L'Usine Energie

EDF et les chinois auraient trouvé un accord sur l’EPR au Royaume-Uni

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

A l’occasion de la visite présidentielle du Président Xi Jinping au Royaume-Uni, EDF devrait signer un accord global avec deux électriciens chinois pour construire le nouveau nucléaire britannique.


Le site de Hinkley Point - Crédits DR. Robin Somes/CC.

La bonne nouvelle pour EDF devrait officiellement tomber mercredi. A l’occasion de la visite du Président chinois  Xi Jinping au Royaume-Uni, l’électricien français et ses deux homologues chinois CGN et CNNC devrait signer un accord large de coopération au sujet du renouveau du nucléaire britannique. "Nous sommes en négociation finale avec nos partenaires chinois", a assuré Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, au Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-iTélé.

En premier lieu, les deux électriciens chinois devraient entrer au capital des deux EPR qui seront construits à Hinkley Point, un projet à 16 milliards de livres. Reste à savoir à quelle hauteur. EDF espère 40 %, alors que les chinois viseraient plutôt 30%. Deuxièmement, les électriciens pourraient signer une lettre d’intention pour une seconde centrale EDF à Sizewell ( comté de Suffolk). Enfin, il s’agirait de s’entendre sur un projet de construction du réacteur chinois Hualong sur un site EDF à Bradwell.

Selon  Les Echos, les partenaires chinois d'EDF devraient prendre 33,5% du projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Une triple entente

Cet accord est clé pour les trois parties prenantes. Pour Londres, le remplacement des anciens réacteurs nucléaires est clé. Le pays a été pionnier dans le nucléaire civil en Europe. Il a décidé que son mix électrique du futur reposerait sur le renouvelable et l’atome. Il est donc temps de remplacer les réacteurs en fin de vie, dont certains ont déjà était prolongés. En octobre 2013, le gouvernement britannique a signé un accord avec EDF pour la construction de deux EPR à Hinkley Point et lui a garanti un tarif généreux de rachat à 92,5 livres par mégawattheure pendant 35 ans.

Pour EDF, le lancement de ce gigantesque chantier est un enjeu majeur pour assoir sa place sur le marché britannique et pour montrer qu’il sait fabriquer des réacteurs. Alors que les difficultés de l’EPR de Flamanville (Manche) ont écorné l’image de l’architecte-ensemblier, la réussite du projet britannique lui ouvrira les portes du nouveau nucléaire mondial et du renouvellement des réacteurs en France. Le risque est que le chantier Hinkley Point érigera des EPR "ancien modèle", qui ont donné du fil à retordre en France à EDF et en Finlande à Areva. D’aucuns auraient souhaité qu’EDF attende le développement en cours de l’EPR Nouveau Modèle plus constructible. Mais cela aurait reculé le projet de plusieurs années.

Des chinois à la conquête de l’Europe

Pour les électriciens chinois, il s’agit de pénétrer le marché nucléaire européen via l’Angleterre et d’être adoubé par une référence du nucléaire : EDF. Si la filière chinoise mène à bien de nombreux chantiers nucléaires sur son territoire (26 en cours), il lui reste à exporter sa technologie hors de ses frontières. En particulier, Pékin compte sur le Hualong, le premier réacteur de 3ème génération (comme l’EPR) de conception chinoise, dont une unité est en construction à Fuquing au sud-est du pays sur la côte.

Ludovic Dupin
 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte