EDF : "Le gouvernement attaque sa propre pépite", selon la CFE-CGC Energies

Christian Taxil, le secrétaire général de la CFE-CGC Energies, s’inquiète de l’avenir d’EDF et du manque de consultations du gouvernement sur le projet de loi de transition énergétique. Ce mardi 27 mai, le syndicat révélait un projet de vente d’une partie du capital d’EDF. Malgré un démenti du ministère de l’Economie, l’homme veut rester vigilant.

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EDF :

L'Usine Nouvelle - Est-ce que la vente d’une partie du capital d’EDF est aujourd’hui une éventualité crédible ? Et si oui, dans quel but ?

Christian Taxil - Si nous avons communiqué, c’est que nous avions des sources multiples sur la cession du titre EDF. Nous les avons jugées suffisamment crédibles pour déclencher notre communication. Nous n’avions pas d’éléments précis sur le but de cette cession, l’Etat cherche de l’argent et ce n’est pas la première fois que cette idée est envisagée. Pour l’heure, le gouvernement a démenti et nous sommes satisfaits, même si nous restons attentifs sur le long terme

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Est-ce que le désengagement partiel de l’Etat aurait des conséquences graves ?

Ce n’est pas la question. Nous avons largement contribué au débat national sur la transition énergétique. Nous sommes un syndicat de proposition, nous sommes constructifs… mais nous voulons du dialogue.

Quand on apprend une cession, même si elle se limite à 1 ou 2 %, nous ne pouvons pas la valider sans connaître le projet industriel qui se cache derrière. S’il y a un vrai plan pour l’avenir énergétique de la France - par exemple autour d’Alstom - nous voulons en discuter !

Vous avez demandé à être reçu par les ministres en charge des sujets liés à l’énergie. Quel message portez-vous ?

Le gouvernement a beaucoup consulté au moment du débat national sur la transition énergétique. Mais depuis de nombreuses décisions sont prises en catimini. Par exemple, il n’y a pas eu de consultation avec la ministre Ségolène Royal sur sa proposition de création de sociétés d’économies mixtes pour le renouvellement des concessions de barrages hydroélectriques.

Nous avons le sentiment qu’elle a plus d’échanges avec les ONG qu’avec les syndicats. Pourtant, on ne fera pas bouger les entreprises sans l’adhésion des salariés. Nous sommes là pour accompagner les projets, pas pour les découvrir le lendemain.

Est-ce qu’EDF est malmenée aujourd’hui ?

Nous considérons qu’il y a un certain nombre d’attaques contre EDF, comme la remise en concurrence des concessions de barrages hydroélectriques. Nous ne pouvons pas laisser dépecer ce service public.

Depuis 1946, nous avons construit une entreprise dont le but est d’apporter le meilleur service aux Français et certainement pas de la profitabilité aux actionnaires. EDF est une entreprise d’Etat. C’est un puissant outil pour mener la transition énergétique. Alors pourquoi le gouvernement attaque sa propre pépite ?

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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