Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

EdF-Gaz de France Pas de fusion sans dépeçage

,

Publié le

Réunir les deux monopoles historiques pour recréer un pôle public et garantir des prix bas de l'électricité et du gaz : l'idée séduit encore certains responsables politiques et syndicaux. Elle induirait pourtant un démembrement des deux groupes par Bruxelles.

Les entreprises citées

L'énergie... thème de campagne. Parmi les cent propositions de Ségolène Royal : créer un pôle public de l'énergie entre EdF et Gaz de France. Un rapprochement préconisé aussi par François Bayrou, qui ne goûte guère la fusion Gaz de France-Suez.

Cette solution est défendue depuis trois ans par FO et la CGT. Elle a été présentée, étude juridique à l'appui, à la commission Roulet, mise en place par Nicolas Sarkozy pour examiner le projet industriel et financier d'EdF en 2004. L'étude en question est celle du cabinet Lévy-Gosselin. Selon elle, une fusion d'EdF et de Gaz de France était « juridiquement possible » sans passer par le couperet de Bruxelles : EdF et Gaz de France réalisaient alors plus des deux tiers de leur activité en France, et auraient donc été soumis uniquement à l'approbation du Conseil de la concurrence français.

Une assertion discutable. A l'époque, la Commission n'avait pas été convaincue, et avait conclu à l'impossibilité de la fusion. A moins qu'EdF ne cède à des concurrents une part du parc nucléaire français pour ne pas avoir de position hégémonique sur la fourniture d'énergie.

Aujourd'hui, sans aucun doute, les deux groupes devraient présenter leur projet à Bruxelles : EdF réalise en 2006 plus de 45 % de son chiffre d'affaires (51 milliards d'euros au total) hors de France, et Gaz de France 39 % (sur 27,6 milliards d'euros). Et un tel rapprochement ne serait pas du tout du goût de Neelie Kroes, la commissaire européenne à la Concurrence. Depuis son arrivée, elle scrute le marché européen de l'énergie. Et il est loin de fonctionner comme elle le voudrait : trop d'oligopoles, pas assez de concurrence ! Or les deux entreprises sont en situation de quasi-monopole en France, et détiennent les deux réseaux de transport et de distribution de gaz et d'électricité.

« Cette fusion n'est pas possible. Nous l'avons envisagée à plusieurs reprises alors que j'étais ministre délégué à l'Industrie, et nous avons renoncé. Elle créerait une position dominante au regard des critères européens », rappelle Christian Pierret, le maire PS de Saint-Dié (Vosges), ancien ministre du gouvernement Jospin, devenu avocat associé au cabinet August et Debouzy.

Autre signe négatif, la dernière fusion retoquée par Bruxelles, en 2004, est justement celle d'EdP et GdP, l'électricien et le gazier historiques portugais (voir ci-contre). « La Commission a un pouvoir de plus en plus fort pour garantir au consommateur le choix entre différents opérateurs », analyse Frédéric Puel, associé du cabinet Fidal et spécialiste, à Bruxelles, du droit de la concurrence.

Même si elle était autorisée, « la fusion EdF-Gaz de France ne pourrait se faire sans couper un bras et une jambe aux entreprises », analyse Christian Pierret. La Commission en profiterait pour demander la cession des précieux et lucratifs réseaux de transport (RTE et GRT gaz).

« Il est absurde de prétendre faire un marché européen de l'énergie et d'apprécier les effets anticoncurrentiels d'une fusion pays par pays. Compte tenu de l'élargissement de l'Union à 27 pays, le nouvel opérateur ne serait pas en position dominante », soutient pourtant Jacky Chorin, administrateur EdF pour Force Ouvrière.

Certes, mais même au plan national, les règles se durcissent. Le 15 mars, l'Office anti-cartel allemand a mis son veto au rachat de 77 % du distributeur régional de gaz et d'électricité Saar Ferngas par RWE, le numéro 1 allemand de l'électricité. La raison : « un renforcement de la position dominante de Saar Ferngas » en Sarre et en Rhénanie-Palatinat. Plus que jamais, le rapprochement Edf-GdF relève du slogan. .

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle