EDF a évité le pire sur l’EPR de Flamanville

EDF a annoncé le surcoût de l’EPR de Flamanville alors qu’il est sur le point de signer un contrat au Royaume-Uni. Mauvais timing peut-être, mais aussi une manœuvre intelligente pour limiter l’effet de l’annonce du retrait d’Enel du projet.

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EDF a évité le pire sur l’EPR de Flamanville

Lundi 3 décembre en fin d’après-midi, EDF annonce, de manière inattendue, une nouvelle hausse des coûts de son EPR en construction à Flamanville.

Le prix final serait donc de 8,5 milliards d’euros pour une livraison en 2016. Soit 2 milliards de plus que l’estimation de 2011. Un tollé de protestations s’élève immédiatement des organisations antinucléaires et d’Europe Ecologie les Verts, l’allié du gouvernement.

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D’aucuns appellent à stopper la construction pour investir ailleurs ces milliards, à commencer par la ministre du Logement, Cécile Duflot : "Dans une période de sobriété, il y a bien mieux à faire avec 2 milliards d’euros".

Une terrible publicité pour EDF et pour l’EPR, alors même que le groupe est sur le point de signer un contrat avec le Royaume-Uni. L’électricien a reçu une licence pour construire deux réacteurs à Hinkley Point. Et une décision finale d’investissement est attendue pour le mois de janvier 2013.

Décaler de quelques semaines l’annonce de la nouvelle dérive financière aurait pu être bénéfique. Pourquoi EDF a-t-il rendu public ce surcoût monstrueux à ce moment critique ?

En réalité, EDF a dû faire preuve de transparence pour gérer au mieux le défaut de son partenaire Enel. Aucune coïncidence dans l’annonce par l’énergéticien italien, au lendemain de la révélation du nouveau surcoût, de son retrait du projet du réacteur de Flamanville.

Enel en finançait 12,5 %, EDF devra lui verser 690 millions d’euros. Enel a fait valoir des clauses financières portant sur la baisse de rentabilité de l’EPR pour exercer son droit de retrait, mais la raison de la rupture de ce partenariat est le renoncement de l’Italie à l’atome.

Après Tchernobyl, en 1986, la péninsule stoppe tous ses réacteurs. Mais à l’aube du nouveau millénaire, la Botte envisage la construction de 4 EPR. Enel se rapproche donc d’EDF pour acquérir les compétences qui lui manquent. Mais la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, met fin à cette ambition. Enel n’avait plus aucun intérêt à poursuivre son aventure normande.

Si EDF avait laissé à Enel l’initiative d’annoncer son départ, le choc aurait été bien plus important. Cela aurait été perçu comme une défiance de l’italien pour son partenaire français… EDF aurait ensuite dû s’expliquer et révéler la nouvelle facture de l’EPR.

En annonçant en amont le surcoût de l’EPR, le départ d’Enel apparaît presque comme une anecdote au sein de l’histoire mouvementée de la dérive financière du projet. Entre deux maux, EDF a choisi le moindre…

Ludovic Dupin

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