EasyJet regarde ailleurs en Europe après la chute de ses profits

par Victoria Bryan
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EasyJet regarde ailleurs en Europe après la chute de ses profits
Le transporteur aérien à bas coûts britannique easyJet a fait état mardi d'un bénéfice annuel en baisse pour la première fois depuis six ans en raison notamment de la chute de la livre sterling dans le sillage du vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

LONDRES (Reuters) - La compagnie aérienne britannique easyJet a annoncé mardi qu'elle demanderait une nouvelle licence pour continuer à opérer au sein de l'Union européenne (UE) après le vote de la Grande-Bretagne en faveur d'une sortie de l'Union, après une année difficile qui a vu la baisse de la livre sterling et les craintes d'attentats impacter lourdement ses bénéfices.

Le numéro deux européen du secteur derrière Ryanair est parmi les compagnies aériennes les plus touchées par le Brexit car environ 30% de ses vols sont effectués au sein d'autres Etats membres de l'UE que la Grande-Bretagne.

Pour protéger ses droits, le groupe entend solliciter un certificat de transporteur aérien (CTA ou AOC en anglais) dans un autre pays de l'UE, une autorisation qui lui permettra de poursuivre ses opérations au sein dans l'UE même si la Grande-Bretagne venait à en sortir effectivement.

EasyJet a dit être sur le point de choisir le pays européen dans lequel il demanderait formellement son CTA, probablement au début de l'an prochain. L'obtention de ce certificat et les coûts liés à l'enregistrement de nouveaux avions entraînera une charge d'environ 10 millions de livres (11,5 millions d'euros) qui sera répartie sur l'exercice en cours et le suivant.

"Nous sommes persuadés qu'il y aura un accord entre le Royaume-Uni et l'UE, mais nous ne pouvons pas être certains qu'il sera conforme à nos conditions actuelles, c'est pourquoi nous devons créer une entité opérationnelle au sein de l'UE", a déclaré la directrice générale d'easyJet, Carolyn McCall.

Elle a toutefois assuré que le siège social d'easyJet resterait à Luton, en Grande-Bretagne, où le groupe exploite 140 avions et emploie 6.500 personnes. Une centaine d'avions et 3.300 membres d'équipages sont basés dans d'autres pays de l'UE.

Les concurrents d'easyJet ne sont pas dans la même situation que le transporteur britannique à bas prix. International Consolidated Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways, a déjà plusieurs CTA pour opérer dans l'UE, grâce notamment à ses autres compagnies Iberia, Vueling et Aer Lingus. L'irlandaise Ryanair, de son côté, cherche toujours à déterminer si un certificat est nécessaire en cas de Brexit.

RECUL DU BÉNÉFICE

EasyJet a fait état d'un bénéfice annuel en baisse pour la première fois depuis 2009 en raison notamment de la chute de la livre sterling dans le sillage du Brexit.

L'exercice clos fin septembre s'est soldé par une baisse de 28% du bénéfice avant impôt à 495 millions de livres (575 millions d'euros), un résultat toutefois en haut de la fourchette de 490-495 millions donnée en octobre quand le groupe avait averti sur ses résultats.

L'action prend 2,71% à 1.059,22 pence à 11h23 GMT à la Bourse de Londres, surperformant l'indice Footsie en hausse de 0,59%.

EasyJet a souffert de la désaffection des touristes après les attaques terroristes en Egypte, en Turquie, à Paris et à Nice. Parallèlement, la baisse de la livre a amputé le bénéfice de 88 millions de livres sur l'exercice 2015-2016 et la compagnie prévoit pour la même raison à un manque à gagner de 90 millions de livres sur le nouvel exercice.

Les transporteurs européens font face à une baisse des tarifs car ils mettent plus de sièges sur le marché pour essayer de profiter des prix bas du kérosène et gagner des parts de marché.

EasyJet prévoit d'augmenter ses capacités de 9% lors de l'exercice en cours et s'attend à une baisse des prix des billets d'environ 5 à 9% au premier semestre, après une baisse de 6% sur l'exercice écoulé.

Ryanair avait averti en octobre que les prix des billets pourraient reculer de 13 à 15%.

Au début du mois, la compagnie irlandaise a annoncé son intention de lancer des liaisons au départ de Francfort, afin d'accroître sa présence dans les grands aéroports.

Interrogé sur le sujet, EasyJet a dit avoir d'autres priorités. "Nous n'avons pas l'intention d'opérer des vols là-bas pour le moment", a déclaré Carolyn McCall à la presse.

(Patrick Vignal et Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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