EADS : la CDC plaide non coupable

Mise en cause dans l'affaire des délits d'initiés du groupe aéronautique, la Caisse des dépôts et consignations récuse devant le Parlement les accusations. Et réclame une plus grande transparence de son action.

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EADS : la CDC plaide non coupable
La Bourse nous a induits en erreur. C'est le sens de la plaidoirie de Dominique Marcel lors de son audition, ce matin, par la Commission des finances du Sénat, dans l'affaire des délits d'initiés d'EADS. « Nous nous interrogeons très sérieusement sur la qualité de l'information fournie aux marchés par EADS », a-t-il déclaré. En mars 2006, Morgan Stanley puis Merrill Lynch avait recommandé l'achat du titre sur la foi des perspectives du groupe, malgré des conseils de vente quelques semaines plus tôt.

Dominique Marcel a par ailleurs assuré que la CDC n'avait pas eu connaissance d'un procès verbal du conseil d'administration de la Sogeade, holding rassemblant les participations de Lagardère et de l'Etat français dans EADS, qui indiquait dès le 3 avril 2006 qu'EADS et sa filiale Airbus entraient « dans une phase plus agitée ».

« Depuis ma nomination en novembre 2003, je n'ai jamais reçu d'instruction de l'Etat, du Trésor, me disant "il faut que la Caisse prenne tant de pourcentage du capital de telle entreprise" », s'est défendu le numéro 2 de la CDC.

Une ardoise de 200 millions d'euros

Mardi, Augustin de Romanet, directeur général de l'institution publique financière, qui n'était pas en poste à l'époque des faits, a réaffirmé devant la Commission des finances de l'Assemblée qu'il était « favorable à tout ce qui renforce la clarté de notre action ».

Il a notamment proposé qu'un futur comité composé du président de la Commission de surveillance de la CDC et de certains de ses membres « se prononcent sur toute opération » similaire à celle d'EADS « sur proposition du directeur général de la Caisse ».

Les actionnaires industriels d'EADS, Lagardère et Daimler, avaient vendu 7,5 % du capital chacun en avril 2006, quelques semaines avant la révélation de nouveaux retards du programme A380, qui a provoqué une chute de l'action.

La CDC avait alors acquis 2,25 % auprès de Lagardère, via la banque Ixis, pour un montant d'environ 600 millions d'euros. Sa moins-value latente est de 200 millions et elle a dû passer une provision de 126 millions dans ses comptes 2006.

Philippe Roger

La CDC, le bras financier de l'Etat

« Foi publique ». C'est la devise de la Caisse des dépôts et consignations, créée en 1816, pour participer au rétablissement de la confiance des finances publiques après l'effondrement de premier Empire. Dépositaire public et légal de fonds d'origine privée que les pouvoirs publics souhaitent protéger par une gestion sécurisante, la CDC accompagne le développement économique et social du pays. Fonds d'épargne (livret A), Caisses de retraite, Consignations... tous sont gérés par la « Caisse ». Sa gestion s'étend en outre à des activités concurrentielles par l'intermédiaire de ses filiales : Icade (holding dans l'immobilier, les transports et les loisirs), CDC entreprises (financement des entreprises), SNI (société gérant le parc immobilier de l'Etat), CNP assurances (premier assureur de personnes). Le groupe CDC compte 55 000 salariés pour un bilan avoisinant les 200 milliards d'euros en 2006.


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