EDF milite pour une électricité "décarbonée" sans abandonner le charbon

EDF, le géant de l'électrique français, est le premier producteur d'énergie renouvelable en Europe. Lors d'une conférence de presse mardi 13 octobre, à quelques semaines de la COP21, il a plaidé pour une électricité "décarbonée". L'électricien continue tout de même d'exploiter des centrales à charbon.

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Centrale thermique du Havre - Crédits : EDF

EDF a réaffirmé lors d'une conférence de presse mardi 13 octobre, sa volonté de produire une électricité "décarbonée" et a plaidé pour un prix du carbone élevé. Le géant français de l'énergie est partenaire de la COP21, la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. Il fournira en électricité le site de l'évènement, au Bourget. Une électricité très faiblement carbonée, mais qui ne sera pas 100 % propre. "Nous nous engageons à compenser les résidus d'émissions via des mécanismes de compensation carbone", a précisé Claude Nahon, directrice développement durable d'EDF.

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"Le champion de la croissance bas carbone"

Pour son objectif stratégique CAP 2030, EDF veut être le "champion de la croissance bas carbone", en doublant sa production d'énergie renouvelable de 28 à plus de 50 gigawatts. "Nous avons émis 17 grammes de CO2 par kilowattheure en 2014 et nous prévoyons d'être en dessous en 2015, c'est vingt fois moins que la moyenne européenne, se félicite Claude Nahon. Nous avons la chance d'être dans un pays exemplaire. L'intensité carbone de la France s'établit à 0,15 tonne de CO2 par unité de PIB, contre 0,36 tonnes aux Etats-Unis et 0,24 tonnes en Allemagne."

"Nous ne pouvons pas fermer nos deux dernières centrales charbon en France"

98% de la production électrique française d'EDF est garantie sans CO2, mais quid des 2% ? EDF n'a pas de projet de nouvelles centrales charbon en France, sans pour autant stopper la totalité de sa production d'électricité carbonée.

L'électricien a réduit de 3 000 mégawatt sa production d'électricité à base de charbon entre 2013 et 2015, en fermant ses dix unités de production au charbon les plus vétustes, en modernisant les plus récentes, et en mettant en place des cycles combinés gaz et des turbines à combustion.

EDF possède encore deux centrales thermiques charbon en France, au Havre (Seine-Maritime) et à Cordemais (Loire-Atlantique), qui produisent chacune 800 à 1 000 grammes de CO2 par kilowattheure. "Nous ne pouvons pas fermer ces centrales pour le moment, nous serions accusés de faire monter le prix de l'électricité en faisant de la rétention de capacité", s'explique Claude Nahon.

Ailleurs en Europe, EDF possède une dizaine de centrales à charbon, en Pologne, en Italie, en Belgique et aux Royaume-Uni. L'électricien n'a pas annoncé de fermeture, mais "une revue stratégique de l'ensemble des actifs fossiles d'EDF en Europe continentale est en cours", précise Claude Nahon. "Cette revue stratégique devrait prendre fin en 2016, nous ne pouvons pas affirmer qu'il y aura des fermetures pour le moment."

En chine, EDF construit une centrale charbon supercritique

En Chine, EDF construit une centrale à charbon supercritique qui sera livrée en 2016 à Fuzhou. Cette technologie est dite "propre" parce qu'elle permet d'améliorer le rendement de la centrale et donc de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. L’eau est soumise à de très hautes températures sous très haute pression. Cela lui permet de passer à l'état gazeux sans phase d’ébullition et d'améliorer ainsi considérablement l’efficacité du système. Les centrales supercritiques restent toutefois émettrices de 800 grammes de CO2 par kilowattheure, contre 900 grammes pour une centrale classique.

EDF estime que le charbon en Chine représente près de 80% de la production d'électricité et continuera d'occuper une place importante, plus de 60% à l'horizon 2020. L'électricien français est propriétaire de cinq centrales thermiques en Chine via ses filiales.

Un green bond d'1,25 milliard de dollars

EDF n'a pas annoncé la fermeture de ses dernières centrales charbon en France ni ailleurs en Europe, et continue d'investir dans le charbon en Asie. Toutefois, c'est bien dans le nucléaire et les énergies renouvelables que l'électricien investit majoritairement. "Un tiers de nos investissements bruts sont pour les énergies renouvelables, rappelle Claude Nahon. C'est plus que pour le nucléaire." L'électricien a récemment levé une obligation verte de 1,25 milliard de dollars pour financer des projets liés aux énergies renouvelables.

Marine Protais

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