EDF renonce à convertir sa centrale au charbon de Cordemais

PARIS (Reuters) - EDF a renoncé à mettre en oeuvre un projet de conversion de sa centrale au charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en raison notamment d'un manque de rentabilité, selon un courrier de son PDG Jean-Bernard Lévy adressé à la CGT.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

EDF renonce à convertir sa centrale au charbon de Cordemais
EDF a renoncé à mettre en oeuvre un projet de conversion de sa centrale au charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en raison notamment d'un manque de rentabilité, selon un courrier de son PDG Jean-Bernard Lévy adressé à la CGT. /Photo prise le 2 mars 2021/REUTERS/Benoit Tessier

Emmanuel Macron s'était engagé à fermer les quatre dernières centrales françaises fonctionnant au charbon avant la fin du son quinquennat, mais la programmation pluriannuelle de l'énergie adoptée en 2020 a permis de poursuivre l'exploitation de celle de Cordemais au-delà de 2022 pour des questions de sécurité d'approvisionnement.

Alors que le projet Ecocombust - défendu avec force par les syndicats - prévoyait d'utiliser en partie des granulés de bois pour faire tourner la centrale, son abandon implique que Cordemais continuera à brûler du charbon mais que son exploitation à pleine puissance sera limitée à environ 750 heures par an.

Jean-Bernard Lévy explique dans son courrier à la CGT que deux raisons ont conduit la groupe à mettre un terme à Ecocombust : un coût qui ne permettra pas de garantir "un prix du produit attractif par rapport au marché actuel" et le départ du projet de Suez, annoncé en avril, qui aurait entraîné un retard dans la date de mise en service industrielle à 2024.

"Plus récemment, l'envolée des prix des matières premières en cette période de crise sanitaire a encore alourdi le coût d'investissement global", ajoute le PDG dans son courrier, que Reuters a pu consulter.

Jean-Bernard Lévy souligne dans le même temps que l'abandon d'Ecocombust "ne remet aucunement en question" l'exploitation de la centrale au-delà de 2022, d'autant que le gestionnaire des lignes à haute tension française RTE en a confirmé le besoin jusqu'en 2024, voire 2026.

Il évoque aussi la possibilité qu'EDF mette en place à Cordemais un démonstrateur industriel dans le cadre de ses travaux sur un parc "thermique décarboné".

EDF n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, la centrale de Cordemais emploie 355 salariés et représente 390 emplois indirects. Alors qu'EDF a arrêté en mars la production de sa dernière autre centrale au charbon en France, au Havre (Seine-Maritime), les fermetures définitives de celles de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle), exploitées par GazelEnergie, sont prévues d'ici au printemps 2022.

(Reportage Benjamin Mallet ; édité par Jean-Michel Bélot)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    AVRIL
ARTICLES LES PLUS LUS