EDF : un ingénieur musulman se bat pour pourvoir accéder de nouveau aux centrales nucléaires

Un ingénieur musulman, employé par un sous-traitant d'EDF, s'est engagé dans une bataille judiciaire pour regagner son autorisation d'accès aux centrales nucléaires, suspendue après un avis défavorable de la préfecture de l'Aube. Aucune justification n'avait alors été donnée car cette décision était couverte par le secret défense. Le tribunal administratif se prononcera fin août sur ce dossier.

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EDF : un ingénieur musulman se bat pour pourvoir accéder de nouveau aux centrales nucléaires

[Actualisation du 18 août à 14h45] Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne décidera fin août, lors d'une audience collégiale, de redonner ou non à l'ingénieur musulman son autorisation d'accès aux centrales nucléaires, a fait savoir son avocat.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) se penche ce lundi 18 août sur la situation d'un ingénieur musulman, à qui l'accès aux sites nucléaires a été interdit en début d'année.

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Une interdiction d'accès sans justification

Employé depuis février 2012 par la même société sous-traitante d'EDF, l'intéressé avait obtenu une autorisation d'accès aux sites nucléaires en 2012 et 2013. Mais en mars 2014, il s'est vu refuser l'accès à la centrale de Nogent-sur-Seine suite à un avis défavorable de la préfecture de l'Aube.

L'avocat du du Collectif contre l'islamophobie (CCIF), qui défend l'ingénieur, soupçonne que c'est la religion de son client qui a posé problème. "Il est inconnu des services de police et n'a pas de casier judiciaire", a commenté à l'AFP, Me Sefen Guez Guez.

L'avis de la préfecture n'était pas justifié car il est couvert par le secret défense, mais "il va de soi que le préfet n'a pas émis un avis défavorable en fonction de critères de religion ou de race. On juge sur des éléments liés à la sécurité", a indiqué de son côté le cabinet du préfet.

"Doute sérieux sur la légalité de la décision"

En juin, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait toutefois estimé qu'il y avait "un doute sérieux sur la légalité de la décision" puisque "ni EDF, ni le préfet de l'Aube n'ont précisé quelles caractéristiques justifiaient l'interdiction d'accès".

Le juge avait alors suspendu l'interdiction et l'ingénieur avait pu pénétrer de nouveau dans quelques centrales, selon son avocat. Mais en juillet dernier, EDF lui a de nouveau refusé l'accès à un site en s'appuyant sur le même avis. Il a donc introduit un nouveau référé qui est examiné par le tribunal administratif.

"C'est un serpent qui se mord la queue, a regretté la préfecture. La réglementation ne prévoit pas la motivation de l'avis du préfet et le tribunal administratif ne fait que constater qu'il n'est pas motivé".

En janvier le tribunal administratif de Nice avait annulé à deux reprises un arrêté pris par le préfet des Alpes-Maritimes qui suspendait l'habilitation d'un employé musulman de l'aéroport de Nice. Le juge avait estimé que la décision ne comportait "aucun élément matériel précis et circonstancié".

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