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EADS-BAE : Paris et Londres sur la voie d'un accord

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La France et le Royaume-Uni se seraient entendus sur un plafonnement de 18% des participations des Etats en cas de fusion entre EADS et BAE. La position de l'Allemagne n'était toujours pas connue, rendant d'autant plus probable une prolongation des négociations.

EADS-BAE : Paris et Londres sur la voie d'un accord © D.R. - EADS

A moins de 24 heures de l'ultimatum fixé par le gendarme boursier britannique, la France et le Royaume-Uni seraient parvenus à un accord sur la question du plafonnement des participations des Etats en cas de réussite du projet de fusion entre EADS et BAE Systems. Cette participation maximum serait ainsi fixée à 18%, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

Cependant, la position de l'Allemagne n'était toujours pas connue. Les deux groupes pourraient donc demander un délai supplémentaire de deux semaines auprès du régulateur britannique. 

Une journée ponctuée de rebondissements

"Tout accord dépendra néanmoins du feu vert de l'Allemagne, qui n'est pas acquis", avait appris un peu plus tôt Reuters de sources au fait du dossier.

EADS avait démenti de son côté une information d'une agence de presse allemande évoquant un échec des discussions en vue de ce rapprochement à 35 milliards d'euros. L'information a brièvement fait grimper en Bourse l'action du groupe européen jusqu'à 26,85 euros (+2,3%).

"Nous sommes surpris par les informations en provenance de Berlin. Ce matin seulement, nous avons été informés que la France et le Royaume-Uni avaient fait des progrès sensibles sur une question qui bloquait les discussions ces derniers jours", a déclaré un porte-parole d'EADS dans un courrier électronique.

"Les deux groupes vont discuter de la situation et des futures étapes possibles cet après-midi."

BAE n'a pour sa part pas souhaité faire de commentaire.

Londres joue avec le chaud et le froid

Selon un projet de compromis issu de plusieurs journées de discussions, dont les sources se sont fait l'écho, la France serait autorisée à augmenter sa participation mais seulement si un plafond global pour les participations des Etats dans la nouvelle entité était respecté.

"Pour que cela marche, cela impliquerait de rompre le lien entre la future taille potentielle de la participation française et la participation allemande", a expliqué une source diplomatique au fait des discussions.

L'Allemagne a jusqu'à présent insisté sur l'obtention d'une parité avec la France et il est difficile de savoir comment elle réagira à la proposition.

La France, à la tête de 15% d'EADS, souhaite rester au capital. L'Allemagne, qui n'a pas d'actions, veut bénéficier du même traitement que la France et prendre une participation, ce dont Londres ne voulait pas entendre parler... avant de revenir en arrière dimanche.

En vertu de la législation boursière britannique, EADS et BAE ont jusqu'à mercredi à 16h00 GMT pour dévoiler le schéma de fusion retenu ou renoncer à leur projet.

Les deux groupes ont toutefois la possibilité de solliciter un report de cette date limite auprès du régulateur britannique, mais les sources interrogées par Reuters estiment que sans accord politique, leur demande pourrait être refusée.

"Nous connaissons depuis le début cette échéance et l'entreprise (BAE) doit décider aujourd'hui si elle demande un report au régulateur boursier", a déclaré le secrétaire britannique à la Défense Philip Hammond dans la matinée, à son arrivée à Bruxelles pour une réunion des ministres de la Défense de l'Otan.

(avec Reuters, Tim Hepher et Matthias Blamont)

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