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Les entreprises veulent se faire entendre dans l'économie circulaire

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Les entreprises sont dans la boucle de l’économie circulaire. Plusieurs associations tiennent à montrer leurs efforts et comptent bien peser de tout leur poids à la veille des débats qui vont s’ouvrir autour du projet de loi sur l’économie circulaire, discuté au premier trimestre 2019.

Les entreprises veulent se faire entendre dans l'économie circulaire

Six associations d’entreprises (Afep, C3D, EPE, France Industrie, Inec, Orée) ont organisé, le 25 octobre, un colloque à Paris sur le thème de l’"Economie circulaire, les entreprises dans la boucle !". Elles ont tenu à montrer la réalité de leurs engagements dans le domaine.

Pour l’Association française des entreprises privées (Afep), c’était l’occasion de faire un bilan des 100 engagements pris en février 2017 par 33 de ses membres et de présenter 21 nouveaux engagements. Air France, Bouygues, Carrefour, Danone, Engie, Veolia, Total, Suez, Michelin, entre autres, avaient alors listé une série d'objectifs et fixé des délais pour les atteindre, afin de limiter leur consommation en matières premières, eau ou énergie.

Un bilan qu'elle juge très positif grâce notamment à une démarche volontaire, aux yeux de François Soulmagnon, directeur général de l’Afep. Il cite en exemple l’engagement du Crédit Agricole, qui a recyclé l'an dernier 16,5 tonnes de cartes bancaires, contre un objectif de 10 tonnes, ou encore le groupe de blanchisserie Elis qui est parvenu à réduire de 29 % sa consommation d'eau par rapport à 2010, sur un objectif de 25 % d'ici 2020. Sur l’ensemble des engagements pris, 79 suivent le rythme prévu, 16 sont en avance et un a été arrêté.

A la lumière de ce bilan, François Soulmagnon insiste sur l’importance de travailler ensemble, entreprises et Etat, surtout à la veille du projet de lois sur l’économie circulaire. Pour Fabrice Bonnifet, président de C3D, "l’économie circulaire ne doit pas se limiter à l’efficience du recyclage, mais doit mettre aussi en avant l’éco-conception, pour booster le réemploi, la réparabilité et l’allongement de la durée de vie des produits".

BTP : des progrès à faire dans le réemploi

Dans le secteur du BTP, il est possible d’aller beaucoup plus loin. Fabrice Bonnifet pointe le problème du réemploi des matières premières. Ainsi, certains matériaux de déconstruction recyclés pourraient être selon lui exportés vers des pays émergents... mais il semble que l’on s’éloigne nettement de l’économie circulaire. Les industriels insistent sur les techniques qui permettent aujourd’hui d’inclure beaucoup plus de matières premières secondaires dans la fabrication de béton par exemple. Aujourd’hui on tourne à seulement 20% de matière recyclée dans le béton. Dans les cahiers des charges des donneurs d’ordre, l’incorporation d’un taux de recyclage plus élevé devrait être privilégiée.

Des entreprises volontaires qui s’opposent à la contrainte

Les associations d’entreprises redoutent une chose : qu’on leur impose des contraintes… Elles se voient comme porteuses de solutions, sur la base d’un engagement volontaire. Et la perspective du projet de loi sur l’économie circulaire - qui devrait passer en Conseil des ministres au premier trimestre 2019, puis être débattu au Parlement au printemps, leur imposant à terme de multiples dispositions contraignantes et un paquet fiscal - les inquiètent.

Une loi sur l’économie circulaire

En ouverture du colloque Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire, a répété que le rôle de l’Etat est de donner une vision, de montrer le chemin, "de le baliser de façon très étroite, de mettre des contraintes pour atteindre nos objectifs". Elle évoque, les engagements sur le recyclage avec la division par deux de la mise en décharge d’ici 2025 et la mise à contribution des industriels du tabac pour la gestion des mégots. Elle défend une hausse de la fiscalité et le durcissement des règles des éco-organismes…

Pas de quoi ravir les entreprises qui jugent les contraintes comme contre-productives. Clôturant les échanges, Fabrice Boissier, directeur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), s’est réjoui de constater le passage des discours à l’acte. Cela reste hélas insuffisant. "Si on ne change pas de modèle, on va dans le mur", affirme-t-il.

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