EDF/Edison : les négociations prolongées jusqu'au 30 octobre

Henri Proglio, PDG d'EDF, disposera de 45 jours supplémentaires pour convaincre les Italiens. EDF cherche à prendre le contrôle d'Edison depuis des années. Depuis le scandale provoqué par le rachat de Parmalat par Lactalis, les acquisitions de sociétés italiennes restent un sujet sensible.

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EDF/Edison : les négociations prolongées jusqu'au 30 octobre

EDF, premier groupe énergétique français, va t'il enfin prendre le contrôle de son concurrent italien Edison ? A l'issue d'une rencontre avec Henri Proglio, le ministre du Développement économique italien Paolo Romani a annoncé une prolongation des négociations.

EDF est déjà le principal actionnaire d'Edison. Mais le pacte qui partage les pouvoirs entre les divers détenteurs du capital refuse au français tout contrôle opérationnel. EDF et ses partenaires devaient initialement trouver un accord avant le 15 mars 2011. Arrivé à cette date, ils se sont donné six mois de plus pour négocier. Il reste aujourd'hui dix jours avant la date butoir du 15 septembre : elle est donc repoussée une nouvelle fois, au 30 octobre.

Fin mai, Henri Proglio déclarait qu'il voulait renforcer la position d'EDF au sein d'Edison. Il était alors confiant sur sa capacité à convaincre le gouvernement et les industriels italiens. Le projet d'accord présenté en mars prévoyait une prise de contrôle d'Edison par le groupe français. Le regroupement des actions détenues directement par EDF avec la part de Transalpina di Energia qu'il détient devait aboutir à une acquisition de fait. Mais le ministre de l'économie Giulio Tremonti a posé son veto sur cette décision, pour défendre l'italianité d'Edison. Une nouvelle version de cet accord est actuellement négociée.

Mais d'autres affaires sont venues interférer avec les négociations. En mars de cette année, LVMH a acheté le bijoutier italien Bulgari. En juin, Lactalis a finalement réussi à prendre le contrôle de Parmalat. Cette dernière fusion a provoqué un tel scandale que le parlement italien a voté une loi spécifique, pour rendre plus complexe l'acquisition des entreprises nationales.

Dix ans de manoeuvres capitalistiques

EDF a acheté ses premières actions Edison en 2001. Ce qui avait déjà provoqué une polémique en Italie. Le ministre de l'Industrie de l'époque considérait l'énergéticien français comme "un joueur dopé qui ne devrait pas jouer le match". Les Italiens reprochaient aux Français de vouloir conserver un marché de l'électricité fermé. EDF avait alors rétorqué qu'il ne s'agissait que d'une "simple participation financière minoritaire" entrant dans le cadre d'une "diversification de son portefeuille d'actifs financiers en Europe".

Quelques années plus tard, en 2005, le dossier enregistre une avancée importante. EDF assume ouvertement vouloir prendre le contrôle d'Edison. Mi-mai, un accord est même signé avec la régie milanaise AEM. Le groupe français met 4 milliards d'euros sur la table. La gestion d'Edison se fera via un holding détenu à parité par la société milanaise et EDF. Les commentateurs français s'entousiasment, mais les politiques italiens bloquent le dossier.

Pierre Gadonneix, alors président d'EDF, finit par s'impatienter. Interviewé sur le sujet par le Financial Times en 2006, il estime que le débat politique interfèret trop dans les négociations pour permettre une décision. Cinq ans plus tard, c'est toujours au niveau politique que cette affaire sera réglée.

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