EDF décrit des négociations « difficiles » avec l'Europe sur sa réorganisation

Le projet de réorganisation d'EDF ne suscite toujours pas de consensus entre la France et la Commission européenne. L'électricien français a décrit le 12 mai des négociations « difficiles » et incertaines.

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EDF décrit des négociations « difficiles » avec l'Europe sur sa réorganisation
Le projet de refonte d'EDF s'accompagnerait d'une réorganisation de l'entreprise en trois entités. /Photo prise le 11 décembre 2021/REUTERS/Vincent Kessler

Les discussions entre la France et la Commission européenne sur l'avenir d'EDF restent « difficiles », a déclaré mercredi 12 mai l'électricien français. Le groupe est engagé depuis plusieurs mois dans un projet de réorganisation de ses activités. Les négociations avec l'Europe portent sur une nouvelle régulation du parc nucléaire d'EDF qui passerait par une hausse du prix de vente de sa production. Celle-ci s'accompagnerait d'une réorganisation de l'entreprise en trois entités, dont une partiellement privatisée. Une refonte à laquelle s'opposent les syndicats.

« Pas de certitude » sur l'aboutissement des négociations

« Les discussions relatives à la réforme de l’Arenh [Accès régulé à l'électricité nucléaire historique] et à la réorganisation d’EDF se poursuivent entre l’État français et la Commission européenne et elles restent difficiles. Il n’y pas de certitude quant à leur calendrier ni quant à leur aboutissement », écrit EDF dans un communiqué diffusé à l'occasion de la publication de son chiffre d'affaires trimestriel.

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Mardi 11 mai, le ministère de l'Économie a également confirmé à Reuters que ces discussions étaient « difficiles » même si elles avaient connu « des avancées ». Des sources gouvernementales avaient laissé entendre début mars qu'elles pourraient aboutir rapidement afin que le projet soit mis en oeuvre avant l'élection présidentielle française de 2022. Mais, après une série de rencontres avec les syndicats, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait fait savoir début mai qu'il souhaitait se donner davantage de temps pour aboutir à un accord avec Bruxelles.

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Le « grand EDF », un projet stratégique pour le gouvernement

Le projet de refonte d'EDF passerait par la création d'une ensemble regroupant le parc nucléaire et thermique qui serait intégralement renationalisé et qui détiendrait lui-même 100 % d'une entité dédiée à l'hydroélectricité, dans une quasi-régie évitant une mise en concurrence des barrages du groupe. EDF, dont l'État détient aujourd'hui 83,7 % du capital, créerait une troisième entité regroupant les énergies renouvelables, la distribution, les services et la commercialisation, dont le capital serait ouvert à des actionnaires minoritaires - potentiellement à hauteur de 30 % - et qui bénéficierait d'un financement propre.

« Le projet du "grand EDF" est un projet stratégique pour la nation française, parce que c'est un projet qui permet le financement de cet actif stratégique qu'est le nucléaire et le développement massif et rapide d'EDF sur les énergies renouvelables », estime-t-on au ministère de l'Économie. « Un des atouts dont dispose la France, c'est d'avoir une électricité disponible, décarbonée, à un tarif stable, c'est un actif absolument stratégique pour l'économie française [...], nous voulons tout simplement conforter cet actif dans les décennies qui viennent », ajoute le cabinet de Bruno Le Maire.

Hausse des ventes

Parallèlement à cette annonce, EDF a fait état d'un chiffre d’affaires de 21,9 milliards d’euros au premier trimestre, en hausse de 6,2 % sur un an. Les ventes ont notamment été portées par EDF Renouvelables qui a vu son chiffre d'affaires augmenter de 14,4 % à 437 millions d'euros. EDF évoque également l’évolution positive des indexations tarifaires en France, des meilleures conditions de prix de l’électricité et du gaz ainsi qu’un effet climat favorable.

Le groupe a confirmé son objectif d'un Ebitda supérieur à 17 milliards d'euros en 2021 ainsi que son objectif de réduction des charges opérationnelles entre 2019 et 2022 de 500 millions d'euros. EDF vise aussi environ 3 milliards d'euros de vente d'actifs sur la période 2020-2022. Il annonce également l'engagement de l'État pour un paiement en actions du dividende relatif à l'exercice 2021.

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Avec Reuters (Hayat Gazzane, édité par Blandine Hénault)

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