoir sa stratégie de démantèlement des six réacteurs graphite-gaz construit en France entre 1950 et 1970. L’Autorité de Sûreté Nucléaire craint un fort report de ces opérations.

EDF va décaler de plusieurs décennies le démantèlement des plus anciens réacteurs nucléaires, selon l'ASN
Le réacteur UNGG de Chinon au moment de la construction en 1963
© EDF

EDF a été auditionné le 29 mars dernier par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) au sujet du démantèlement des réacteurs de type uranium naturel graphite-gaz (UNGG). L’électricien a annoncé vouloir revoir sa stratégie et le rythme de ces opérations. Dans le scénario initial, EDF prévoyait le démantélement des caissons "sous eau". Cette stratégie est abandonnée au profit d’un démantèlement "sous air". Par ailleurs, l’entreprise veut mener à bien le démantèlement complet d’un de ces réacteurs avant d’engager le chantier des autres.

"Cette nouvelle stratégie conduit à décaler de plusieurs décennies le démantèlement de certains réacteurs au regard de la stratégie affichée par EDF en 2001 et mise à jour en 2013", indique l’ASN dans un communiqué du 2 juin. De son côté EDF assure que la stratégie de démantélement immédiat, préconisé par le gendarme du nucléaire, n'est pas remise en cause. Les opérations en cours ne seront pas stoppées et l'ensemble des installations périphériques seront démantelées dans les quinze prochaines années, assure l'entreprise.

L'ASN demande désormais à "EDF de justifier de manière détaillée ce changement, en démontrant le respect des exigences législatives relatives au démantèlement dans un délai aussi court que possible de l’ensemble de ses réacteurs UNGG".

Une filière abandonnée depuis 46 ans

Les réacteurs UNGG ont été développés dans les années 1950 et 1960 par le CEA et EDF. Utilisant de l’uranium non enrichi sous forme métallique, cette filière a l’intérêt de s’épargner toute la phase d’enrichissement du combustible En revanche, l’inertie thermique de ces réacteurs était très forte et leur système de refroidissement utilise du dioxyde de carbone gazeux (contrairement à l’eau dans un réacteur classique).

Cette filière a été abandonnée en 1970 à la faveur des réacteurs à eau pressurisée de technologie américaine. Entre temps, la France a construit six réacteurs de ce type : trois à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), deux à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) et une au Bugey (Ain).

Ludovic Dupin

 

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03/06/2016 - 00h44 -

Technicien en métallurgie à la retraite, d'une société sidérurgique fournisseur de fabriquants de boulons destinés aux circuits primaires de nos centrales nucléaires, j'ai toujours entendu dire lors de mes contacts avec l'ASN, EDF, et a l'époque FRAMATOME, que la qualité des aciers commandés etait spécifiee pour une durée de vie maxi de 40 ans, et que d'ailleurs le prix du KWh vendu intégrait le coût du démantèlement
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