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L'Usine de l'Energie

"EDF, une épine dans le pied de ceux qui veulent libéraliser l’énergie", selon la CGT-Mines-Energie

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Entretien Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la CGT-Mines-Energie, réagit vivement au changement de direction à la tête d’EDF. Elle s’inquiète du virage énergétique en cours qui pourrait conduire à la destruction du service public de l’énergie.

EDF, une épine dans le pied de ceux qui veulent libéraliser l’énergie, selon la CGT-Mines-Energie © Luc Perenom

L'Usine Nouvelle - Comment accueillez-vous le changement de tête chez EDF ?

Marie-Claire Cailletaud - Nous sommes très inquiets. Il y a d’abord la loi de transition énergétique qui a été votée mardi 14 octobre en première lecture à l’Assemblée. Nous avons pointé de grands dangers dans cette loi pour tout le secteur de l’énergie et pour EDF. Nous pensons à la privatisation des barrages hydroélectriques, au plafonnement arbitraire du nucléaire et à la régionalisation de la production et de la distribution. Et deux jours plus tard, le 16 octobre, nous avons un nouveau patron chez EDF. Il est clair que Jean-Bernard Lévy est nommé pour appliquer cette nouvelle feuille de route

Mais cette loi va dans le sens de l’histoire ?

Je réfute ce terme de sens de l’histoire. Ce qui est décrit par la loi apparait comme un modèle vers lequel il faudrait aller irrésistiblement. Aujourd’hui, la vraie direction est de donner de l’énergie à tout le monde en diminuant les émissions de gaz à effet de serre. Sur ce dernier point, il faut viser le secteur des transports. Les choix du gouvernement, comme sur l’écotaxe, montrent bien que son premier objectif n’est pas de lutter contre les émissions des gaz à effet de serre.

Le développement des énergies renouvelables va plutôt dans le bon sens. Qu’en pensez-vous ?

Il faut que notre bouquet énergétique évolue en fonction de la maturité des énergies. Et cette maturité se regarde par le prisme du social, de l’environnement et de l’économie. Elle ne se regarde pas à travers un dogme. Or, aujourd’hui, on voit que tous les pays qui ont massivement développé les énergies renouvelables ont dû faire appel à beaucoup d’énergies thermiques. Il y a beaucoup d’incohérences dans tout ce débat. Nous avons l’impression que tout est fait pour rentrer de force dans le cadre de l’accord pré-électoral entre le PS et EELV.

En quoi les changements actuels menacent le secteur énergétique et EDF ?

Il existe un besoin de rapprocher l’énergie au plus près des citoyens. Pour l’efficacité énergétique ou la distribution, il faut une connaissance fine des contextes locaux et elle existe au niveau des territoires. Nous soutenons l’évolution du modèle vers plus de démocratie et de transparence. Mais il ne faut pas que ce mouvement altère l’équilibre du système électrique français et qu’il détruise la péréquation tarifaire.

Or certains cherchent à casser le modèle de cohérence nationale. EDF est une épine dans le pied de ceux qui veulent libéraliser l’énergie en Europe. Le véritable objectif est de s’attaquer au service public de l’énergie, EDF ! Nous sommes à un tournant du monde de l’énergie, cela se voit à travers les grands changements de dirigeants des groupes énergétiques. Et ce virage va vers plus de déréglementation et plus de hausse des coûts de l’énergie.

Dans ce contexte, que pensez-vous de l’arrivée de Jean-Bernard Lévy ?

Nous ne nous exprimons pas sur les personnes en tant que telles. Nous attendons de pouvoir juger leurs projets sociaux et industriels. Après, changer la tête d’une entreprise alors qu’il y a des grands projets en cours comme le grand carénage, - une ambition de 55 milliards d’euros qui en fera le premier chantier de France - peut déstabiliser dangereusement l’entreprise. Et le fait que Jean-Bernard Lévy vienne du monde des télécoms n’est pas pour nous rassurer. L’objectif de ce secteur a été, comme dans les transports, de tout déréguler.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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