EDF: Net repli au premier semestre, économies et cessions face au coronavirus

PARIS (Reuters) - EDF a publié jeudi des résultats en net repli au titre du premier semestre 2020, marqués par la baisse de la consommation d'électricité et de la production nucléaire liés au coronavirus, et a annoncé un plan d'économies et de cessions pour compenser les effets de la crise sanitaire.
EDF: Net repli au premier semestre, économies et cessions face au coronavirus
EDF a publié jeudi des résultats en net repli au titre du premier semestre 2020, marqués par la baisse de la consommation d'électricité et de la production nucléaire liés au coronavirus, et a annoncé un plan d'économies et de cessions pour compenser les effets de la crise sanitaire. /Photo prise le 7 juillet 2020/REUTERS/Pascal Rossignol

L'électricien public français, dont l'Etat détient 83,6% du capital, a précisé dans un communiqué qu'il visait 500 millions d'euros de réduction des charges opérationnelles entre 2019 et 2022, avec une stabilisation de ses investissements nets à environ 15,0 milliards en moyenne par an sur la période 2020-2022, ainsi qu'un montant de cessions d'actifs d'environ 3 milliards sur 2020 à 2022.

Ce plan "vise à permettre la poursuite du déploiement de la stratégie CAP 2030 tout en assurant la solidité du bilan du groupe avec un ratio d'endettement financier rapporté à l'Ebitda maintenu à environ 3 chaque année sur la période 2020-2022".

EDF également annoncé qu'il visait désormais pour 2020 un bénéfice avant impôts, charges financières, dépréciations et amortissements (Ebitda) compris entre 15,2 et 15,7 milliards d'euros, contre un objectif de 17,5 à 18,0 milliards annoncé avant la crise sanitaire.

Son nouvel objectif repose sur la base du périmètre et des taux de change au 1er janvier 2020, ainsi que sur une prévision confirmée de production nucléaire de 315 à 325 térawatts-heure (TWh) en France cette année, le groupe ayant relevé ses objectifs en la matière début juillet après les avoir fortement revus à la baisse en avril sous l'effet du coronavirus.

A fin juin, la production des centrales nucléaires françaises, perturbée par l'impact de la crise sanitaire sur les opérations de maintenance notamment, accuse une baisse de 14,6% par rapport au premier semestre 2019, à 174,0 TWh.

Interrogé sur l'éventualité d'une seconde vague épidémique en France, le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy a déclaré lors d'une conférence téléphonique que le groupe se jugeait "prêt" à y faire face mais qu'il resterait "très vigilant".

RISQUE DE NOUVEAU RETARD ET SURCOÛT À FLAMANVILLE

Il a aussi indiqué qu'EDF ne comptait procéder à de plans sociaux massifs et qu'il régulerait ses effectifs en ne remplaçant pas tous les départs et en facilitant la mobilité de ses salariés vers des activités "à plus fort potentiel" que celles qui les emploient.

Evoquant le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), le groupe a souligné que toutes les activités de construction sur site avaient été temporairement interrompues entre mi-mars et début mai, "ce qui pourrait engendrer des délais et des coûts supplémentaires".

EDF a enregistré à fin juin un résultat net courant de 1,3 milliard (-9,6%), un Ebitda de 8,2 milliards (-2% en variation brute, -1,6% en organique) et un chiffre d'affaires de 34,7 milliards (-4,9% en variations brute et organique).

Il accuse dans le même temps une perte nette part du groupe de 701 millions d'euros (contre un bénéfice de 2,5 milliards), en particulier en raison de dépréciations d'actifs.

Le groupe estime l'impact du coronavirus à un milliard d'euros au niveau de son Ebitda semestriel.

EDF ne distribuera pas d'acompte sur dividende en 2020 mais maintient son objectif de taux de distribution du résultat net courant compris entre 45% et 50% pour les années 2020 à 2022, l'État s'étant engagé à opter pour un paiement en actions du dividende relatif à 2020 et 2021.

Concernant le programme dit de "grand carénage", visant à allonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises, EDF a indiqué qu'une "revue" de celui-ci était en cours et que des discussions avec l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) "pourraient conduire à des investissements additionnels dans les années à venir".

Par ailleurs, les échanges entre les services de l'État et la Commission Européenne sur la refonte de la régulation du parc nucléaire français se poursuivent, "sans certitude d'aboutissement à ce stade".

(Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault)

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