EDF cherche à faire avancer son projet nucléaire aux Etats-Unis

NEW YORK/PARIS (Reuters) - EDF a proposé de consacrer davantage de moyens au projet nucléaire développé avec son partenaire américain Constellation Energy Group à condition que ce dernier renonce à exercer une option susceptible de coûter deux milliards de dollars à l'électricien français.

Partager

Dans une lettre envoyée mercredi au directeur financier de Constellation Michael Wallace, son homologue d'EDF Thomas Piquemal écrit que le groupe français est prêt à prendre à son compte tous les risques et les charges liés au site de Calvert Cliffs jusqu'au démarrage de la construction de ce projet d'EPR.

EDF esquisse également une autre piste : le rachat à "une juste valeur de marché" (fair market value) de la part de Constellation dans leur coentreprise Unistar, avec la possibilité d'associer un autre partenaire américain au projet.

Le groupe français stipule cependant dans sa lettre que Constellation doit renoncer à l'option l'autorisant à vendre à EDF jusqu'à deux milliards de dollars d'actifs qui, de l'avis d'analystes, valent beaucoup moins.

Cette lettre intervient peu après l'annonce par Constellation de son retrait d'un accord portant sur la construction d'un réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR dans l'Etat du Maryland avec EDF, ce qui devrait mettre un terme à ce projet de plusieurs milliards de dollars.

Prévu sur le site de Calvert Cliffs, ce projet était le seul en cours de développement dans le cadre de la société Unistar. Initialement, l'an dernier, EDF visait quatre réacteurs de nouvelle génération EPR aux Etats-Unis, avec une première mise en service fin 2015.

"RESPECTER SON ENGAGEMENT"

En apprenant le retrait de Constellation, EDF s'était dit choqué, estimant que les deux entreprises "étaient dans la dernière ligne droite avec le département de l'Energie".

Le groupe américain a de son côté fait savoir qu'il était prêt à discuter du contenu de la lettre d'EDF. Dans un communiqué, il ajoute cependant qu'il "attend qu'EDF respecte son engagement d'honorer pleinement ses obligations contractuelles", une référence à son option de vente d'actifs non nucléaires.

Dans sa lettre à Michael Wallace, Thomas Piquemal estime pour sa part que si Constellation avait "une attitude imprudente et destructrice au point d'essayer d'exercer son option de vente, EDF résisterait vigoureusement (...) et examinerait les moyens de faire valoir pleinement son dossier. EDF n'aurait pas d'autre choix".

EDF a investi près de 6,5 milliards de dollars aux Etats-Unis depuis 2007, la plupart de ces investissements ayant été engagés par Pierre Gadonneix, le prédécesseur d'Henri Proglio à la tête d'EDF.

Vers 9h30, le titre EDF prenait 0,2% en Bourse de Paris, à 30,88 euros.

Michael Erman, Benoit Van Overstraeten et Benjamin Mallet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS