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Quotidien des Usines

EdF : Sur les traces de France Télécom ?

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EdF met à la diète ses fournisseurs et avec eux toute une industrie.

EdF se met à la diète. Et avec elle, c'est toute la filière de la construction électrique industrielle qui est touchée.

La décision du groupe public de geler tout investissement non indispensable à la sécurité ou au service public est grave. Car, son budget achats s'élève tout de même à 8 milliards d'euros par an, soit plus de 50 milliards de francs. Bien sûr, en matière d'investissements, EdF n'est pas un paquebot facile à arrêter. Il n'empêche : cette décision va toucher de nombreuses entreprises du secteur à un moment où le ralentissement de l'investissement est déjà très sensible dans le secteur privé !

Alors que ses comptes pourraient basculer dans le rouge cette année, EdF avait-il le choix dans ce climat marqué par la crise financière qui fait tanguer France Télécom. Tout comme l'opérateur de télécoms, EdF paye aujourd'hui le prix de sa coûteuse expansion internationale par un endettement qui grève ses comptes.

Certes, tous deux ont eu raison de chercher à compenser l'ouverture à la concurrence de leur marché national par une offensive hors de leurs frontières. Et, dans le cas d'EdF, le secteur énergétique n'a pas été victime d'une «bulle» spéculative qui aurait temporairement gonflé les prix. Mais, rien ne dit aujourd'hui que ces acquisitions chèrement payées, voire surpayées, ne vont pas durablement mettre les comptes sous pression, et peut-être un jour contraindre à des dépréciations d'actifs (voire notre enquête du 27 juin 2002).

Tout comme France Télécom, EdF a cherché à profiter le plus longtemps possible de sa situation privilégiée sur son marché domestique en mettant à contribution ses clients français. La décision de Matignon de bloquer cet été la hausse des tarifs domestiques, même prise pour des raisons discutables puisque avant tout politiques, a été en la matière un rappel à l'ordre.

Reste un terrain où EdF demeure très en retard sur France Télécom, celui de la culture d'entreprise. Avant de symboliser l'explosion de la dette de France Télécom, Michel Bon aura réussi à faire muer un monopole public qui ne connaissait que des abonnés en une entreprise concurrentielle qui s'est mise à courtiser ses clients. EdF reste un groupe où une portion anormale de la valeur ajoutée assurée par un parc nucléaire très performant et largement amortie est accaparée par ses salariés sur fond d'une quasi cogestion associant la toute-puissante CGT.

Les 35 heures - devenues très officiellement les 32 heures - n'ont rien arrangé. Alors que l'ouverture du marché français à la concurrence va dans quelques mois franchir une nouvelle étape, la percée tout récente du syndicat contestataire Sud dans certains bastions de la forteresse montre que le temps presse si la direction veut faire évoluer l'entreprise sans mettre en cause la tradition de paix sociale. Un défi qui sera tout aussi difficile à relever que celui du rétablissement des comptes.

Jean-Léon Vandoorne

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