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L'Usine Santé

Ebola : ce que les entreprises doivent faire pour protéger leurs salariés

Christophe Bys , , , ,

Publié le , mis à jour le 17/10/2014 À 08H12

Les entreprises présentes en Afrique doivent faire face à l’épidémie. Elles peuvent assurer à leurs salariés la sécurité sanitaire suffisante pour qu’ils continuent leur mission sans risques inutiles.

Ebola : ce que les entreprises doivent faire pour protéger leurs salariés
Total, qui est très présent en Afrique de l’Ouest, a annoncé un don de 500 000 euros à la Croix-Rouge française pour aider à lutter contre le virus Ebola.

Cet été, le virus Ebola s’est propagée en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et au Nigeria. Il n’avait jusque-là jamais frappé ces pays. Courant septembre, une infirmière française travaillant pour une organisation non-gouvernementale a été rapatriée après avoir été contaminée. Aujourd’hui, elle est guérie. Le 1er octobre, un cas d’Ebola a été signalé aux États-Unis. Le patient est décédé depuis. Le 6 octobre, la première contagion hors d’Afrique a été constatée à Madrid. La personne atteinte – une aide-soignante – avait été en contact avec l’un des missionnaires porteurs du virus qui avaient été rapatriés de Sierra Leone. Les deux religieux étaient déjà décédés. Depuis le début de l’épidémie, le virus Ebola est responsable de plus de 3 500 morts en Afrique de l’Ouest. Il n’existe aucun vaccin contre cette maladie, dont le taux de mortalité moyen est de près de 50 %. Les autorités sanitaires et les entreprises ayant des salariés présents dans les zones à risques s’interrogent sur la marche à suivre. Faut-il rapatrier le personnel ? Quel est le degré de risque supportable ? Les sociétés doivent informer, rassurer et aider les salariés et leur famille à se protéger. Sans cesser de faire de la prévention contre d’autres maladies, comme le paludisme, dont on parle moins en ce moment.

Comment se déclare le virus ebola

  • La période d’incubation dure de deux jours à trois semaines avec une moyenne de huit jours.
  • Les personnes ayant déclaré la maladie sont contagieuses. Pendant la phase d’incubation, il n’y a aucun risque.
  • La contagion se produit par contacts directs (sang, sécrétions, blessures…) avec une personne atteinte ou avec des surfaces et des matériaux ayant été contaminés, d’où le risque pour les soignants.

 

1. Informer des dangers réels 

Le premier des traitements contre la maladie à virus Ebola, comme contre d’autres pathologies, est la bonne information. « Bien informer les personnes qui sont sur place ou celles qui doivent partir prochainement dans cette région est essentiel. Il est indispensable de leur faire savoir quels sont les risques qu’elles prennent, quelle est la réalité des enjeux sanitaires et quels sont les comportements à éviter », estime le docteur Philippe Biberson, le directeur médical Europe du Sud et Afrique du Nord de la société International SOS. Pour cela, tous les moyens de communication sont utilisés. « Nous avons mené une grande campagne d’information, en distribuant un prospectus qui rappelle ce qu’est le virus, les modes de transmission et les comportements pour éviter la contamination, détaille Élisabeth Proust, la directrice générale de la filiale exploration et production de Total au Nigeria. Nous avons aussi de l’information sur l’intranet de l’entreprise. » L’information a été délivrée aux salariés du groupe et à ceux des sous-traitants locaux. « Si Total Nigeria ne compte que 2 800 salariés, 10 000 personnes travaillent pour nous tous les jours », précise Élisabeth Proust. Vallourec, qui possède une usine de filetage au Nigeria, a lui aussi « sensibilisé les salariés sur place au risque et mené une campagne d’information sur les bonnes pratiques à adopter », explique Laurence Pernot, la directrice de la communication du groupe.

2. Garantir un environnement sain

L’entreprise peut prendre des mesures adéquates pour que ses salariés évoluent dans un environnement sain. Pour limiter la contagion, la première des précautions est d’éviter un contact avec un malade. Pour cela, certaines sociétés ont mis en place à leur entrée des prises de température des personnes pour détecter celles qui peuvent être potentiellement porteuses du virus. Impossible de rentrer sur un site de Total avec une température supérieure à 37,5 °C. « Il est fortement conseillé qu’une personne ayant un peu de fièvre consulte immédiatement un médecin », rappelle Élisabeth Proust. La même mesure est prise sur les sites d’ArcelorMittal, pour éviter qu’une personne non diagnostiquée n’en contamine d’autres involontairement. Toujours pour limiter la progression de la maladie, Total a renforcé l’hygiène dans ses cantines, dont le personnel doit dorénavant porter des gants et un masque pendant la préparation des repas. De son côté, Vallourec explique avoir multiplié les points d’eau sur ses sites pour que les salariés puissent se laver les mains plus souvent. Pour ses pilotes et le personnel navigant, Air France a réalisé « des audits dans les hôtels où ils sont hébergés », explique Vincent Feuillie, le médecin responsable de la médecine passagers. L’objet de la vérification est de s’assurer que ses prestataires appliquent bien des critères stricts pour leurs salariés afin d’éviter de contaminer ceux de la compagnie aérienne. De même, des contrôles de température ont lieu à l’embarquement dans les avions au départ de plusieurs pays concernés pour écarter tout risque de propagation de l’épidémie. Les entreprises très implantées en Afrique de l’Ouest peuvent aussi renforcer le financement des hôpitaux qu’ils possèdent ou augmenter leur aide aux structures existantes. Total a ainsi annoncé un don de 500 000 euros à la Croix-Rouge française, qui s’ajoutent aux dons de matériels de protection pour le personnel soignant des hôpitaux des pays où le groupe pétrolier est présent.

3. Laisser chacun décider

Ces mesures n’annulent pas les risques de contamination. Un accident de la circulation avec transfert dans un hôpital où rien ne garantit que toutes les précautions sont prises est toujours possible. L’épidémie frappe en effet des pays parmi les plus pauvres du monde. Chez Air France, la direction est formelle : « Nous n’obligeons personne à se rendre sur l’une de ces destinations. Le personnel est volontaire, assure un porte-parole de la compagnie. Et pas un seul vol n’a été annulé pour ces raisons. » Au Nigeria, le premier cas a été diagnostiqué à la fin du mois de juillet, et beaucoup de familles et de salariés étaient alors en vacances, explique-t-on chez Total. « Le gouvernement a repoussé la date de la rentrée au 22 septembre », précise Élisabeth Proust. L’épidémie avait marqué le pas dans le pays.

Les salariés peuvent faire valoir un droit de retrait. « Ils en ont l’initiative s’ils estiment qu’ils sont exposés à un danger grave et imminent », précise Déborah Attali, avocate du cabinet Eversheds. L’employeur ne peut pas apprécier si l’exercice de ce droit est ou non légitime. Mais il peut entamer une procédure s’il juge que le recours est abusif. « Sur Ebola, nous manquons de recul, mais l’entreprise qui contesterait le droit de retrait prendrait un risque énorme si la maladie se déclarait », poursuit la juriste. Toutefois, ce droit ne concerne pas les familles des salariés.

Les entreprises que « L’Usine Nouvelle » a contactées précisent que leurs salariés présents dans ces pays sont tous volontaires. « Et les personnes qui partent dans ces zones savent qu’elles sont exposées à davantage de risques, notamment politiques », rappelle un responsable. Voilà qui explique pourquoi, selon nos informations, les ambassades et les entreprises préparent, en toute discrétion, des plans de rapatriements, au cas où l’épidémie prendrait encore plus d’ampleur.

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