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EADS Launch Vehicules se déleste de l'activité Matériaux thermostructuraux

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L?établissement girondin du groupe EADS (France-Allemagne-Espagne), implanté à Saint-Médard-en-Jalles, qui se consacre à la fabrication de missiles stratégiques pour le compte de la dissuasion française, vient d'arrêter son activité Matériaux thermostructuraux pour le spatial. Les quatorze salariés qui y étaient affectés, vont être redéployés sur le site. Cette décision a été prise en CCE le 27 novembre dernier.

Créée dans les années 1980, cette activité d'études de matériaux composites thermostructuraux pour la fabrication de pièces carbone de grande dimension, n'est jamais véritablement passé au stade de la réalisation industrielle. Les raisons avancées selon certains : un mauvais positionnement. « Miser sur des matériaux composites qui ne permettent pas de faire plusieurs rentrées atmosphériques, est un gros handicap », estime un observateur.

Sans compter les projets qui tomberont à l'eau. Exemple : Pour le programme Hermès, l'établissement imaginait réaliser les protections thermiques du nez de cette navette spatiale européenne. Hermès ne verra jamais le jour, le programme a été supprimé en 1994. Aujourd'hui, l'amertume règne du côté des salariés. « Avec l'arrêt de l'activité matériaux thermostructuraux, c'est un pan de savoir-faire qui s'éteint », estime un syndicaliste. D'autant qu'il y a des précédents. Le site girondin, qui réalisait depuis cinq ans la fabrication de bielles en composites pour Airbus, a supprimé cette activité il y a quelques mois. La trentaine de salariés là-aussi a été dispatchée dans l'entreprise.

A l'évidence, le site se recentre sur le seul métier qu'il maîtrise parfaitement : l'activité militaire, tout en procédant à un dégraissage inévitable. « Il y a dix ans, nous étions 2 000 salariés sur le site. Aujourd'hui, nous sommes 1 084. En 2003, nous descendrons à 927 personnes », note ce salarié. Malgré tout, l'établissement s'essaie à quelques touches, hors du balistique, en se positionnant sur l'A400 M, le futur avion militaire, dont l'Europe veut se doter. Il espère ainsi réaliser des structures complexes comme le bâti-moteur (pour supporter un moteur sous les ailes), pour lequel Airbus s'est mis sur les rangs. Colette GOINERE

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