Echanges musclés entre Ségolène Royal et Christian Estrosi

La présidente de Poitou-Charentes s’en est prise au ministre de l’Industrie au micro de RMC. A la suite de la quasi-défection du Turc Alphan Minas, elle invite les «industriels verts» à prendre part, ce vendredi 2 avril, à un nouveau tour de table pour sauver le constructeur des Deux-Sèvres.

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Echanges musclés entre Ségolène Royal et Christian Estrosi

La présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes est montée sur ses grands chevaux, jeudi 1er avril. «Le gouvernement se moque d’Heuliez», a affirmé Ségolène Royal au micro de RMC. Celle-ci réagissait à la mauvaise nouvelle tombée la veille : l’homme d’affaires turc Alphan Manas, appelé à être le nouveau sauveur de ce constructeur automobile à la dérive, avait annoncé son intention de prendre seulement 15 % du capital du constructeur automobile des Deux-Sèvres, soit une injection de dix millions d’euros. Aussitôt, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, a répliqué à Ségolène Royal, cette fois-ci au micro de Radio Classique: «Elle fait peur aux investisseurs et elle inquiète.» Piqué au vif, Christian Estrosi a souligné que le ministère n’avait pas ménagé ses efforts pour trouver une solution en faveur d’Heuliez, «une entreprise privée». Il convient de rappeler que le ministère piloté par Estrosi, à travers le FSI (Fonds stratégique d’investissement) a accepté d’apporter dix millions d’euros au capital d’Heuliez alors que la Région Poitou-Charentes se propose d’en débourser cinq millions.

La présidente de la Région appelle les industriels verts à pendre part, ce vendredi, à un nouveau tour de table pour sauver le troisième constructeur automobile français, au bord de la faillite malgré un produit d’avenir dont il détient les brevets, la voiture électrique Mia. Affirmant que Poitou-Charentes était prêt à garantir une partie des salaires des 600 employés d’Heuliez, Ségolène Royal a évoqué la possibilité de transformer l’entreprise en une «coopérative ouvrière».

Campagne électorale

Sans doute Ségolène Royal aurait-elle pu s’épargner quelques excès d’enthousiasme et de promesses, notamment le 9 décembre 2009, quand elle avait proclamé : «Heuliez est sauvé !» Louis Petiet, président de Bernard Krief Consultant, venait de déclarer qu’il renflouerait les caisses exsangues du constructeur à hauteur de 16 millions d’euros, alors seul repreneur intéressé.

La suite, on la connaît... BKC a fait marche arrière, et Nicolas Sarkozy en personne a promis qu’il mettrait tout en œuvre pour aider Heuliez à retrouver un second souffle. La campagne électorale pour les régionales a donné l’occasion à Ségolène Royal, qui briguait son second mandat de présidente de Poitou-Charentes, d’esquisser un autre avenir pour l’infortunée entreprise. Lors d’un débat télévisé sur France 3, face à son adversaire Dominique Bussereau, par ailleurs ministre des Transports, elle avait laissé entendre ceci : «Une grande entreprise mutualiste de Niort a l’intention d’entrer au capital d’Heuliez». Curieusement, après cette émission, Christian Estrosi avait affirmé, interrogé par un journaliste d’Europe 1 : «Je ne crois plus au sauvetage d’Heuliez ».
Qui croire, donc ?



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